L’auteur

Né en 1965, Marc Lepape enseigne le français. Vasilsca est son premier roman. Il a reçu de nombreux prix :

PRIX PREMIÈRE DES AUDITEURS DE LA RTBF 2008
PRIX EMMANUEL-ROBLÈS DES LECTEURS DE LA VILLE DE BLOIS 2008
PRIX DU PREMIER ROMAN DE L’UNIVERSITÉ D’ARTOIS 2009
PRIX LITTÉRAIRE IDCOMMUNES 2009
PRIX MARIE-CLAIRE BLAIS 2010 (Québec)

Le livre

Du haut d’un pont, un inconnu jette une pierre sur la voiture de Ion Ardin. Sa femme et son fils sont tués sur le coup. Anéanti par cet acte gratuit qui a détruit sa vie, Ion décide de tout quitter.

Son errance le mène en Roumanie, dans une vallée perdue où coule la Vasilsca. Ion s’y retrouve seul, au milieu d’un paysage apocalyptique, dans une ville inachevée, sans nom et quasi déserte, étrange chantier abandonné de l’ère Ceausescu.

Ce que j’en ai pensé

Un roman splendide, que l’on ne peut pas lâcher d’un bout à l’autre, une grande aventure que l’on vit d’un seul souffle. L’auteur parvient à dépasser la facilité du sujet (la mort violente, le deuil à faire), à éviter le pathos, pour nous offrir un véritable voyage intérieur, en plus d’un voyage au sein de la Roumanie profonde. Et tout cela grâce à une écriture poétique, simple, mais tellement belle. Une quête du deuil qui m’est allé adroit au cœur, et un bel éloge de l’amitié …

Certes, la fin fait « happy end », comme le dit un des personnages; mais finalement après ce texte sur un thème si éprouvant, c’était nécessaire …

Un livre à découvrir et à faire découvrir !

Incursions dans le livre

« Depuis 7 mois, j’avais effleuré les gens. Je les avais fui tout en les observant, imaginant leurs peines et leurs bonheurs, leurs tracas et leurs plaisirs. Et puis, petit à petit je m’étais rapproché d’eux, par l’esprit seulement; mais cette attention, cette écoute imaginaire avaient modifié ma perception de mes semblables : je ne les jugeais plus aussi facilement qu’avant, devinant, dans chaque être, tant d’histoires qui dépassaient une simple phrase entendue, un simple geste maladroit, une attitude indigne. »
« La mise en roman du drame s’était imposée à moi. Comme une évidence. Le seul moyen de rompre ma longue réclusion dans le silence et la douleur. Je venais d’être happé par une lointaine musique qui réveillait les morts tout en les tenant à distance dans une bulle bienfaisante dont les mots, les lettres mêmes des mos, si envoutantes, tissaient l’invisible enveloppe. « 

best of the best