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Un beau jour, un petit garçon naît. On ne connait pas son nom, mais à l’école il sera surnommé Stradi. Car ce petit garçon est spécial : il est né avec un violon dans la tête. Oui oui, vous avez bien entendu ! Ce violon joue sans cesse dans son crâne et parfois la musique s’échappe, lors de moments heureux ou stressants de la vie de Stradi. Handicap invisible, qui suscitera l’inquiétude de ses parents toute leur vie, il va devoir apprendre à vivre avec.

Après Une bouche sans personne, Gilles Marchand continue dans son style bien particulier qui mêle fantaisie, réalisme magique et destins extraordinaires. Celui de Stradi n’échappe pas à cette règle, et pourtant c’est un garçon ordinaire, avec des rêves « ordinaires »: vivre heureux, être accepté, rencontrer quelqu’un. Mais son violon le rend différent et par conséquent rend ces simples désirs bien plus compliqués … Heureusement il est soutenu par ses parents, son frère, les oiseaux (à qui il peut parler !) et un ami qui lui, a un handicap visible, Max le boiteux. A eux deux ils pourront se soutenir, quand par exemple ils se rendent compte qu’ils ne sont invités à aucun anniversaire … Et puis vient le temps des filles, pas évident à vivre quand ton violon s’accorde à ton cœur et se met à jouer des valses romantiques !

Roman loufoque mais surtout roman de l’apprentissage, Un funambule sur le sable décrit ce que nous sommes tous : des danseurs, qui essayons de trouver un équilibre dans notre vie, entre bons et mauvais moments, éviter les déséquilibres et viser le point opposé, le bonheur.

« Je me suis toujours senti comme un funambule. J’ai avancé dans cette société en prenant mille précautions. Légèrement au-dessus, un peu en-dessous ou complètement à côté, je ne sais trop où, mais jamais en son sein. Je me suis maintenu en équilibre tant bien que mal, sachant que je pouvais chuter à tout instant. »

Véritable roman de la différence, il questionne les règles de la société, les injustices qu’elle contribue à pérenniser et ceux qu’elle laisse de côté.

J’y ai retrouvé avec plaisir l’humour de Gilles Marchand, qui me fait tant penser à celui de Vian ou de Gary, mais qu’il est si difficile de reproduire, avec juste la poésie qu’il faut.

« Il y avait les vagues, il y avait le sable. Il y avait le vent aussi. Il y avait les pins, leurs pignes et leurs épines. Il y avait les écureuils. Il y avait les dunes ou plutôt une grande dune qui s’étirait à perte de vue. Il y avait les chemins qui cheminaient, les marcheurs qui marchaient, les vendeurs qui vendaient, les bronzeurs qui bronzaient, les pêcheurs qui pêchaient, le sable qui sablait et les mouettes qui mouettaient. Tout était en ordre. »

En bref, un bon roman à découvrir !