jacaranda

Il y a des moments où on se retrouve en pleine panne de lecture. Et il y a certains livres qui viennent vous en sortir ! Après quelques bouquins qui m’ont peu marqué, Les Enfants du jacaranda brille comme un diamant dans l’obscurité. Pendant 300 pages, j’ai été propulsé dans un Iran terrible, poussiéreux et tyrannique. Et pourtant, au pied d’un jacaranda, ont poussé des enfants qui reprennent le combat de leurs aînés, pour reprendre en main leur avenir. La beauté de cet arbre symbolise leur soif de liberté et la justesse de leurs actes.

Tout commence en prison : Azar est une contre-révolutionnaire, arrêtée et emprisonnée pour son opposition au nouveau régime qui vient de se mettre en place. Nous sommes en 1983, à Téhéran, au lendemain de la révolution iranienne. Quelques semaines plus tard, Azar accouche d’une fille, Neda, qui lui est enlevée quelques temps après, pour être élevée par ses grands-parents. Ce sera la première des enfants de cette nouvelle génération : viendront ensuite Omid, Sara, et tant d’autres, des enfants élevés par leurs proches en attendant que leurs parents sortent de prison … à moins qu’ils ne soient exécutés avant, comme lors de la grande purge de 1988.

Vingt ans plus tard, c’est à eux de reprendre le flambeau. De 2005 à 2010 nous les voyons lutter pour rendre sa liberté à un pays qui a connu trente ans de joug islamique.

« Nous ne savions pas si nous allions réussir à faire tomber le régime. D’une certaine manière, il ne s’agissait pas de cela. C’était quelque chose de bien plus grand? Nous voulions que le monde entier sache que nous étions là, que nous étions réveillés et que nous n’avions pas peur. Nous voulions montrer à tous que notre génération avait grandi, qu’elle avait une voix et que nous pouvions et voulions prendre des décisions. »

A travers trois générations, Sahar Delijani (qui est née en prison en Iran, mais dont les parents se sont ensuite exilés aux Etats-Unis), revisite sa propre histoire mais aussi celle de son pays. Avec une très belle plume, sensible et touchante, elle analyse les sentiments de chacun de ses personnages, leurs combats, révoltes mais aussi leurs déchirements pour ceux qui ont grandi loin de l’Iran et qui ne savent plus à quel pays ils appartiennent. 

Un bel hommage à la résistance contre la folie des hommes.

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