immeubleA Paris, il existe un immeuble d’un genre particulier …

Si le titre laisse peu de place à l’imaginaire, la description de cet immeuble que fait Karine Lambert n’en est pas moins croustillante ! 5 femmes ont ainsi volontairement renoncé aux hommes, pour diverses raisons : trahisons, décès, oubli. Les hommes les ont déçues, abandonnées, elles les mettent donc de côté pour vivre une vie de camaraderie, sans douleur ni passion. Mais comme on peut s’y attendre, aucune décision n’est irrévocable … Leur destin va basculer le jour où une jeune fille sous-loue un appartement dans cet immeuble. Une jeune qui, elle, n’a pas renoncé ..Petit roman dont je n’attendais pas grand chose, à part une lecture facile et quelques sourires en coin tout au long de ma découverte :  je n’ai pas été déçue dans cette non-attente. Les personnages sont à la limite de la caricature et l’histoire est tellement attendue qu’elle est digne d’une comédie américaine, à l’eau de rose, saupoudrée de guimauve. Côté écriture, le style est inexistant et  la narration se construit autour d’une polyphonie des récits qui n’a rien d’original. Alors certes il y a de beaux moments où les larmes devraient nous venir, le roman nous dit plein de choses sur la vie, sur l’amour. De la chick-lit qui fait croire qu’on vit dans un roman et qu’on rencontrera forcément l’homme parfait à un moment ou à un autre, si on le décide. Les mêmes niaiseries qu’on retrouve dans tous les livres de ce style et que je déteste de plus en plus, le style « feel good », sans aucune profondeur ni réflexion. Un roman pour les « filles », sous-entendu qui lisent mais pas trop, pendant que les hommes lisent des essais ou des thrillers, bien plus consistants. Un roman calibré pour ne pas trop réfléchir, ne pas trop se prendre la tête, qu’on peut lire sur la plage …

Le genre de « littérature » que je lisais un peu au début mais qui nous submerge tellement dans les librairies aujourd’hui que c’en est écœurant. D’autant plus que comme ça fonctionne, tout le monde se dit qu’il va pouvoir écrire aussi ce genre de choses. Résultat on prend les femmes pour des débiles (d’autant que je déteste la « littérature de genre » par ce qu’elle contient comme clichés et stéréotypes sur l’être humain) et elles se laissent avoir par la promotion de maisons d’édition qui affirment publier des romans qui leur ressemblent … Mais la littérature n’est pas là pour nous ressembler ! Elle est là pour nous faire réfléchir pas pour nous donner des recettes toutes faites sur comment mener notre vie. Elle est aussi là pour nous divertir, mais intelligemment. Il faut résister à la facilité, résister à tous ceux qui nous conseillent des lectures « reposantes », « qui font du bien », bref nous reprendre en main.

Et si vous voulez lire de la « littérature féminine », lisez plutôt George Sand ! 🙂