Il est temps de vous parler de quelques-unes de mes dernières bonnes lectures ! Très différentes, elles m’ont pourtant intéressé à plusieurs titres.

Moura, la mémoire incendiée / A. Lapierre (2016)

Grâce à Alexandra Lapierre, j’ai d’abord découvert la personnalité extraordinaire de Moura, aristocrate d’origine russe qui a vécu mille vies : de la révolution bolchevique aux deux guerres mondiales, elle a côtoyé les plus grands du XXe siècle. Staline, Churchill, De Gaulle, aucun n’a été insensible à son intelligence, à sa vivacité, à son charme. Muse de Maxime Gorki et compagne de H. G. Wells, elle traverse le siècle, méconnue aujourd’hui et pourtant grandiose dans ses actes et sa destinée.
La maîtrise narrative d’Alexandra Lapierre rend ce roman passionnant, on dévore la vie de Moura, qui est en elle-même un vrai roman ! En même temps, elle ne cache pas les côtés sombres de la vie de son personnage, ses compromissions et les suspicions qui l’ont accompagné toute sa vie : espionne ? communiste ? aristocrate ? Qui est-elle ? Je vous laisse le découvrir à votre tour dans cette enquête palpitante, où l’on se glisse dans les pas de Moura en la suivant dans les coulisses de l’Histoire.

Le dragon Griaule / L. Shepard (1984)

En 1984 paraît L’Homme qui peignit le Dragon Griaule, récit de Lucius Shepard qui introduit l’univers du dragon Griaule, un monde préindustriel dans lequel une créature fantastique, Griaule, un dragon de plusieurs kilomètres de long, a été pétrifié par un puissant magicien il y a plusieurs millénaires. Depuis, la créature titanesque s’est totalement intégrée au paysage, devenant à elle seule une chaîne de montagne chargée de végétation qui abrite ville et villages. Mais si le monstre est pétrifié, il n’en est pas mort pour autant. Ainsi Griaule continue-t-il d’instiller sa néfaste influence, une insidieuse corruption qui s’attaque aussi bien aux hommes qu’à la nature…
En 6 longues nouvelles regroupées dans cette intégrale, Lucius Shepard dresse le tableau d’un monde étrange, dominé par cet énorme dragon, qui fascine et effraie tour à tour. Avec une écriture magnifique, il sort du genre classique de la fantasy pour entrer dans celui du monde de la poésie … une poésie à base de dragons ;).
Une belle découverte, faite grâce à un de mes anciens collègues.

L’amour a le goût des fraises / R. Haden (2014)

Igor Woodall, peintre de son état, est mort. Cette annonce va créer des remous dans la société sud-africaine, entre Françoise qui était son modèle et Stella qui était son élève. Chacune à son tour, elles vont devoir accepter cette mort qui les replonge dans une période sombre de leur histoire, où l’une gérait sa sœur rebelle, tandis que l’autre tentait de surmonter la mort de sa mère. Sur fond de la musique de Miriam Makeba, L’amour a le goût de fraises, leurs destins se croisent et se recroisent, remuant tragiquement le limon sud-africain où se croisent les nationalités, les traumatismes et la violence.
Un beau roman sur la peinture, l’amour, le deuil.