Recherche

Le Blog des Livres qui Rêvent …

Catégorie

Nouvelle

Macadam / Jean-Paul Didierlaurent (2015)

macadam

J’avais été séduite par Le liseur du 6h27, paru l’an dernier aux Éditions Au Diable Vauvert. Suite à cette parution j’ai eu l’opportunité de rencontrer l’auteur et de discuter avec lui. J’avais ainsi appris que jusqu’à présent il n’avait publié et écrit que des nouvelles, et que ce roman était une grande première. Cela n’était pas surprenant car au final son roman se construisait autour de nombreuses petites histoires . Rien de surprenant donc non plus quand j’ai reçu ce recueil de nouvelles, par l’auteur « aux quatre prénoms » comme il se désigne lui-même. A noter : il a reçu de nombreux prix de concours littéraires pour ses nouvelles. Lire la suite

Les contes de la Lune vague après le saké / Pierre Delorme (2013)

contes saké

Il arrive que je reçoive des propositions d’auteurs souhaitant m’envoyer leur ouvrage. Devant l’affluence de ces propositions ces derniers temps, j’ai dû en refuser un certain nombre, épluchant soigneusement la quatrième de couverture avant d’accepter pour être sûre que cela va me plaire. Après bien des déconvenues, je me suis faite plus sélective encore. Mais parfois, certains livres passent à travers les mailles. Les contes de la lune vague après le saké en fait partie. Alléchée par le pitch de l’auteur, féru d’arts martiaux et de culture japonaise, je me suis laissée tenter. Et j’ai bien fait !

J’ai en effet plongé avec délices dans ces petits contes, qui nous sont confiés par un sage japonais, Maître Entaï, qui vit au XVIe siècle mais sait bien des choses qui se passeront dans le futur … Lire la suite

Les romans non chroniqués en mai …

Le saut du requin / Romain Monnery (2013)

monnery

« Vous savez ce qu’elle m’a demandé l’autre soir ?

  • Non

  • Elle m’a demandé si je l’aimais

  • […]

  • Alors là, mon vieux, c’est le saut du requin … »

Lire la suite

Infidélités / Vita Sackville-West (1922-1932)

infidélités

Il y a quelques semaines, j’avais pu apprécier Haute société du même auteur, et j’étais tombée sous le charme de ce texte de grande qualité, typiquement anglais. Lorsque Le Livre de Poche m’a proposé de recevoir ce recueil de nouvelles réédité récemment, je n’ai donc pas hésité une seconde ! Lire la suite

Terre des éphémères – Anthologie vietnamienne (1994)

terre

Comme l’annonce la quatrième de couverture, « au Vietnam, la littérature est bel et bien de retour. » En pleine renaissance, de nouveaux écrivains surgissent et osent s’exprimer sur les révolutions qu’a connu leur société. Des écrivains qui ont tous pris le maquis à l’époque et qui reviennent à partir des années 1990.

Je ne connaissais que Duong Thu Huong, dont j’ai eu le plaisir de découvrir une de ses nouvelles. Mais dorénavant, je retiens aussi le nom de Phan Huy Duong (qui a également traduit tout le recueil et est traducteur de plusieurs volumes de Duong Thu Huong), de Duong Thanh Vu, de Bao Ninh. Lire la suite

Un monde idéal où c’est la fin / J. Heska (2013)

un monde idéal

Je remercie J. Heska et sa chargée de communication pour l’envoi de ce livre voyageur, qui a un peu végété sur ma table de chevet avant que j’ai le courage de l’attaquer !

Il faut dire que le nouveau roman de J. Heska, dont j’avais adoré Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir et On ne peut pas lutter contre le système, n’en est pas vraiment un : c’est une série de micro-nouvelles, qui ne font parfois pas plus d’une page. Chaque nouvelle dessine un monde « idéal » dans lequel, la plupart du temps, l’être humain n’existe plus, avoir avoir démoli la Terre : la parole est donnée à nos descendants, singes savants ou robots qui se demandent qui pouvaient être ces mystérieuses bêtes à deux pattes … Ou alors nous sommes plongés dans l’Apocalypse elle-même, où nous assistons à la destruction des humains par une invasion de cafards ou de morts-vivants. Les hommes sont accusés de court-termisme, d’égoïsme, de tous les maux possibles, qui font que l’on détruit la planète petit à petit. Lire la suite

Nouvelles orientales / Marguerite Yourcenar (1938)

nouvelles orientales

Ces nouvelles orientales sont parues en 1938 (et une rajoutée en 1978), au nombre de dix : 4 d’entre elles sont des retranscriptions plus ou moins libres de fables ou de légendes authentiques. Mythes hindous, contes chinois, ballades balkaniques du Moyen-Age côtoient ainsi des faits divers, des superstitions de la Grèce et même une fantaisie de l’auteur (Notre-Dame-des Hirondelles). Elles ont d’abord été publiées séparément puis regroupées en un recueil.

A la limite du fantastique ou du merveilleux, ces contes d’amour et de mort m’ont tous touché différemment, en particulier :

–                    Le Lait de la mort (où une jeune mère est emmurée vivante mais parvient à nourrir son nourrisson jusqu’au bout, par un miracle maternel spectaculaire, et « dont le souvenir ne tient debout que dans les contes »)

–                    L’apologue chinois Comment Wang-Fô fut sauvé (alors qu’il avait été condamné par l’Empereur qui lui reproche de l’avoir trompé par ses tableaux : le monde qu’il a ensuite découvert n’était pas aussi beau … – « Wang Fô et son disciple Ling disparurent à jamais sur cette mer de jade bleu que Wang-Fô venait d’inventer. » )

–                    Le Dernier Amour du prince Genghi (terrible histoire d’un amour non rendu, qui a été la cause d’une dévotion amoureuse magnifique et terrifiante mais se heurte au temps qui passe..).

Courts mais intenses, les textes de Marguerite Yourcenar font pleurer, sourire et réfléchir tant elle se les ai réappropriés. Il faudrait pourtant les lire et les relire encore et encore pour en saisir toutes la profondeur et la symbolique …

Deuxième œuvre de Marguerite Yourcenar que je lis, après Les Mémoires d’Hadrien. Un auteur complexe, cultivé mais dont l’œuvre très riche vaut le détour.

Babelio ABC

Lettre Y !

Les livres non chroniqués cet été : Decoin, Ishiguro et Benacquista !

Plus l’on tarde à écrire les articles après la lecture, plus c’est difficile … Voilà pourquoi j’ai finalement décidé d’écrire quelques lignes rapides sur ces trois romans plutôt que de les laisser traîner plus longtemps. 1 roman français du XXe, un du XXIe et un britannique d’entre les deux (2000 !). Deux déceptions et une lecture très agréable (normal, c’est Benacquista !)

John l’Enfer / Didier Decoin (1977)

john l'enfer

New York vieillit … Cette ville qui fut indienne avec le petit village de Manhattan meurt de la lèpre des pierres, et personne ne peut rien y faire.

Personne, pas même le Cheyenne John l’Enfer, laveur de carreaux de son état, qui observe de son poste d’observation privilégié : les gratte ciels qu’il nettoie. « Le Cheyenne a toujours eu l’impression d’être le spectateur privilégié de cette ville à la surface de laquelle il ne prend pied que pour fermer les yeux. »

Et pourtant, même les Indiens, normalement non sujets au vertige, commence à en mourir. « Le douzième laveur de carreaux qui s’écrase en moins de six mois. Tous des Indiens. Je le croyais pourtant différents de nous autres, insensibles au vertige ? / Oui, ça se passe dans leur oreille interne. Maintenant, si ça se trouve, ils s’adaptent. Et ils en meurent. »

Mais à côté il y a le triangle amoureux formé par l’universitaire Dorothy qu’un accident a rendu temporairement aveugle; le marin polonais Ashon Mysha, désespéré car vieillissant, et John l’Enfer. Trois figures désespérées dans une ville qui agonise … « Tous deux savent que la cité dissimule sous sa poussière et son clinquant une charpente qui se sclérose davantage de jour en jour. »

John l’Enfer le Cheyenne et Dorothy l’aveugle provisoire sont des personnages qui seront vite oubliés dans mon panthéon littéraire. Je n’ai en effet absolument pas su m’attacher à leur histoire, présentée un peu en vrac à la manière d’un roman mal maîtrisé. Quel est le sujet exactement ? Les Indiens ? Les aveugles ? New York qui part en lambeaux ? Qui est réellement John l’Enfer ?

Que de questions auxquelles les 250 pages du roman ne m’ont pas permis de répondre …

Publié en 1977, le livre a pourtant reçu le Prix Goncourt. Mais décidément, cette histoire de ville qui se mine, ce personnage qui erre sans vraiment faire grand chose, rien ne m’a touché, rien ne m’a vraiment intéressé et je suis passée complètement à côté du texte.

J’ai lu ce livre pour Le Club des Lectrices ! Si vous voulez une analyse plus complète et enthousiaste, lisez plutôt l’avis de Lili Galipette qui est vraiment rentrée dedans …

***

Quand nous étions orphelins de Kazuo Ishiguro (2000)

orphelins

Christopher est parti de Shanghai quand il avait une dizaine d’années, après avoir perdu son père et sa mère. Vingt ans plus tard, il est devenu détective privé et s’est fait la promesse d’enquêter sur la disparition de ses parents, blessure qui n’a jamais été atténuée par le temps. Mais son histoire n’est pas seulement personnelle, car elle s’inscrit dans la période d’entre deux guerres, une périodes où les tensions n’étaient pas focalisées qu’en Europe : la guerre fait rage entre la Chine et le Japon, et le no man’s land qui s’est créé ne va pas faciliter les choses pour le jeune héros.

Récit chronologique à la première personne, j’ai retrouvé avec plaisir l’écriture de Ishiguro, que j’avais trouvé si vraie et si belle dans Les Vestiges du jour et dans Auprès de moi toujours. Ce roman m’a d’ailleurs enchanté dans la première moitié : on découvre petit à petit ce qu’est la vie de Christopher, grâce à un certain nombre de flash-back. Et puis petit à petit je me suis lassée de ce mode de narration (à force de se rappeler le passé, on se dit qu’on voudrait que le présent se déroule un peu plus vite) et l’histoire m’a parue traîner en longueur, jusqu’à une fin un peu décevante (mais bon, les miracles n’existent pas toujours en littérature) et une sensation d’inachevé qui m’a laissé sur ma faim.

Au final un beau roman mais inégal donc un peu décevant.

Babelio ABC

Lettre I !

 ***

Nos gloires secrètes / Tonino Benacquista (2013)

gloires

Lequel d’entre nous ne garde pas, enfouie au plus profond, sa gloire secrète?

Benacquista lui n’en doute pas pour ses personnages : chacun d’eux a un secret, chacun d’eux a une part d’ombre, mais aussi une part lumineuse dont ils ne sont pas toujours conscients.  Crime, maladie, vocation cachée, bienfaiteur inconscient, les 6 personnages de ces 6 histoires ont toutes un passé glorieux ou une vie intérieure bien plus exaltante que leur quotidien.

Moi qui n’aime habituellement pas les nouvelles, j’ai été séduit ici par l’unité de ton et les thématiques qui sont proches entre ces 6 textes, des textes profonds qui se suffisent aussi à eux-même. Un vieil homme qui ne vit que par les parfums; un musicien milliardaire qui a réussi grâce à une humiliation à l’école; un meurtrier qui se dénonce 19 ans après son crime, avec soulagement; un enfant mutique qui voit ses parents se ressouder face à sa maladie :

mêlant conte et humour, Benacquista est souvent bienveillant envers les faiblesses avouées de ses personnages, qu’il met en valeur par des chutes parfaitement calculées et qui font souvent la richesse de ce genre sous-évalué.

En bref, un très bon moment même si les 6 textes n’ont pas retenu mon intérêt de la même façon …

Je ne peux que vous le conseiller !

Amok / Stefan Zweig (1922)

amok

Ce recueil de Stefan Zweig rassemble trois nouvelles qui ne sont pas regroupées dans un ensemble cohérent pour rien. Dans ces trois textes il est descendu « dans les caveaux, dans les cavernes profondes et dans les cloaques du cœur où s’agitent, en lançant des lueurs phosphorescentes, les bêtes dangereuses et véritables de la passion, s’accouplant et se déchirant dans l’ombre, sous toutes les formes de l’entremêlement le plus fantastique« . Bref, il a mis en scène la passion, sous trois de ses manifestations, de deux hommes et d’une femme, envers une tierce personne indifférente. Lire la suite

Je vais passer pour un vieux con / Philippe Delerm (2012)

Cette chronique sera rapide. Pour mon premier Philippe Delerm, je ne vais en effet pas être très bavarde, et faire court, comme l’auteur lui-même dans son recueil de « petites phrases qui en disent long » !

De « Vous n’avez aucun nouveau message » (qui m’a rappelé un certain sketch …) à « J’ai fait 5 ans de piano », en passant par « Je vais relire Proust » (et sur celui-ci, il a vraiment raison, il y a un traumatisme français lié à Proust qui m’étonnera toujours !), Delerm passe au scanner des expressions, exclamations, qui reviennent souvent dans notre société. Lire la suite

La librairie Tanabe / Miyabe (1993)

Lu pour le Club des Lectrices !

La Librairie Tanabe nous avait séduit par son titre et la défense de George qui proposait ce roman pour le mois de novembre des Lectrices. Au fur et à mesure que les membres du Club le découvraient, j’avais pourtant de moins en moins envie de le lire :

1) ce sont des nouvelles

2) policières qui plus est.

Je l’ai donc attaqué de mauvaise grâce, car vous savez que ce ne sont pas mes genres favoris … Et bien j’ai été surprise !

1) Finalement, si ce sont en effet des récits distincts, ils se suivent chronologiquement et ont une unité de lieu et de personnages qui renforce leur cohérence.

2) « récits policiers » est un bien grand mot, sachant que ce sont des petits enquêtes sympathiques …

Mais laissez-moi vous en dire plus ! Lire la suite

A travers les champs bleus / Claire Keegan (2012)

Je ne vais beaucoup développer cet article, car j’ai parlé de Claire Keegan, de son style et de ses œuvres lors de son interview il y a quelque temps.

Moi qui ne suis pas très habituée à lire des nouvelles – trop courtes, chute mal contrôlée, histoire amputée ? – je reste pourtant admirative face à la maîtrise de Claire Keegan au fil de ses textes. Les 8 récits qui composent ce recueil sont magnifiques, et nous emmènent temporairement suivre la vie de quelques personnages. Lire la suite

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :