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Je ne suis habituellement pas fan de ce qu’écrit Bernard Werber. Première et seule exception : Les Fourmis, que j’avais trouvé original. Mais j’ai ensuite découvert ses romans suivants, et je suis devenue de plus en plus circonspecte sur son écriture et ses histoires. J’ai donc arrêté. Et puis j’ai vu qu’Albin Michel allait sortir Demain les chats. Je trouvais la couverture très belle, et puis ça parle de chats … je n’ai donc pas pu résister !

Bastet est une chatte comme les autres, elle dort, elle mange, elle se fait câliner par sa « servante », son humaine présente pour satisfaire tous ses caprices. Mais un jour, elle se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond chez les humains : des explosions retentissent de plus en plus souvent, les humains courent dans tous les sens, sa servante devient nerveuse. Bastet rencontre alors Pythagore, un beau mâle qui porte une curieuse plaque de métal sur le crâne. Le dialogue s’engage et il lui explique le monde des humains, qu’il connaît grâce au « 3e œil » que sa maîtresse lui a greffé sur la tête. On comprend que grâce à lui il a accès à Internet… Pythagore se met à lui raconter l’histoire commune des chats et des humains au fil des siècles, jusqu’à la guerre civile qui déchire aujourd’hui le pays. Bastet comprend alors que les chats vont devoir agir … pour sauver l’humanité !

Voilà le postulat de départ, que j’ai eu du mal à avaler … Werber a voulu se mettre dans la peau d’un chat, comme il l’avait fait avec les fourmis, mais pour moi c’est raté. On y croit pas une seconde, Bastet est bien trop humaine, sans parler des scènes d’amour totalement ridicules qu’il décrit. L’histoire entière ne tient pas debout, même si une guerre civile observée par des yeux félins pouvait être intéressante. Malgré quelques bonnes trouvailles, tout ça sonne faux. Les leçons d’histoire de Pythagore sont trop dogmatiques, arrivent comme un cheveu dans la soupe au milieu du récit, et coupent totalement l’action : on sent trop qu’il essaie de vulgariser l’Histoire, en la parsemant d’anecdotes drôles sur les chats, mais c’est raté. Soit on s’y connait un peu et on détecte les approximations; soit on ne s’y connaît pas du tout et ces anecdotes ratent leur cible …

Et puis quand on utilise des chats dans son histoire, on se renseigne sur eux ! Et on évite de leur faire adopter des comportements pas du tout crédibles (les chats ne voient pas le rouge, ne captent le sucré). Ça semble être la base.

Sans parler d’une plume plus que médiocre, qui alterne des styles ne fonctionnant pas avec les étapes du récit (dialogues entre les chats niais, réactions bizarres des humains, psychologie de comptoir passant pour de la philosophie, etc.).

Enfin, il évoque des thèmes qui lui sont chers et qui m’agacent comme la télépathie ou la réincarnation, sans compter nombre de références mystiques …

Bref passé l’effet de surprise de se mettre dans la peau des chats, on s’ennuie et on ne peut que se languir d’arriver à une fin attendue.