temps glaciaires

Voilà le nouvel opus des aventures du commissaire Adamsberg !

Comme vous le savez peut-être si vous suivez ce blog depuis quelques temps, je n’aime pas les romans policiers, et j’en lis très peu. Le seul auteur qui échappe à cette règle, depuis des années, est Fred Vargas ! D’abord pour l’écriture, c’est un des seuls auteurs de policiers qui n’écrit pas avec les pieds d’après moi; ensuite pour son personnage d’Adamsberg qui est vaporeux, qui ne se prend pas au sérieux mais qui est tout de même un génie ! Comme pour les autres, Temps glaciaires m’a fait passé des heures de lecture entre sueurs froides et rires. Sueurs froides car bien sûr tout est résolu in extremis … Rires car la brigade d’Adamsberg est inimitable : tous ont des défauts, des faiblesses à cacher, mais ils sont tous solidaires derrière leur chef. Cette solidarité est pour la première fois mise à mal dans cette aventure, mais pour peu de temps. Très vite tous se rangent derrière le commissaire, qui va à son rythme, avec un flegme presque anglais et une fine connaissance de la nature humaine.

« Il vaquait, marchait sans bruit, il ondulait entre les bureaux, il commentait, arpentait le terrain à pas lent, mais jamais personne ne l’avait vu réfléchir. Il semblait aller tel un poisson à la dérive. Non un poisson ne dérive pas, un poisson suit son objectif. Adamsberg évoquait plutôt une éponge, poussée par les courants. Mais quels courants ? D’ailleurs d’aucuns disaient que, quand son regard brun et vague se perdait plus encore, c’était comme s’il avait des algues dans les yeux. Il appartenait plus à la mer qu’à la terre. »

Entre Robespierre, l’Islande, deux mystérieuses disparitions et des meurtres inexpliqués, Fred Vargas s’en donne encore à cœur joie dans cet opus ! L’invention de la société des robespierriens qui jouent encore et encore le procès de cet homme incroyable, quoique fou et sanguinaire, est un coup de maître qui a emporté mon adhésion en un clin d’œil.

Bref, encore une fois un roman policier qui vaut le détour, et dont le secret réside dans des brumes islandaises …étranges ….