malatesta

 

Enfin. Plus de deux ans après mon coup de cœur pour Cosplay, Laurent Ladouari a ENFIN récidivé avec son deuxième opus (sur 7 !) en nous concoctant L’Or des Malatesta.

Vous souvenez vous de Cosplay ? laissez-moi vous rafraîchir la mémoire …  

cosplay

Dans un futur incertain, le monde est divisé entre les villes protégées par un Mur, et la Zone avec les pauvres. Zoran Adamas s’est hissé petit à petit au niveau des plus grandes fortunes et rachète des entreprises moribondes. C’est ce qui se passe avec 1T, une entreprise qui a connu son heure de gloire 20 ans plus tôt avec le génie Protéus qui lui a légué ses plus belles inventions. Aujourd’hui 1T s’est encroûté et est la proie des actionnaires demandant simplement le profit et plus l’innovation … Grâce à ses « Nonpareils », des jeunes étranges qui ont reçu une éducation des plus curieuses, Adamas s’empare d’ 1T et propose aux employés de jouer au Cosplay … Chaque employé, derrière un masque, devra être à même de participer à la renaissance de l’entreprise … ou de constater sa mort.

Avec L’Or des Malatesta, nous nous retrouvons quelques mois après cette formidable aventure de Cosplay, qui a permis, outre son histoire extraordinaire, de camper tous les personnages : la brillante Katie Dûma, venue de la Zone, et sa famille ; les Nonpareils Tancrède, Franck, Ayako ; le mystérieux Julien qui cache un lourd secret ; et surtout le sombre Adamas, que l’on voit peu mais qui domine toute l’histoire.

Autant Cosplay était un concentré de génie, fulgurant malgré ses 400 pages ; autant L’Or tranche avec le double : Laurent Ladouari s’attache à dépeindre son monde, résolument futuriste cette fois –  ce qu’il avait peu fait dans un premier opus se déroulant dans une sorte de huis-clos –  et il le fait très bien !

Avec ce tome, je me rends compte que ce que j’aime avec cet auteur c’est qu’il nous offre une œuvre qui résiste, qui demande de la concentration pour appréhender tous les tenants et les aboutissants : il semble ainsi nous inviter à nous mettre au niveau de Tancrède et des autres Nonpareils, à se fondre dans leur moule. Ce que j’aime, c’est qu’en le refermant, on sait qu’on a lu une très belle histoire mais on a surtout l’impression d’avoir appris quelque chose en le refermant, puisqu’il nous parle de politique, d’argent et de pouvoir, avec ce qu’il faut d’idéal et d’utopie pour nous le rendre supportable ! Un magicien, vous dis-je ! 

On ne sait donc plus où donner de la tête entre les révélations sur le père de Tancrède, Alexandre Malatesta, richissime bandit ; les extravagances et les manipulations du fils ; les heurts entre chaque personnage, même les plus soudés, qui font montre de leurs faiblesses – y compris mon « chouchou » Tancrède. L’auteur prend aussi le soin d’y développer des personnages que l’on pensait être secondaires, tels le frère de Katie. Et puis il nous régale encore et toujours de son humour, de sa verve, de sa maîtrise narrative qui me semble toujours autant incroyable, entre Jules Verne et Alexandre Dumas …

Que dire d’autre sans trop vous dévoiler l’histoire ?

Que vous en saurez un peu plus sur la manière de construire une cathédrale ? 

Que vous en saurez un peu plus sur l’art de redorer une réputation écornée ? 

Que vous en saurez un peu plus sur le concept mathématique le plus compliqué et le plus simple du monde ? 

Que vous en saurez un peu plus sur comment participer au bonheur des peuples, fondé sur la sécurité, la santé, l’éducation, le travail, la justice, et la confiance en l’avenir ? 

Que vous vivrez une formidable aventure et que vous ne pourrez plus le lâcher, tout simplement ? 

Si vous n’êtes pas convaincus par tout ça, alors c’est que : soit vous vous l’êtes déjà procuré, soit je jette l’éponge ! Alors, à vos bibliothèques, à vos librairies ! Bref, à l’attaque ! !

PS1 : Les couvertures et les illustrations, magnifiques, sont de Christopher Evans, dont il faut saluer la qualité !

PS2 : Cosplay, le tome 1, vient d’être édité en poche sous le titre de « Adamas, maître du jeu ». J’écris ça juste en passant … :-)

adamas