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Après sa trilogie sur les femmes de la Bible, Marek Halter, écrivain à succès, « s’attaque » aux femmes de l’Islam, en commençant par Khadidja, la première épouse de Mahomet, première également à le croire et à le suivre.

« Quand j’étais pauvre, elle m’a enrichi : quand tout le monde m’abandonnait, elle m’a réconforté; quand on me traitait de menteur, elle a cru en moi. (à Khadija, -Muhammad)»

Par ces différents écrits, l’auteur souhaite souligner l’importance des femmes dans les religions monothéistes, malgré leurs positions difficiles à des époques où la femme a peu la parole. Pourtant quel incroyable destin et quel incroyable caractère que ceux de Khadidja, veuve d’un homme d’affaires, qui devient femme d’affaires dans un monde d’hommes, et qui va choisir celui qui pourra la comprendre, la soutenir et la respecter.

« Elle voyait sa faiblesse, son impuissance de femme seule. De veuve obstinée. Et aussi sa rage, sa volonté de ne pas se soumettre à l’arrogance des hommes qui ne désiraient des femmes que la satisfaction égoïste de leurs plaisirs, l’accroissement de leur pouvoir et de leur richesse. »

Incroyable destin et incroyable caractère que celui de Muhammad ibn Abdallah, simple conducteur de caravanes qui se voit propulsé sur les devants de la scène par son mariage avec la riche veuve, avant même de l’être sur la « scène mondiale » pour les centaines d’années à venir …

Incroyable destin pour ce couple mythique, que retrace ici Marek Halter, retournant ainsi aux sources de l’Islam tout en nous racontant une magnifique histoire d’amour.

Au-delà de cette histoire religieuse, de cette histoire d’amour, il nous raconte également le quotidien social et politique à cette époque, qui nous permet de mieux comprendre le prophète et les écrits qu’il a pu laisser : beaucoup de préceptes et de traditions viennent en effet eux-mêmes de traditions païennes antérieures, des différents cultes et croyances dont La Mecque se fait le creuset, véritable carrefour commercial et culturel.

« Nul n’ignorait l’infinité autant que l’étrangeté des croyances des hommes dans le désert. Celles-ci n’étaient guère plus insolites que bien d’autres. A Mekka aussi, on aimait à penser que les humains, pour se rapprocher de la mort sans craindre les démons du monde de l’après-vie, ne devaient pas aller sans règle ni sans dieux. »

La forme romanesque nous rappelle qu’avant d’être des mythes, ces figures furent des hommes et des femmes, avec leurs doutes, leurs faiblesses et leurs peurs ; mais ne doit pas nous faire oublier que cette période est assez méconnue et que s’il se veut sérieux, le romancier ne détient pas la vérité historique. Cela reste néanmoins une formidable histoire qui se dévore grâce à ce merveilleux conteur qu’est Marek Halter, qui nous raconte l’Islam intelligemment, loin de tout jugement ou religiosité, et a le mérite de nous inciter à nous renseigner davantage sur cette Histoire.