Trois États de la côte ouest des États-Unis – la Californie, l’Oregon et l’État de Washington – décident de faire sécession et de construire, dans un isolement total, une société écologique radicale baptisée Écotopia. Vingt ans après, l’heure est à la reprise des liaisons diplomatiques entre les deux pays. Pour la première fois, Écotopia ouvre ses frontières à un journaliste américain. Au fil de ses articles envoyés au Times-Post , William Weston décrit tous les aspects de la société écotopienne : les femmes au pouvoir, l’autogestion, la décentralisation, les 22 heures de travail hebdomadaire, le recyclage systématique, le rapport à la nature, etc. Quant à son journal intime, il révèle le parcours initiatique qui est le sien ; d’abord sceptique, voire cynique, William Weston vit une profonde transformation intérieure. Son histoire d’amour intense avec une écotopienne va le placer devant un dilemme crucial : choisir entre deux mondes.

J’étais très curieuse de découvrir ce texte culte, écrit il y a plus de 40 ans, qui a inauguré la vogue des récits écologiques. Mais contrairement à beaucoup d’autres, celui-ci se veut résolument optimiste ! Nul travers, nul défaut à cette société qui vit en harmonie totale avec la nature, respecte à la fois les animaux et les êtres humains, sur tous les plans. Et comment vous dire, en cette ère de pessimisme généralisé, cela fait du bien ! Ernest Callenbach semble nous montrer la voie : même si bien sûr il ne faut pas faire preuve de naïveté, il nous force à réfléchir sur la possibilité d’une société apaisée (dirigée par une femme :D), qui écoute la planète et les besoins de tous. Très documenté, le récit propose des solutions concrètes qui semblent viables, même si bien sûr je ne suis pas spécialiste des énergies ou de l’agriculture …

Ce que je peux regretter c’est que la forme romanesque ne soit qu’un prétexte à l’exposé de nombreuses thèses : il aurait mieux fait d’assumer complètement une sorte d’essai utopique plutôt que de parsemer quelques éléments de romans qui nous laissent finalement sur notre faim. Il reste du coup assez aride à lire, et malgré son intérêt, j’ai décroché à de nombreuses reprises. Cependant c’est un texte qui remonte le moral, redonnant foi en la capacité humaine à pouvoir vivre ensemble, et c’est déjà magnifique !