Vous pensez savoir comme les Etats-Unis ont inventé la bombe atomique ? Comment la Russie l’a eu ? Comment Staline est mort ? Eh bien vous vous trompez ! Jonas Jonasson nous propose une vision de l’Histoire pour le moins … originale !

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est le roman qui m’a fait le plus rire en 2012. A chaque page, incrédulité et bidonnage au cours de cette invraisemblable aventure faisant intervenir Allan, le terrible centenaire échappé de sa maison de retraite, mais aussi Mao, le président Truman, etc. Tout cela entrecoupé par une course poursuite halletante (pour nous) et déroutante (pour les policiers) sur les traces de cet original vieillard.

En effet, au jour de ses cent ans, Allan décide de quitter sa maison de retraite qui l’horripile. Ce que l’on comprend après avoir entendu le récit de sa vie … Ce récit déjanté qu’il fait à ses compagnons de fortune, recueillis au cours de sa fuite, et qui comptent des paumés et un éléphant.

Une fuite qui va prendre des faux airs de roman policier. Heureusement, Allan n’est pas homme à s’inquiéter, après cent ans de galère, on finit toujours par sans sortir, surtout en suivant au mot près la formule de sa mère : « Les choses sont ce qu’elles sont et seront ce qu’elles seront. ». De quoi aborder la vie avec flegme et optimisme… « Allan Karlsson n’attendait rien d’extraordinaire de l’existence. Il voulait un lit pour dormir, de la nourriture à volonté, de quoi s’occuper, et un bon coup à boire de temps à autre. Si tout cela lui était acquis, il se sentait capable de supporter presque n’importe quoi. »

Car si quelqu’un a eu besoin de flegme et d’optimisme, c’est bien Allan Karlsson, paisible citoyen suédois qui ne figure pas dans nos livres d’histoire, très injustement au vu du rôle qu’il a joué dans l’Histoire du monde au Xxe siècle. Écoutons ses conseils.

« S’il y avait une chose qu’il avait apprise en parcourant le monde, c’était que les plus insolubles conflits de la planète avaient démarré de cette façon : « T’es bête ! – Non c’est toi qui est bête ! – Non, c’est toi. » La solution était bien souvent de partager une bouteille d’une contenance minimale de 75 cl., puis de regarder vers l’avenir. »

Cette recette devrait être essayée par tous les gouvernements du monde …

Bref, vous l’aurez compris, ce roman n’est pas à prendre au sérieux. Il peut lasser à la longue, mais ça n’a pas été mon cas, car j’ai été émerveillée chapitre après chapitre de la finesse et de l’humour que Jonas Jonasson intègre dans sa manière de revisiter l’Histoire. Accessible à tous, c’est en effet une bonne manière de la découvrir – ou de la redécouvrir en suivant les périples d’Allan, des États-Unis au goulag sibérien, de la Corée du Nord à la France des années 68. Puisant dans une culture historique impressionnante, Jonasson nous la rend plus présente, plus cocasse, tout en respectant scrupuleusement le cours des choses.

Un cocktail hilarant autour du grand Allan, dynamiteur un peu fou, irrationnel, sans attaches, grand voyageur et philosophe. Un peu horripilant parfois. Mais terriblement attachant au final.

A peine le roman terminé, on en redemande.

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Lettre J !

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prix lectrices

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