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A la suite de divers incidents, comme dirait la SNCF (concours, anniversaire), j’ai dû laisser le blog un peu en sommeil ces derniers temps, mais me revoilà en pleine forme et pleine d’enthousiasme pour partager avec vous mes dernières lectures. Cependant, au vu de mon retard de chroniques, je vais les faire plus courtes et les regrouper, j’espère que vous ne m’en voudrez pas 🙂

Voici donc la première fournée, avec du classique, américain et français !

Portrait de femme / Henry James (1880)

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Ce roman occupait ma PAL depuis tellement d’années que je ne me souviens même plus où je l’ai acheté … Il n’empêche que grâce au très bon site litteratureaudio.com (dont je vous ai parlé précédemment), j’ai pu le découvrir en version audio, pour mon plus grand plaisir !

Portrait de femme est le plus célèbre roman d’Henry James, en partie sûrement parce qu’il reste étonnamment moderne, à rapprocher de ceux d’Edith Wharton qui lui ont succédé et ceux de Jane Austen qui l’ont précédé.

« James y conte en effet les aventures d’une jeune fille attrayante qui affronte la vie avec confiance, obtient quelques jolis succès et s’attire mainte sympathie assez. Toutefois, trop de vanité finit par lui tourner la tête. Elle connaît le malheur, tente de s’en sortir, puis se soumet, par devoir, à la triste vie qu’elle s’est créée elle-même. » (Laffont-Bompiani, Dictionnaire des oeuvres). Ce résumé me plaît parce qu’il montre que l’intrigue est en réalité assez simple mais que la force de l’oeuvre tient à l’analyse psychologique, aux motivations d’Isabel, à ses faiblesses qui causeront son malheur… 

Un beau roman. 

***

Lumière d’août / William Faulkner (1932)

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Petit coup de cœur pour ce texte de Faulkner, après avoir été éblouie il y a quelques années par Le bruit et la fureur. Ici, mon enthousiasme est légèrement moindre : si j’ai accroché immédiatement au début, j’ai eu un coup de mou vers le milieu du roman, à cause des circonvolutions que l’auteur prend pour nous amener au dénouement, qui est finalement assez satisfaisant !

Nous suivons les pérégrinations de Lena, enceinte des œuvres d’un certain Lucas, qui a disparu peu après l’avoir séduite. Ayant entendu qu’il serait du coup de la ville de Jefferson, elle décide de s’y rendre pour le ramener à la raison. A son arrivée, elle apprend qu’un incendie vient de se déclencher et qu’un meurtre a été commis, impliquant un certain Christmas et un complice, dont la description semble correspondre fortement à celle de son Lucas …

Ce qui est déstabilisant dans cette histoire, c’est qu’on a l’impression que le personnage principal est Lena. Or Faulkner revient sur l’histoire de chacun des personnages qu’il croise, pour aboutir au moment où ils se retrouvent à Jefferson. Au point de me perdre quelquefois … Néanmoins la véracité de ses analyses, la finesse psychologique de ses personnages et la modernité de sa plume en font un roman brillant, également plein de bruit et de fureur : la solitude et le racisme sont les personnages principaux de ce roman très américain, mais surtout très humain …

A lire absolument ! 

***

L’île / Robert Merle (1962)

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Largement inspiré de l’aventure des révoltés du Bounty, Robert Merle a produit un roman d’aventures certes, mais surtout un roman profondément humain.

Durant un voyage vers Tahiti, une partie de l’équipage du Blossom se révolte contre Burt, le capitaine tyrannique, et le tue. Devenus des mutins, les marins doivent se réfugier sur une île lointaine et non répertoriée sur les cartes. Ils passent par Tahiti, où Purcell, le personnage central, retrouve le grand chef Tahitien, Otou, et ses deux enfants, Mehani et Ivoa, qu’il avait rencontré lors d’un précédent séjour. Pour compléter la future population de l’île, les Anglais partent avec 6 Tahitiens et 12 Tahitiennes, dont les deux amis de Purcell. Dès l’arrivée sur l’île, les Britanniques écartent les Tahitiens des décisions importantes, en mettant en place des votes « démocratiques » qui établissent toutes les règles de la communauté. Les deux groupes vivent séparés, les tensions montent, et s’aggravent dramatiquement.

Pour moi, ce roman est un chef d’oeuvre : il analyse avec brio la spirale infernale d’une petite société d’hommes qui ne prend que les mauvaises décisions. Les discussions entre Purcell, le seul homme censé et humaniste, et ses compagnons bornés, racistes, tellement persuadés de la supériorité de la race blanche qu’ils ne voient pas leur propre bêtise, sont extrêmement réalistes et font passer un message indispensable encore et surtout aujourd’hui, de tolérance, de compréhension réciproque et d’ouverture d’esprit. 

Incontournable.