Comme le titre l’indique, Kaya Takada est née dans un village communautaire au Japon ! Ses parents ont en effet fait le choix de ce mode de vie peu après sa naissance : elle n’en sortira qu’à ses 18 ans, quand on lui donnera la possibilité de faire son propre choix, rester ou partir. Publiées au Japon en 2016 et 2017, les deux parties de son autobiographie sont aujourd’hui rassemblées en un seul volume par les éditions Rue de l’échiquier, ce qui en fait un manga de plus de 300 pages, avec cependant le sens de lecture français.

Autant vous le dire de suite : j’ai eu beaucoup de mal à lire cette BD, j’y ai passé du temps et je me suis accrochée pour vous en parler … Le sujet était intéressant mais il contredisait tellement mes valeurs que le récit m’a agacé d’un bout à l’autre. Kaya Takada nous offre une vision très complète de ce que fut sa vie pendant ces vingt ans au Village : pas de propriété privée, des lieux d’habitation dépourvus de clés, des biens matériels partagés avec tous, travail le matin avant d’aller à l’école, participation à toutes les tâches collectives, pas de jour de repos, possibilité de voir ses parents deux ou trois fois par an, punitions physiques, éducateurs violents et injustes. Elle porte un regard sans concession mais pour autant on a l’impression qu’elle n’en veut à personne, ni à ses parents ni aux éducateurs, pour lui avoir rendu la vie si difficile alors qu’elle était une petite fille indisciplinée. J’ai été énervée par son regard naïf sur ce qu’elle a subi, à commencer par le mépris de l’école qui se ressent dans le Village, la possibilité pour eux de l’arrêter au collège, et la situation des filles (qui doivent nettoyer les dortoirs des garçons par exemple ou apprendre à cuisiner …). Chacun de ses expériences, de sa petite enfance à son adolescence, m’a semblé horrible et contraire à toutes les règles pour éduquer un enfant … Heureusement, la mise en scène des échanges de Kaya Takada avec son mari actuel permet de prendre du recul sur ces événements car lui se rend bien compte que le Village ressemble plus à une secte qu’au véritable lieu modèle qu’il veut être …

J’ai bien conscience qu’il y a certaines situations qu’il est difficile pour moi de juger car je ne connais que très peu le Japon, et peut-être qu’il y a certaines pratiques qui y sont plus courantes là-bas qu’en Europe, néanmoins il me semble que le travail non rémunéré des enfants, 7j/7 ne doit pas non plus y être accepté. La preuve en est que le Village a fait l’bjet de nombreuses attaques et qu’il a dû assouplir les conditions de vie de ses habitants, en particulier en leur octroyant un jour de repos tous les 10 jours, et de l’argent de poche.

Heureusement pour Kaya Takada, elle a finalement réussir à en sortir et malgré son manque de qualifications et son inadéquation pour le mode de vie hors du Village, elle a trouvé un emploi, et pu se faire éditer pour raconter cette expérience.

Pour conclure, un sujet intéressant à découvrir en BD, mais qui aborde des thématiques difficiles et interroge notre relation à l’autorité, la famille et à la liberté.