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A la périphérie de Paris, deux mondes se côtoient en s’ignorant : l’entreprise, gigantesque immeuble de verre hautement sécurisé et protégé ; et la cité, blocs d’habitation repoussés à la limite de la « civilisation ». Virginie évolue dans la première, stagiaire en journalisme ; tandis que Paul, Tahitien fraîchement débarqué à Paris, se retrouve propulsé dans le deuxième monde. Ils ne devraient pas se rencontrer, et pourtant ils vont rejouer la célèbre partition de Bernardin de Saint-Pierre, en essayant de trouver une fin différente, plus heureuse.

Une réécriture donc du célèbre roman du XVIIIe siècle, que je me suis empressée de relire, où l’idylle de Paul et Virginie se retrouve broyée par la civilisation, quand la jeune fille est envoyée en France et n’en reviendra pas intacte …

Mais si vous vous attendez à ce que cette réécriture soit assumée, vous allez être déçus. Je m’attendais en effet à ce qu’il y ait plus de similitudes, ou du moins des évocations par les personnages eux-mêmes qui semblent aveugles à cette ressemblance de leurs prénoms … Comme si l’auteur s’était un peu perdu lui-même dans son projet, peut-être trop ambitieux. Les thèmes de l’exil et du déracinement y sont bien présents, mais tellement délayés que l’on passe à côté, sans s’attacher ni aux personnages, ni aux sujets abordés.

Ceci pour dire que finalement on ne sait pas bien où l’auteur veut en venir, et très vite je me suis ennuyée ferme : aucun rebondissement, aucune difficulté particulière, avec un style désespérément plat et sans intérêt. Ça se lit tout seul, et ça s’oublie aussi vite … Ce qui est dommage car le titre et la couverture auguraient bien …

Un roman donc « sans mer à courir », c’est-à-dire sans horizon, sans envergure.

Pour passer le temps, relisez ou lisez plutôt Paul et Virginie, l’original, qui a les défauts de son siècle mais qui reste d’une grande beauté !