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A 15 ans, Mireille Laplanche vient d’être réélue Boudin d’argent de son lycée, perdant ainsi son titre de Boudin d’or récupérée par Astrid, nouvelle venue à Bourg-en-Bresse et au lycée où ce stupide concours de « Boudin » est mis en place. Grosse et moche, Mireille s’y attendait, et se protège par une ironie mordante qui déstabilise toutes les critiques. Mais Astrid et la troisième nommée, la petite Hakima, 12 ans, n’y étaient pas préparées. Elles se retrouvent toutes les trois, soutenues seulement par leurs familles, et sympathisent. 

Elles se découvrent très vite un point en commun : leur intérêt de gâcher les festivités du 14 juillet à l’Elysée. Mireille veut forcer son père biologique à la reconnaître ; Hakima veut la reconnaissance des services rendus par son frère Kader, qui a perdu ses jambes dans un lointain pays d’Afrique où il combattait; Astrid veut simplement y rencontrer son groupe préféré, Indochine, invité pour les festivités. C’est la phrase de la mère de Mireille qui déclenche tout : « vous n’avez qu’à y aller en vélo, ça vous fera les mollets ! ». 

Et c’est parti pour une folle aventure : de Bourg-en-Bresse à Paris, en bicyclette, et pour payer leur trajet, une idée sublime. La vente de boudins frais. Un ultime trait d’ironie qui va bientôt soulever l’intérêt de tous les médias de l’Hexagone. 

Mais pendant ce temps, les filles pédalent et prouvent au monde entier qu’on peut être grosses, moches, mais avoir une volonté de fer et un cœur d’or. Ce petit roman adolescent est un véritable vent frais dans mes lectures : d’abord par son sujet qui touche au cœur de notre société de l’apparence; et puis pour son hymne au vélo …

« La magie d’un vélo, c’est que c’est un balai ; un balai volant qui perce les paquets d’air, obéissant à la moindre pensée ; il répond aux doigts, aux pieds, au bassin, on n’a pas besoin de dire à un vélo où il doit aller, il le sait : c’est un balai volant. […] et quand on se rend compte de la magie d’un vélo, toutes ces choses qu’il est se mêlent à nous, et on sent à la fois l’air qui éclate sur son passage, la route dans toutes ses craquelures, les sursauts du plus infimes de ses engrenages, et le sang à l’intérieur de nous, pompé à chaque coup de pédale. Et soudain, c’est un miracle d’amalgame, une seule et même chose, rapide et bouillonnante, et on est dans l’univers comme si on l’avait créé nous-mêmes. »

Je me sentais pédaler auprès de ces filles qui veulent changer leur univers. J’avais presque envie de leur acheter des boudins. Bref j’ai vécu l’aventure avec elles ! 

D’autant que cette aventure se rapproche de celle que je vais bientôt vivre, entre Toulouse et Bordeaux, non pas pour les boudins mais pour les bibliothèques ! Comme l’an dernier. Comme elles je vais défendre ce en quoi je crois, je vais faire connaître ce qui fait ma vie, je vais à la rencontre des autres, et je vais me dépasser moi-même par ces 350 km de pédalage …