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Jour 3 : Où nous luttons jusqu’au bout de la journée pour rester éveillées …

Levées de bonne heure, nous avons vaillamment attaqué cette journée, motivées par la rencontre avec des auteurs intéressants. Malgré le bouleversement de programme (film sur George Orwell passé après la rencontre alors qu’il devait ouvrir le débat), nous avons assisté à des débats intéressants entre quatre auteurs : Henriette WALTER, Kamel DAOUD, Nicolas BOKOV et Abdelaziz BARAKA SAKIN.

Si le rappel du contexte du Darfour par M. Baraka Sakin fut intéressant, j’ai littéralement été happée par la verve de Kamel Daoud : personnage haut en couleur, il a le sens des formules qui font mouche et pas la langue dans sa poche, métier de journaliste oblige ! Je l’avais déjà apprécié avec son premier roman Meursaut contre-enquête, qui offrait un contrepoint arabe à L’Etranger de Camus ; je l’ai littéralement adoré « en vrai ». Quelques phrases qui m’ont marqué :

  • « La religion est un transport collectif, moi je préfère aller vers Dieu tout seul et à pied. »
  • « L’islamisme est une utilisation politique de la religion »
  • « L’islamophobie est un malentendu. Les gens ont peur, ça ne veut pas dire qu’ils détestent l’Islam, juste qu’il ne le comprenne pas. »
  • « L’erreur de nos sociétés est qu’on laisse l’islamisme parler au nom de l’Islam alors que la religion n’appartient à personne ».
  • Il constate enfin que le sens des mots changent selon les pays : ce qu’il a dit en Algérie peut être récupéré par l’extrême-droite en France ou en Allemagne …

Sur ce dernier sujet, Henriette Walter avait bien des choses à dire, soulignant l’évolution historique des mots, parfois même en contradiction avec leur étymologie !

Enfin ils ont débattu sur la liberté de parole aujourd’hui, et sur les processus de légitimation de la vérité sur Internet, qui se met en place petit à petit (les Décodeurs, Google à la chasse des fake news, etc.

J’aurais pu les écouter tous les deux pendant des heures … mais il nous fallait rejoindre Jack London !

Ce dernier après-midi était en effet dédié à Jack London. Il démarrait par un film de Michel Viotte, raconté par Michel Le Bris : « Jack London, l’enfant rebelle du rêve californien ». Documentaire magnifique, bien mené et passionnant sur cet auteur dont je connaissais les œuvres mais pas la vie. Élevé à la dure, autodidacte, force de la nature, grand reporter, c’est le portrait même du génie créateur, qui a du mal à s’adapter aux cadres que la société lui impose : flambeur une fois riche, après une enfance misérable, il n’est pas à une contradiction près.

Suite à ce film, nous avons eu le plaisir d’écouter Olivier Weber, grand reporter, écrivain et professeur pour qui Jack London fut le déclencheur de sa vocation de découvreur. Il vient juste de publier un ouvrage illustré aux Editions Paulsen, « L’appel du grand ailleurs, lire enfin Jack London » qui doit être passionnant.

A noter : la conférence était intitulée « L’appel de la force » . C’est le titre qu’Olivier Weber propose pour « The Call of the Wild », l’oeuvre de London la plus connue et traduite de manière approximative par « L’appel de la forêt »
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Après cette dernière conférence, il était temps de partir … Heureusement le ciel se couvrait, signe que la Bretagne elle-même nous signalait qu’il fallait partir, sans regret !

Des regrets nous en avions quand même car il est dur de revenir à une vie normale après ce marathon culturel, mais nous nous sommes promis d’y retourner l’année prochaine, sans faute !

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