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Cressida Cowell / Comment dresser votre dragon

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Avez-vous déjà dressé un dragon ? Non ? Eh bien Harold non plus. Il a 10 ans, vit au pays des Vikings et pour prouver sa valeur – d’autant plus qu’il est le fils du chef ! – il va devoir capturer un dragon puis l’élever et le dresser jusqu’à ce qu’il devienne un redoutable combattant. Mais la chasse au dragon est périlleuse, et puis c’est sans compter la mauvaise volonté dudit dragon une fois capturé …

Cressida Cowell nous emmène au cœur du pays des Vikings, à un rythme effréné et déjanté ! Un roman jeunesse qui plaira aux jeunes ados, et même aux plus grands qu’il séduira par son humour et son originalité. C’est le premier tome de la série Harold et les dragons, qui en compte désormais 10, dont Comment faire bouillir un dragon ou encore Comment lutter contre un dragon cinglé. Vous l’avez peut-être deviné aux titres, Cressida Cowell ne se prend pas au sérieux, mais pour autant elle ne prend pas ses lecteurs pour des idiots, nous offrant un beau moment de lecture, de qualité. (A voir également : le film adapté, sorti en 2010, sous le nom de Dragons, très drôle bien que différent du roman).

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Donna Tartt / Le chardonneret

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Theo a treize ans le jour où il rentre au musée de New York avec sa mère. Cette dernière n’en ressortira jamais, victime d’un attentat atroce qui boulerverse la ville, et la vie de son fils. A partir de cette tragédie, ce dernier amorce une descente aux enfers qui durera toute sa vie : il fait confiance aux mauvaises personnes et cède à ses plus mauvais penchants. Le jour de l’attentat aura un autre impact sur lui : cédant à une impulsion, il vole le célèbre tableau du Chardonneret peint par Carel Fabritius au 17e siècle. Ce simple geste mettra en branle un engrenage terrible dont nous assistons à l’un des derniers actes dans les premières pages du roman.

« J’ai commencé par aimer l’oiseau comme on aimerait un animal domestique, et pour finir j’ai aimé la façon dont il est peint. »

Présent en filigrane, le tableau aura une influence étrange sur le narrateur, tout au long de sa vie : il le ramène parfois sur la bonne voie, et le renvoie souvent à la sensation d’être prisonnier d’un monde qu’il ne comprend plus depuis la mort de sa mère.

« Il est difficile de ne pas voir l’humain dans l’oiseau. Digne, vulnérable. Un prisonnier qui regarde un semblable. »

Roman foisonnant, complexe mais passionnant, Le Chardonneret est aussi bien un roman d’apprentissage qu’un document intéressant sur le monde des marchands d’art et d’antiquités.Donna Tartt a reçu le prix Pulitzer pour ce texte intelligent et remarquablement écrit, dont on ressort ébloui.

 

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François Lelord / La petite marchande de souvenirs

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Julien est un jeune médecin français, qui se retrouve un jour propulsé au Vietnam, un pays dont il ne connait rien. Aux abords du Lac de l’Épée, il croise souvent une jeune fille en chapeau conique, Minh Thu, Lumière d’Automne, qui tente de vendre des souvenirs aux premiers touristes pour nourrir sa famille. Une complicité naît entre eux, mais ils savent que tout les sépare. En parallèle, on s’attend à une liaison entre Julien et la jeune médecin Cléa. Mais tout ne va pas se passer comme prévu, alors qu’une étrange épidémie se déclare peu avant Noël …

Roman bien mené mais sans plus, je n’en garderai pas un grand souvenir : l’écriture m’a semblé un peu maladroite, et les personnages pâlots. En réalité, des pistes intéressantes sont lancées, mais elles ne sont pas exploitées jusqu’au bout : ni l’épidémie, ni l’histoire d’amour. Tout est un peu mou, attendu, et m’a semblé finir un peu en eau de boudin. Le seul intérêt du roman est finalement le regard intéressant que pose le narrateur sur ce pays fascinant : l’auteur y a séjourné quelques temps et le connaît bien, ce qui se voit et est appréciable.

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Pauline Delpech / Souvenance

souvenance

Oléron, un soir de printemps. Julie prend soin de sa mère, Elisabeth. Elle est attentionnée et prend plaisir à lui faire redécouvrir les lieux de son enfance et de sa vie d’adulte. Car la vieille femme souffre de trous de mémoire et peine de plus en plus à se souvenir de sa vie passée. Julie la lui fait donc revivre jour après jour, peignant une mère et une femme aimante, qui s’est consacrée à l’art. « Chaque souvenir que je vais devoir révéler aura un goût amer, pense Julie, mais la vie n’est qu’un matériau, après tout. À moi de le sculpter comme bon me semble. »

Pourtant, Elisabeth se rend petit à petit compte d’incohérences, de dissonances dans le récit de la jeune femme. Et elle commence à douter d’avoir été la personne parfaite qu’on lui décrit …

Un petit texte qui m’a scotchée le temps d’une soirée : on ne peut qu’être happé par ce récit à deux voix, atypique, d’une grande beauté. Lumineux et poétique, il aborde avec délicatesse le sujet de l’altération mentale et de la perte d’un être cher.

 

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William Nicholson / L’intensité secrète de la vie quotidienne

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Du mardi au lundi, William Nicholson déroule les aventures d’une douzaine de personnages dans un coin de la campagne anglaise en mai 2000, dans le premier tome d’une saga pour adultes.

Le roman est bâti autour de Laura, 42 ans, archiviste, de son mari Henry, un réalisateur qui partage son existence entre Londres et le Sussex, et de leurs enfants, Jack et Carrie. L’irruption de Nick, un amour de jeunesse, va bouleverser Laura et remettre en cause toute sa vie. La passion, la famille, les ambitions et les sacrifices, le sexe, le pouvoir, l’argent et Dieu, William Nicholson traite tous les thèmes qui tissent «l’intensité secrète de la vie quotidienne».

600 pages pour un roman agréable mais pas transcendant, alors que j’avais adoré sa saga pour la jeunesse Le Chant des flammes. Il se rapproche ici beaucoup de Une place à prendre de J.K. Rowling, et j’avoue ne pas être très fan de ces romans fleuves qui déroulent des vies parallèles.

 

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Jules Renard / Le Mauvais Livre

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Il n’est pas donné à beaucoup d’éditeurs de revendiquer l’édition d’un mauvais livre. Et pourtant, un immense écrivain français osa lui-même ce titre pour l’un de ses textes. Qu’on se rassure, dans le Renard tout est bon, surtout quand il est question de livre, de littérature et d’écrivains. Observateur du petit monde des Lettres et des auteurs, Jules Renard consigne dans ses Coquecigrues les remarques que lui inspira ce curieux métier d’écrire. Éloi, son double, grave des tablettes où la drôlerie la plus subtile épouse l’acuité la plus singulière en suivant cette règle :

« Si tu es un véritable homme de lettres, agis comme moi, sans scrupules. »

Cisaillant ses pairs sans pitié, Jules Renard porte un regard acerbe sur la littérature de l’époque. Il fait ainsi dialoguer son héros avec quelques auteurs, qui n’en sortent pas indemnes. Successivement Homme de plume, Homme des champs, et même Homme du monde – alors qu’il l’exècre, il avoue en faire partie, Éloi – avatar à peine masqué de Jules Renard – passe la société au crible, pour notre plus grand plaisir.
Comme toujours, les éditions de l’Arbre Vengeur excelle dans la recherche de pépites, et on ne peut que louer leur idée de rassembler les quelques saynètes, maximes et dialogues écrits par Renard à la fin du XIXe, qui trouvent ensemble tout leur sens.

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BILAN FINAL :

13 romans et 7 bande-dessinées, dont 6 livres de ma PAL !

Au final, c’était un bon mois de lectures, avec des pavés costauds que j’ai pris plaisir à lire (Le Chardonneret, Ainsi résonne l’écho infini des montagnes), de même que je suis contente d’avoir réussi à en lire un en anglais (Poor Mrs Finch).

Bon été à tous !