dire ne pas dire

Dit-on de concert ou de conserve ? Elle a l’air malin ou elle a l’air maligne ? D’ailleurs ou par ailleurs ? Par contre ou en revanche ? Courbatu ou courbaturé ? Débuter ou démarrer ? Tout à coup ou tout d’un coup ? À l’attention de ou à l’intention de ? Mél ou courriel ? Ce qui reste ou ce qu’il reste ? Coupe claire ou coupe sombre ? Sabler ou sabrer le champagne ?

Après le succès du site créé par l’Académie française, les éditions Philippe Rey publie un recueil – sous une magnifique ouverture – reprenant les fautes les plus graves que nous faisons à l’oral ou à l’écrit … Un rappel salutaire parfois !

Car même si la langue doit évoluer, ce à quoi l’Académie n’est bien sûre pas opposée, comme cela est rappelé dans la préface, il y a des expressions à ne pas massacrer, et des règles à ne pas oublier … Se faisant non pas gendarme de la langue, mais barrière contre son appauvrissement. Revenant parfois sur l’étymologie et sur des usages anciens des termes employés, pratiquement chaque article est illustré par de nombreux exemples visant à nous rappeler ce qu' »on dit » et ce qu' »on ne dit pas ».

Exemple en ce qui concerne deux termes que nous confondant souvent : inapte, qui veut dire « inapproprié », « pas fait pour » ET inepte : « qui n’a pas d’aptitude, qui fait preuve de sottise » – pour une personne, « absurde » pour une chose. Donc on ne dit pas : « il est inepte à exercer ces fonctions » ou « tous ses propos sont inaptes », mais bien l’inverse .. 🙂

Je ne ferai qu’un seul reproche à tout ça : leur intransigeance par rapport à tout anglicisme utilisé en français .. Tout en reconnaissant qu’on ne peut pas lutter contre l’utilisation de certains termes qui n’ont pas d’équivalent en français, il font la chasse aux synonymes quand nous préférons utiliser un anglicisme (speed, fun, cool) qu’un mot bien français … A noter que beaucoup d’entre eux sont des modes, et que n’est peut-être même pas la peine de se fatiguer à les combattre puisqu’ils disparaîtront sans doute tout seul. Pour ma part je pense que l’utilisation d’anglicismes est inévitable et montre que nous vivons dans un monde globalisé où l’on peut se comprendre en quelques mots d’un bout à l’autre de la planète ..

Néanmoins, c’est un livre bien utile, et en même temps un bel objet à offrir !