Je remercie Babelio et les PUF pour l’envoi de ce livre décapant qui a été comme une étoile filante le temps d’une soirée.

Postulat de base : « L’humanité est dans le pétrin. »

Voilà pourquoi :

1) Chacun sous-estime inévitablement le nombre d’individus stupides dans le monde

2) Cette proportion d’individus stupides est indépendante de toutes les autres caractéristiques de l’individu (il peut être pauvre, riche, enseignant, chômeur, étudiant, ouvrier, etc.)

3) La définition de l’individu stupide : c’est celui qui agit de manière néfaste pour un autre individu ou un groupe, mais sans bénéfices aucun pour lui-même. Il est impossible de le comprendre rationnellement, et il nous prend souvent au dépourvu.

4) Il ne faut donc jamais sous-estimer la puissance destructrice des individus stupides. C’est toute l’histoire des défaites de l’humanité qui est expliquée ici.

5) « L’individu stupide est le type d’individu le plus dangereux. »

Je pense que vous avez saisi le ton et l’idée de ce court essai de 60 pages. Il s’adresse aux gens qui peuvent fréquenter des individus stupides afin de les comprendre, ou au moins de les identifier. « Ce livre ne saurait être en aucun cas taxé de cynisme ou de défaitisme, pas plus que ne pourrait l’être un ouvrage de microbiologie. Ces pages sont en fait le résultat d’un effort constructif visant à détecter, à connaître et peut-être à neutraliser l’une des plus puissantes forces obscures qui entravent le bien-être et le bonheur de l’humanité. »

En bref, Carlo Cipolla explique les ratés de l’humanité, en la divisant en 4 catégories : les intelligents (font le bien pour eux-mêmes et les autres), les brigands (font le bien pour eux-mêmes au détriment des autres), les crétins (font le bien pour les autres au détriment d’eux-mêmes), et les stupides, que l’on a déjà défini. Évidemment la large majorité de la population oscille entre ces différentes positions.

Ce petit essai fait l’effet d’une bombe au milieu de la bien-pensance et l’hypocrisie des milieux dans lesquels on évolue. Il abat tous les préjugés « classiques » et crée allégrement de nouvelles catégories, au-delà de toute nationalité, âge, classe sociale, etc. Et il trouve enfin l’explication (j’extrapole) de Waterloo, des massacres du XXe siècle, de la bombe nucléaire, des guerres, et j’en passe !

Pour conclure, comme dit Schiller, « contre la stupidité, les dieux même luttent en vain … »

***

Carlo M. Cipolla (1922-2000), historien de l’économie de renommée mondiale, fut professeur à l’Université de Berkeley à l’Ecole normale supérieure de Pise. Les lois fondamentales de la stupidité humaine a été publié en 1976.

best of the best