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Le père d’Elvira, Giangiacomo – dit Gigi – s’écroule sur sa terrasse, un jour d’été de l’année 2014. Une mort sans douleur, rapide. Après l’enterrement, Elvira fait le tri de ses papiers, et découvre un manuscrit inconnu, dans lequel son père raconte l’histoire qu’il a vécue avec une certaine Clara.

« Mature love », puisqu’ils se sont rencontrés à plus de 60 ans. Amour caché aussi puisque tous les deux sont mariés, et que le dévoiler aux yeux de tous est impossible : chacun est heureux dans sa vie, et pourtant, ils sont heureux ensemble.

En contactant cette Clara, une journaliste belge, Elvira apprend que les deux amants avaient pour projet de raconter leur histoire à quatre mains. Après le point de vue de Gigi, on découvre donc celui de Clara, qui se transforme très vite en confidences, émaillées de conseils à la jeune fille. Cette deuxième partie est aussi un journal du deuil, de l’absence puisque Clara doit se faire à l’idée qu’elle ne reverra plus jamais son amant.

Histoire d’amour sans grande originalité, le récit à deux voix, presque trois avec celle d’Elvira en filigrane, lui redonne un certain intérêt. Par ailleurs, la plume de Claire Magnani est de qualité, et nous transporte dans l’Italie ensoleillée, au cœur d’un amour chaleureux, qui transcende tout.

« Peut-être que ce songe absurde n’était pas un cauchemar. Puisque il s’achevait sur cette note de joie. Les folies s’attirent et s’attisent, me disais-je. Les gens avec qui l’on vit, ceux qui vous aimantent, ne surgissent pas par hasard. Peut-être même que, au fond, nous sommes tous les mêmes. Nous avançons masqués et nus. Et toutes nos histoires se valent, parce qu’il n’y en a jamais qu’une seule. Celle du temps qui fiche le camp. »