hiver

Attention, préparez-vous à avoir froid  … pendant 1000 pages ! J’ai mis longtemps à attaquer ce pavé, et pourtant la quatrième de couverture, et la couverture elle-même m’attiraient !

Nous sommes en hiver, New York il y a un siècle, un voleur nommé Peter Lake se fait poursuivre par une troupe de truands, trouve un cheval blanc magnifique, leur échappe. Nous sommes en hiver, New York il y a moins d’un siècle, Peter Lake tombe amoureux d’une jeune femme condamnée par la tuberculose.
Nous sommes en hiver, New York il y a cinquante ans, Peter Lake est oublié, New York est la proie des voleurs et des destructeurs.
Nous sommes en hiver, New York au XXIe siècle, des gens qu’on croyait mort depuis un siècle réapparaissent et veulent construire le pont ultime, celui qui mènera l’espèce humaine au ciel …

« Dans les anciens rêves de feu des Baymen, la fin des temps, qui bien entendu serait pleine de difficultés, ne devait pas cependant être redoutée. Selon le treizième chant, un signe certain que la fin des temps était arrivée serait l’apparition « d’un arc en ciel solide s’élevant de la glace pour s’enfoncer dans un rideau blanc, tandis que sur son arc de lumière clignotante apparaîtraient des milliers de marches accueillantes. »

Nous sommes en 1983, mon frère naît et l’Américain Mark Helprun publie son fabuleux Conte d’hiver. Nous sommes en 2015, je suis blogueuse et le Livre de Poche republie ce chef d’oeuvre en épaisse version poche. Nous sommes en 2016 et je termine enfin Conte d’hiver, un des plus beaux mais aussi un des plus étranges textes que j’ai jamais lus.

Impossible à résumer, on y trouve du froid, du gel, de la neige, de la magie, des personnages incroyables. Et une fois que l’un d’entre eux s’envole dans le firmament on fait le deuil du réalisme et on se laisse emporter à la suite de Peter Lake, à la recherche de son cheval blanc …

Impossible à critiquer tant cette oeuvre est hétéroclite, tant les personnages sont magnifiques et foisonnants.

Réalisme magique, idéalisme (ils rêvent tous d’une « ville juste » : que peut-on imaginer de plus beau que la vue d’une ville parfaitement juste, se délectant uniquement de la seule justice ? »), beauté, fantastique : tout se mêle pour en faire un roman ultime, qui nous fait frissonner d’un bout à l’autre, mais qui nous fait aussi tomber amoureux d’une ville, New York, finalement le personnage principal de ce texte. Un « Cent ans de solitude », mais à la sauce nord-américaine, avec tout ce qu’il faut de rêve américain, de gratte-ciels, de violence urbaine mais aussi de bravoure, d’amour et de poésie.  Un chef d’oeuvre.