sweet sixteen

Quand Molly pensait à ses « Sweet sixteen », c’est-à-dire son seizième anniversaire et donc son passage à l’âge adulte, elle était loin d’imaginer que cette année serait la pire de sa vie. Choisie avec 8 autres étudiants, elle sera le personnage principal d’une « avancée historique » dans l’histoire américaine : ce seront les 9 premiers étudiants noirs autorisés à étudier dans un lycée blanc. Nous sommes en 1957, aux États-Unis, et depuis des ténors comme Martin Luther King ou Rosa Parks, un vent de liberté souffle parmi les populations noires. Malgré ça, les études restent un sujet extrêmement sensible, comme tout ce que ça implique : partager les mêmes toilettes, la même cantine, les mêmes bancs, alors qu’il est bien connu que les nègres ont toutes sortes de maladies … Jeune fille intelligente, Molly va tenter l’expérience jusqu’au bout, au péril de sa vie. Car le Klux Klux Klan n’est jamais loin, et ce ne sont pas des tendres …

Le roman d’Annelise Heurtier vous prend à la gorge, tout au long de ses deux cent pages bien tassées. A partir de cette histoire que peu d’entre nous connaissent, elle met en lumière tout une partie de l’histoire des États-Unis. Alternant le point de vue de Molly, qui nous noue les tripes, et celui de Grace, une jeune étudiante blanche frivole qui ne voit pas le mal dans l’intégration des étudiants noirs, l’auteur crée un équilibre parfait, de tensions en rigolades. Car les deux jeunes filles ont 15 ans, le plus bel âge de la vie. Mais aussi celui où l’on se pose le plus de questions, où l’on a le plus besoin de trouver sa place : or comment la trouver au milieu de 2500 étudiants blancs, qui la couvrent de projectiles, l’insultent à longueur de journée et imitent le singe à chacun de ses passages ?

Roman historique, roman nécessaire, roman de l’adolescence, Sweet sixteen fait partie de ces histoires que l’on oublie pas.