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Depuis 500 ans, la renommée de Catherine de Médicis (1519-1589) est livrée aux jugements les plus opposés. Dénoncée par les uns, exaltée par les autres, son nom est entaché de la violence des massacres de la Saint-Barthélemy. Sa réputation masque pourtant une personnalité complexe. Femme de réflexion et d’action, d’une indomptable énergie, soucieuse de préserver la grandeur de la monarchie, elle s’est engagée dans une politique intraitable en intervenant sans relâche auprès de ses fils, au nom desquels elle a régné pendant près de trente ans.

Catherine de Médicis était certainement une diplomate de génie. En digne petite-fille de Laurent le Magnifique elle se manifesta aussi très tôt mécène, la bâtisseuse, collectionneuse d’objets d’art rares et précieux, s’entourant des plus grands artistes romains ou toscans.

Assurément, c’est à une figure passionnante que s’est attaqué Henri Pigaillem, spécialiste de la Renaissance et fasciné par les Médicis. Il retrace ainsi son parcours depuis sa naissance mouvementée jusqu’à sa mort, peu de temps avant l’assassinat de son fils Henri III, qui met un terme à la domination des Valois sur le trône de France, cédant la place à Henri de Navarre, Henri IV, premier des Bourbons. A travers sa vie, c’est 8 guerres de religion qui sont relatées, ainsi que les alliances européennes qui se font et se défont : à cette époque, les politiques de chaque pays européen sont fortement entrelacées, par des mariages, des alliances guerrières ou des non-dits diplomatiques. Chacun s’efforce de maintenir un équilibre entre toutes ses forces, équilibre brisé par les oppositions entre une Europe catholique et une Europe protestante.

Une biographie qui ne pouvait donc être que passionnante puisque le destin de cette femme est indissociable de tout ces événements, auxquels elle a pris part ou qu’elle a même déclenché, comme le massacre de la Saint-Barthélemy.

Pourtant, je ne peux m’empêcher d’être déçue par cet essai : là où j’attendais une biographie de femme, j’ai eu l’impression de lire un livre d’histoire sur cette période, aride, simple catalogue des événements et de faits et gestes de chacun. Si Catherine est bien présente, elle est parfois loin d’être la figure centrale. L’auteur m’a un peu perdue à certains moments … Je sais maintenant ce qui fait la force des biographies de Stefan Zweig, que j’aime tellement : sa capacité à appréhender la psychologie de ses personnages, à analyser les raisons de ses actions et ses relations avec son entourage. Même si on ne peut pas toujours attendre une plume de romancier pour un essai historique, l’auteur aurait pu gagner en fluidité et faisant vivre davantage ses protagonistes. Or ici ils semblent lointains, comme des tableaux figés inscrits dans l’éternité de l’Histoire.

Le seul moment où il a réussi à sortir de cette ornière est en évoquant une Catherine de Médicis amoureuse des arts et de la littérature, par la description de ce à quoi elle a contribué comme la construction des Tuileries ou la préservation de chefs d’oeuvre nationaux.

En bref, une bonne biographie, somme toute très classique, mais qui m’a quelque peu ennuyée …