bouche

« J’ai un poème et une cicatrice ».

Au départ, on ne descelle rien d’extraordinaire dans cet homme qui fait son travail de comptable, se rend tous les soirs dans le même bar pour y retrouver ses seuls amis, rit, parle et joue. Rien d’extraordinaire, sauf cette écharpe qu’il porte en permanence, été comme hiver, qui l’étouffe et le camoufle. Voilà pour la cicatrice, restée cachée … jusqu’au jour où ses amis le pressent de raconter son histoire. Alors tout éclate.

Au fil de son récit, les souvenirs reviennent : les excentricités de son grand-père, sa vie au quotidien, remontant le temps jusqu’à ce terrible jour où … Où bien sûr je ne vous dirai rien car tout repose sur cette histoire. Mais même une fois que l’on a compris, on se laisse emporter par la plume drôle et alerte de Gilles Marchand : malgré la gravité du thème, il parvient à y apporter un peu de fantaisie. Ce qu’il faut pour faire de ce roman un croisement entre Big Fish et un roman de Gabriel Garcia Marquez : tout semble normal et puis d’un coup débarque l’absurde.

Au fil de son récit, les spectateurs se font de plus en plus nombreux, avides d’en apprendre plus, comme si tous les gens qu’il a croisé dans sa vie se retrouvaient d’un coup dans la même salle pour assister à sa transformation et apprendre la vérité.

« A travers eux, mon histoire devient une histoire. C’est peut-être ce dont j’avais besoin pour avancer. Je ne suis plus qu’une bouche, une espèce de lien avec un autre temps qui se dépossède de ce qu’il a sur le cœur. Mon histoire leur appartient et se mêle à leurs propres souvenirs. Chacun en fera ce qu’il voudra ».

Au final, c’est un roman déroutant mais qui ne laisse pas indifférent. On alterne rires et larmes et on ne peut le lâcher jusqu’à la révélation finale. Un roman sur l’amitié, et sur les blessures que chacun porte en soi.

Et pour le poème … et bien il ne vous reste qu’à lire le roman pour le découvrir ! 😀