giver quartet

Il y a quelques temps, en allant au cinéma, je suis tombée sur la bande annonce d’un film qui me rappelait une histoire lue dans mon adolescence … Bingo ! Le film s’appelait « The Giver », et c’est l’adaptation d’un roman pour la jeunesse de Lois Lowry, traduit par « Le Passeur » en français. Un roman que j’ai lu et relu à l’époque et qui me reste toujours en mémoire. Stimulée par cette piqûre de rappel, j’en suis venue à chercher des informations sur le livre et sur l’auteur, et c’est là que j’ai alors appris que le roman avait en réalité une suite ! Au fil des ans, Lois Lowry est effectivement allée plus loin dans le monde qu’elle a créé. J’avais déjà lu L’élue (Gathering blue, 2000) mais sans l’assimiler à l’histoire du Passeur, puisqu’elle se passe dans un village différent. Mais quelques années, l’auteur y a rajouté Messager (Messenger, 2004) et Le Fils (Son, 2012), qui sont une suite directe des deux premiers. Je me suis donc empressée de me procurer ces deux tomes, et par la même occasion j’ai relu les deux premiers … en version originale tant qu’à faire !

Le Passeur a reçu la Newbery Médialle en 1994, a été vendu à 10 millions d’exemplaires, et il est dans les listes de l’Education nationale, étudiées au collège. C’est ce premier tome qui a été adapté au cinéma.

On y découvre un monde où tout est contrôlé : un village où tout le monde est à égalité, où les foyers sont constitués de deux enfants, donnés aux parents lors de la première cérémonie qui marque la vie de chaque citoyen. Chaque année, les enfants ont le droit à des choses différentes : à deux ans, un « objet de confort », à 9 ans une bicyclette, etc. A 12 ans ils se voient attribuer un rôle dans la société : s’occuper des personnes âgées, des nourrissons, ou autre. Chacun a sa place, l’autre est toujours respecté. Mais aucune émotion n’est autorisée : toutes les pensées sont décryptées, analysées, confiées à autrui. Aucun secret, aucun mensonge n’est accepté. Bref un monde polissé, plat.

Jonas y a pourtant toujours trouvé sa place, même s’il ne sait pas vraiment à quoi il pourrait se destiner. Lors de la cérémonie des 12 ans, il a la surprise de se voir confier le rôle de « Dépositaire de la mémoire », la mémoire du monde qui a été effacée de celle des villageois et qui leur permet de vivre sans souci, sans poids du passé. Jonas commence donc son apprentissage, et nous découvrons en même temps toutes les choses élémentaires que ce village aseptisé n’a jamais connu : la douleur, la mort, mais aussi l’amour, l’amitié.

« La communauté où il avait passée l’intégralité de sa vie était maintenant derrière lui, endormie. A l’aube, la vie ordonnée et disciplinée qu’il avait toujours connue continuerait sans lui. La vie où il ne se passait jamais rien d’inattendu. Ni d’importun. Ni d’inhabituel. La vie sans couleur, sans douleur, sans passé. »

Dans L’élue, on découvre le contraire : un village totalement inégalitaire, où le citoyen n’a pas non plus vraiment de liberté, et où il est abandonné dans un champ dès qu’il n’est plus utile à la société … Kira, qui a une jambe déformée, va devoir montrer, par son don pour la broderie, qu’elle y a encore sa place …

Je ne vous parlerai pas des deux suivants car leurs histoires sont liées à la fin des deux précédents, et je n’aime pas spoiler ! Mais ces deux résumés vous donnent un aperçu des thèmes abordés par Lois Lowry dans sa tétralogie. Entre science-fiction, dystopie et réflexion sur l’humanité, les quatre histoires forment un tout envoûtant, plaisant à lire et terriblement addictif. Et campent surtout des personnages inoubliables.

Des romans incontournables pour les jeunes lecteurs, mais aussi pour les adultes …