nouilles

Dans un récit halluciné, Jean-Luc Coatalem nous emmène avec lui au pays des Kim, un pays moins connu – affirmait un diplomate américain – que nos galaxies lointaines !
Doté d’une fausse identité – impossible de rentrer en Corée du Nord en tant que journaliste – de représentant d’agence de voyage (facile de convaincre les dirigeants qu’on va emmener tout un tas de touristes pour visiter leur beau pays …), l’écrivain part donc au cœur de ce pays de folie, accompagné d’un flegmatique ami. Mais si rentrer dans le pays fut difficile, le retour ne le sera pas moins …

S’incliner, accepter les revirements, les plans rigides, les courbettes devant les cadres du parti, l’aventureux journaliste va avoir fort à faire pour refréner sa nature et ressortir sain et sauf de ce panier de crabes. Crabes qui ne sont d’ailleurs pas stupides puisque leur premier acte est de confisquer leurs passeports …
A partir de là, les deux amis sont donc plongés dans l’inconnu et dans un communisme d’État poussé à l’extrême.
« Ce pays raide, violent et peureux à la fois, vous condamne sans rémission à un périple factice et inquiétant. Aucune surprise, aucune initiation, pas de libre cours. Zéro rencontre. La norme, la loi, la répétition. La pantomime. »
Une pantomime visant à montrer aux étrangers que les Nord-coréens sont heureux même s’ils meurent de faim, n’ont aucune liberté et qu’on leur a enlevé toute volonté ou esprit d’initiative.

Un roman écrit sur un ton enlevé qui permet de rendre supportable toutes les horreurs que le narrateur relève avec ironie et circonspection.
Car au final, « en Corée du Nord, au XXIe siècle, à l’heure du marché global et des sondes vers Mars, on n’est pas très loin d’Orwell. »

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