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Jour 2 : Où nous sacrifions notre grasse matinée pour en apprendre davantage sur les liens entre Démocratie et littérature !

Ce jour-là nous avons suivi des chemins différents : mon amie pour apercevoir Sylvain Tesson et moi pour écouter Mona Ozouf et Michel Le Bris sur la force de la littérature dans la démocratie. Malheureusement ce dernier était souffrant, mais Mona a été une très bonne oratrice sur ce sujet (avec beaucoup d’humour : soulignant qu’Emmanuel Macron avait affirmé vouloir être écrivain dans sa jeunesse, elle s’est permis d’en douter … :)) ! Elle a noté en particulier que la littérature en France avait toujours été une affaire d’Etat, depuis la création de l’Académie française. Elle déplore que le genre romanesque soit désormais supplanté au profit du témoignage, beaucoup d’écrivains pensant que leur moi est capable de soutenir l’échafaudage d’un roman … ce dont elle doute également ! Elle rappelle que la littérature nous console de n’avoir qu’une vie à vivre, et de ressentir des sentiments inconnus, de visiter des endroits où nous n’irons peut-être jamais. L’autofiction ne permet pas tout ça …
J’ai aimé son franc-parler et son humour, la matinée commençait donc très bien !

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J’ai enchaîné ensuite sur une rencontre avec l’écrivain et voyageur Julien Blanc-Gras pour son nouveau livre, Briser la glace, publié aux éditions Paulsen.

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C’est le récit de son extraordinaire aventure au Groenland, à bord du voilier Atka qui accueille des artistes de tous types : financé par le voyageur au long cours François Bernard, l’expédition Atka permet aux personnes qui nourrissent un rêve polaire de longue date, de pouvoir le réaliser grâce au bateau mis entièrement à leur disposition.
Julien Blanc-Gras en a tiré un roman intéressant et très drôle (j’avais déjà pu apprécier son humour dans In Utero). Il nous a appris beaucoup sur les modes de vie au Groenland aujourd’hui, par exemple que les jeunes sont tous sur Twitter mais qu’ils chassent toujours le phoque … Une rencontre qui donne envie d’avoir froid ! 🙂

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Nous avons ensuite tenté d’assister à la conférence avec Russell Banks, mais il y avait trop de monde, nous nous sommes rabattues sur la rencontre avec trois auteurs, Pierre Bordage, Dimitri Bortnikov et Pierre Péju qui ont discuté autour de la notion de temps. Si je connaissais Bordage (un grand de la SF !) et Péju (un roman lu et aimé il y a quelques années), j’ai découvert avec plaisir le personnage de Dimitri Bortnikov auteur déjanté, très drôle, d’une grande fresque (Face au Styx) qui a l’air aussi déjantée que lui !

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Puis j’ai couru pour rencontrer une de mes idoles, Antoine Bello, qui était interviewé pour son dernier roman, L’homme qui s’envola.  De cet auteur, j’avais adoré la trilogie des Falsificateurs et son avant-dernier, Ada. A chaque fois j’y ai retrouvé un véritable talent d’écrivain doublé d’un génie de l’intrigue et des rebondissements. L’homme qui s’envola semble s’inscrire dans une histoire un peu différente, mais je le lirai quand même bien sûr !

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Enfin j’ai terminé ma journée par une visite éclair au salon du livre, où j’ai pu retrouver et discuter avec Antoine Bello, Julien Blanc-Gras et Erik L’Homme, un auteur que j’ai lu adolescente et que j’étais heureuse de rencontrer !

L’avantage c’est que le public était concentré davantage sur les conférences que sur le salon du livre, au contraire de celui de Paris, et que les auteurs étaient donc bien plus accessibles …

(fin de la journée : attente vaine pour la soirée poésie, consolation avec des crêpes – faut c’qu’il faut !)

[suite : après-demain !]