le siècle

Le Siècle. Entendez le XXe siècle. 1900-1989. Le Siècle des guerres.

Seulement 90 ans et tant de changements.

C’est le déroulé de ce siècle que nous propose Ken Follett dans sa trilogie : La Chute des géants (1900-1920), L’Hiver du monde (1920-1945), Aux portes de l’éternité (1945-1989). Son trait de génie est de nous le faire vivre à travers l’histoire de 4 familles de pays différents. Russie, Angleterre, Allemagne, États-Unis. 4 États qui résument ce siècle, des luttes ouvrières anglaises à la chute du Mur allemand, en passant par les deux guerres mondiales et la guerre froide.

Les Ulrich, les Williams, les Pechkov et les Dewar. 4 familles, 4 générations qui ont connu toutes les crises de ce siècle. La grand-mère anglaise est ouvrière dans une mine, victime du droit de cuissage du seigneur local ; le petit-fils américain et anglais sera une pop-star, héritier des Beatles. Le grand-père russe est un révolutionnaire de 1917, son petit-fils sera l’acolyte de Gorbatchev qui mène le communisme à son effondrement. Ces exemples vous montrent la dextérité de Ken Follett qui, tout au long de ces 3500 pages, mènent des dizaines histoires de front, préparant sans cesse de nouvelles qui auront un sens 50 ans plus tard. Un des personnages américains a ainsi une liaison avec une Noire, et son enfant métis sera un grand avocat des droits civiques, aux côtés de Martin Luther King. Le même sera proche de John puis de Bob Kennedy. Si nous suivons les personnages de fiction avec attention, habilement placés auprès des grands de ce monde, j’ai redécouvert ces derniers avec plaisir – la fiction nous les rendant plus proches – le cœur serré à des moments clés : par exemple j’ai arrêté de respirer pendant des pages à l’approche de l’année 1963 aux États-Unis, mais je ne me souvenais plus de la date exacte de l’assassinat de Robert Kennedy, donc j’ai stressé sur des pages et des pages, m’attendant à tout moment à le voir mort …

Car Ken Follett est assez fort pour nous offrir des moments de suspens sur des événements historiques dont nous connaissons souvent le déroulé mais pas toujours le détail …

Il nous offre également de magnifiques pages, par exemple pour le concert de pop près du Mur de Berlin, par un musicien qui a laissé sa famille de l’autre côté et ne l’a plus vu depuis 40 ans … Ou encore avec la redécouverte des discours de Kennedy ou de Martin Luther King …

Alors bien sûr on peut lui reprocher des scènes de sexe à répétition, qui donnent un effet « too much ». On peut aussi lui reprocher une Histoire trop occidentalisée, sans pouvoir vraiment lui reprocher de ne pas avoir proposé une histoire mondiale !

Il n’empêche que durant 3500 pages j’ai été emportée dans la tourmente de cette Histoire, décryptant avec passion les débats idéologiques et politiques de l’époque, subissant les affres de la guerre. Me délectant de l’évolution des personnages dans ces époques troublées, qui rêvent de laisser un monde meilleur à leurs enfants. Des personnages que j’ai laissés avec regret, après les avoir vus vivre pendant un siècle …

En bref, un siècle, des romans, un coup de maître.