france d'antan

 

Quelle belle surprise la semaine dernière dans ma boîte aux lettres !

J’ai eu en effet le plaisir de découvrir un magnifique objet-livre qui annonçait dès l’entrée : 10 ans de travail, 800 000 cartes postales anciennes visionnées, 890 cartes postales anciennes sélectionnées, 448 pages, 2 kg !

Eh oui HC Editions a mis le paquet sur ce beau livre qui fait le portrait de la France de la Belle Époque, sous l’angle surprenant de la carte postale ancienne. Si on peut lui reprocher son côté image d’Épinal (comme aujourd’hui sur les cartes postales bretonnes, il fait toujours beau ! Oh que c’est vilain et gratuit de ma part ! :D), au final sa richesse en dit tellement sur l’histoire sociale de la France, qu’on pardonne le côté trop parfait de certaines scènes …

Pour ce travail, on peut aussi remercier Sarah Finger, journaliste indépendante qui a planché deux ans sur les textes, intéressants et bien écrits, qui accompagnent des cartes magnifiquement mises en scène sur un papier nous renvoyant lui aussi à la Belle Époque (ce n’est pas pour rien que HC Editions l’a inscrit dans sa collection « 100% Vintage » !).

La Belle Epoque est une période marquée par les progrès sociaux, économiques, technologiques et politiques en Europe, s’étendant de la fin du XIXe siècle au début de la Première Guerre mondiale. Comment mieux montrer ces progrès que par les cartes postales, ces ancêtres des réseaux sociaux qui vivaient grâce aux photographes sillonnant la France sans relâche ! Ce qui permet aujourd’hui de les rassembler en un même livre, en les articulant autour de grands thèmes : « La vie agricole », « la vie maritime », « la vie industrielle et la condition ouvrière », « Artisans, fabricants et commerçants », « Les transports », Jeux et loisirs », Paris, etc.

On y voit la naissance des grands empire industriels français, comme Michelin ; on y voit grandir la renommée des vignobles bordelais et bourguignons ; on y voit le début de l’engouement pour les bains de mer (il fallait bien occuper son jour de repos hebdomadaire, institué en 1906 !); on y voit émerger la tour Eiffel, le métro, les grands magasins ; on y voit les premiers skis (2,50 mètres !), les premiers cours de tennis, les premiers terrains de football ou de rugby ; on y voit des folklores qui n’étaient pas encore des folklores ; on y voit la fracture entre les grandes villes en cours d’industrialisation et la France agricole profonde.

Il semble qu’on y retrouve une certaine insouciance, un art de vivre à la française, une sorte de paradis perdu, qui est peut-être un ajout inconscient de notre part, puisqu’on sait que moins de 10 ans après, cette France n’existera plus, du fait de la Première guerre mondiale …

En bref, on y dresse un portrait insolite et inédit de la France dans ce livre qui, quand on le referme, nous laisse en tête les mots de Charles Trenet (qui pourtant datent de 1943) :

« Douce France, cher pays de mon enfance, bercée de tendre insouciance, je t’ai gardée dans mon cœur ! »