fugitive

Le jour où sa sœur décide de partir aux États-Unis pour y vivre auprès de son futur époux, Honor Bright ne savait pas que c’était son propre destin qui venait de basculer : les deux sœurs quakers partent, décidées à se soutenir envers et contre tout dans leur nouvelle vie. Or au milieu du XIXe siècle, les voyages ne sont pas de tout repos, et seule Honor parvient à franchir l’Atlantique. Et lorsqu’elle arrive enfin auprès de son ex-futur beau-frère, elle se rend rapidement compte qu’elle va devoir se débrouiller seule dans ce nouveau pays, où elle devra trouver sa place.

Entre quilt, quakers, esclavage et quête de soi, Tracy Chevalier a encore signé un roman très riche, comme toujours centré autour d’une figure féminine forte. Elle en profite pour peindre la vie d’une petite ville américaine typique, à la fois plus rigide et plus libre que l’Angleterre d’où vient Honor. On y découvre aussi la vie quaker, que je connaissais très peu pour ma part. Mais ce qui fait la force du récit, c’est que ce sont justement ces principes quakers qui vont être mis à mal, puisque Honor va se retrouver à lutter contre l’injustice américaine la plus fondamentale : l’esclavage. En effet, la petite ville où elle trouve refuge se situe sur le chemin que prennent les esclaves marrons, fuyant leurs maîtres.

« Elle était arrivée dans ce pays avec un principe clair, issu d’une vie entière passée à méditer dans l’attente silencieuse: tous les hommes étant égaux aux yeux de Dieu, il était donc anormal que certains soient asservi par d’autres. Tout système d’esclavage devait être aboli. La chose avait parut simple en Angleterre, et pourtant, dans l’Ohio, ce principe se trouvait écorné. Par des arguments économiques, par des situations personnelles, par des préjugés profondément enracinés qu’Honor décelait même chez les quakers.. »

Imperceptiblement, mais au grand désespoir de sa belle-famille, Honor va prendre une décision qu’elle n’est pas elle-même sûre de comprendre.

Roman tranquille, a priori sans grandes aventures ni péripéties, c’est en réalité un texte qui bouleverse de fond en comble, à la suite de cette figure féminine marquante.