la construction de la visibilité littéraire
Un ouvrage qui n’est pas forcément facile d’accès de prime abord : publié par Les Presses de l’Enssib (école de bibliothécaires à Lyon, pré ou post-concours), il s’adresse avant tout aux professionnels que sont les bibliothécaires, mais aussi d’une manière générale aux professionnels du livre qui pourraient y apprendre bien des choses sur le travail mené en bibliothèque (lieux culturels les plus fréquentés en France) pour valoriser les fonds littéraires.

Cet ouvrage rappelle que malgré les mutations subies par les établissements culturels que sont les bibliothèques, celles-ci gardent pour mission essentielle de constituer des collections et de prêter des documents, même si le livre n’est plus qu’un support parmi d’autres.

Or quand on sait que dans une bibliothèque de taille moyenne, il y a plus de 30 000 documents, on se dit que s’il est facile de franchir la porte (et encore !), il l’est moins de savoir quoi emprunter. C’est là que le bibliothécaire est réellement un médiateur : il ne suffit pas de poser des livres sur les rayonnages, il faut faire vivre une collection cohérente. Et cette mise en valeur est l’occasion pour les bibliothécaires de faire connaître leurs coups de cœur, ou de construire des tables thématiques, etc. Car s’ils n’ont souvent pas le choix face à certains achats, auteurs ou éditeurs hyper médiatisés, ils ont la plupart du temps une marge de manœuvre appréciable pour l’achat de documents qui sortent des sentiers battus. Les petits éditeurs le savent bien puisque se créent de plus en plus de partenariats entre eux et des bibliothèques qui leur offrent gratuitement la visibilité qu’ils n’auront pas dans une grande librairie.

C’est ce cheminement et ce travail que met en relief le texte très complet de Cécile Rabot, qui part d’exemples concrets – choisis en particulier dans le réseau des bibliothèques de la Ville de Paris – pour construire une réflexion plus globale sur la construction de la visibilité littéraire.

Un ouvrage passionnant pour les professionnels du livre, mais aussi pour les curieux qui pourraient ainsi découvrir d’autres facettes de ce métier qui souffre souvent de clichés à la vie dure.