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Et vous avez eu beau temps ? La question terrible de retour des vacances, surtout quand elle se pose après deux semaines de pluie … question perfide puisqu’on peut lire sur le visage non bronzé des gens que, non, ils n’ont pas eu beau temps. Question que l’on ne pose pas à la personne qui revient avec un beau teint cramé. 

Comme dans ses précédents opus, Philippe Delerm a le chic pour pointer les travers de la société, à partir de quelques formulations pas si anodines que ça. Il montre que se cache une véritable comédie sociale, et nous incite à nous questionner sur une hypocrisie aux faux airs de gentillesse et d’attention à l’autre.

Peut-on vraiment dire non à la fameuse phrase « on peut peut-être se tutoyer ? » ou ne pas tiquer au « Pour être tout à fait honnête avec toi… » qui indiquerait que jusque là, la personne n’a pas été honnête et pour camoufler la vacherie qui va sortir ? Ou encore l’étrange « j’dis ça, j’dis rien » ? alors ne le dis pas … en passant par l’ami qui dit à son copain largué « et tu n’as rien vu venir » ? Cruauté non voulue mais cruauté quand même !

Pour autant, l’habileté de Delerm est de ne pas verser dans la critique pure, féroce, mais de pointer avec bienveillance les petites bourdes que l’on peut parfois sortir, sans s’en rendre compte.

Un texte qui, une fois refermé, nous fait tourner sept fois la langue dans notre bouche avant de parler ! 😀