audio

Tout a commencé cet été, je devais avoir plusieurs heures de voiture devant moi, et j’ai soudainement pensé que ça pourrait être sympa d’écouter des livres audio plutôt que seulement de la musique pendant des heures … Je me suis donc précipitée au rayon « textes lus » de ma médiathèque (très fourni !), et j’ai fait mes premières tentatives d’écoute. J’ai d’abord commencé par des romans courts, j’ai tenté les essais, puis je me suis aventurée dans des romans plus longs : je m’étais aperçue que j’avais un vrai plaisir à les écouter à tout moment, en faisant la cuisine, en rangeant. Moi qui étais frustrée depuis quelques mois de moins lire car je n’avais plus de transports et donc moins d’occasions de me plonger dans une lecture, j’avais trouvé une nouvelle manière de lire !

Pour être honnête, je savais déjà que ça me plairait : avec un ami, nous avions l’habitude de nous lire des livres ensemble le soir, pour se détendre et partager une lecture.

Mais cet été, ce fut une révélation ! Je suis donc devenue adepte de ce style de lecture … mais je n’étais encore qu’au stade où je les écoutais en version CD ou en mp3 sur mon ordinateur, donc chez moi seulement. 

J’ai ainsi découvert La Terre qui penche de Carole Martinez, magnifiquement lu mais avec des passages tellement durs et crus qu’ils en devenaient insoutenables à écouter. J’ai ainsi découvert Ouragan de Laurent Gaudé, dont la langue musicale se prête admirablement bien à la lecture à voix haute. J’ai ainsi redécouvert avec plaisir Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda, lu il y a une dizaine d’années. J’ai ainsi redécouvert L’appel de la forêt de Jack London, où je me suis retrouvée suspendue aux lèvres de Buck le chien de traîneau.

Et puis, il y a un mois, je suis passée à un niveau supérieur … Une amie m’a parlé d’Audible, l’application de livres audio d’Amazon. D’abord peu convaincue, et avec des a priori négatifs sur ce grand groupe, je suis malheureusement – ou heureusement plutôt – tombée dans la marmite du livre audio … D’un seul coup, je n’étais plus obligée d’être chez moi pour écouter : je pouvais le faire dans le bus, en marchant, en faisant mes courses, à tout moment. Parfois fatiguée, je me mettais mes oreillettes avec plaisir et je me laissais embarquée dans la lecture …

Mes déplacements ont ainsi été marqués par Les aventures de Sherlock Holmes, par la musique de Mr Bojangles, par les mots de Laurent Gaudé encore, avec Ecoutez nos défaites, ou encore Le mystère Henri Pick de Foenkinos. Et puis surtout par L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante, à ce jour une de mes plus expériences d’écoute …

Le livre audio permet de s’abstraire de la réalité alentour, comme les autres livres, mais tout en restant conscient de ce qui se passe : on se sent à la fois seule et dans le monde en écoutant Bojangles. On sublime le texte de Laurent Gaudé quand on l’écoute dans un bus en plein Paris. On a presque envie d’enlever les écouteurs et de faire écouter à tous l’enfance d’Elena et de Lila dans l’Italie des années 50.

Certains livres se prêtent plus que d’autres à l’écoute, mais pour le moment j’ai été satisfaite de mes choix. Mes seules déceptions sont Les aventures de Sherlock Holmes, où je n’ai pas été convaincue par les voix que prend le lecteur, et par les musiques un peu niaises destinées à souligner le suspens; et Le mystère Henri Pick que j’ai trouvé mal écrit et mal ficelé … non pas la faute du lecteur donc, mais bien de l’auteur !

Globalement les lecteurs sont bien choisis : Marina Moncade est parfaite avec son accent italien qui nous plonge avec bonheur dans la vie des deux enfants ; Louis Arène, de la Comédie française, est parfait avec sa voix pleine de douceur et de drôlerie pour rendre les mots de l’enfant qui observe sa mère dériver … Ils donnent un ton bien trouvé, et qui devient celui du narrateur (c’est d’ailleurs très perturbant d’écouter ensuite un autre texte lu par eux, un peu comme au théatre quand on va voir une même pièce avec plusieurs interprétations, souvent la première est celle qui s’impose dans notre esprit comme « la bonne » et les acteurs incarnent parfaitement les personnages.)

Pour conclure, je dirais que je vis encore plus intensément ces textes en les écoutant : on entend chaque mot, on ne peut pas accélérer sa lecture pour arriver plus vite au dénouement, on va à un rythme plus lent, et ça fait du bien …