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Les trésors de la langue française

Un petit mot du dimanche !

Mot du dimanche

Pour ce dimanche neigeux, je voulais partager avec vous un mot que j’ai appris cette semaine … Enfin ‘appris‘ c’est un peu trompeur, car en réalité, en réfléchissant bien je le connaissais, simplement je n’avais jamais eu l’occasion de l’employer, et ne l’ai jamais entendu. Par contre, nous entendons tout le temps parler de son contraire …

C’est le mot Xénophilie.

En effet, la xénophobie désigne une peur, une crainte, et même aujourd’hui une hostilité envers ce qui est étranger, et les étrangers en général. La xénophobie est relative à notre culture, à notre identité, à notre pays.

Mais il existe également des gens qui sont dits xénophiles !

De la même racine grecque « xenos« , qui désigne l’hôte et se rapporte à la fois à celui qui reçoit et à celui qui est reçu, d’où le sens d’étranger. Apparus au XXe siècle, les deux termes xénophobe et xénophile n’ont malheureusement pas connu le même succès ...

Qui serait xénophile ? Quelqu’un d’ouvert aux cultures étrangères, qui accueillerait les étrangers comme une source possible d’enrichissement et non une menace.

Je peux affirmer que beaucoup d’entre nous sont donc très xénophiles, en ce qui concerne la littérature en tout cas ! Pour ma part je ne refuse jamais de lire un roman ou un essai étranger, et ils m’intéressent souvent beaucoup plus car ils me permettent de comprendre une autre culture, une autre manière de pensée, et m’incitent à réfléchir sur ce qui fonde la différence entre les hommes … Et cette réflexion au départ littéraire me guide au jour le jour …

Amis du dimanche, bonne journée à vous !

xénophilie

Le mot du dimanche – 4 : Concours (…)

Bon et bien comme c’est d’actualité, je vous ressert de nouveau le terme Concours, au cas où vous l’auriez loupé … et puis de toute façon je suis incapable de penser à autre chose !

Le terme « concours » est emprunté au latin concursus « affluence vers le même point », « rencontre », « prétentions rivales ». S’il a perdu sa valeur spatiale, « rencontres de plusieurs personnes à un même endroit », la notion de rencontre a pourtant donné deux extensions divergentes en parlant de personnes :

« action de coopérer » (1644) = apporter son concours par exemple …

– et surtout « action d’entrer en compétition » (1660) lorsque la sélection se fait par ordre d’excellence et non pas selon un critère extérieur (ceci dit, en ce qui concerne les concours des bibliothèques, et des concours français en général, je suis pas bien certaine de la réalité de ce dernier point … et je ne dis pas ça seulement parce que j’ai échoué à l’oral à ce même concours l’année dernière, parce que je paraissais trop jeune … bref, hum passons.)

Voilà, voilà, c’était histoire de vous mettre également un peu dans l’ambiance. Et puis au cas où je sèche jeudi et vendredi, je pourrais toujours écrire ça … (c’est mieux que de leur parler de Roland-Garros)

Espèce de Bachi-Bouzouk !

Un petit mot du dimanche très rapide, au milieu de mes vacances (non non, elles ne tirent pas sur la fin, c’est pas vrai !), pour rire un peu en ce jour important pour la France.

Espèce de Bachi-Bouzouk ! C’est l’insulte favorite du Capitaine Haddock, et c’est une expression qui revient de temps en temps dans mon entourage …

Mais qu’est-ce qu’un bachi-bouzouk ?

En turc, c’est littéralement une « tête non standardisée », un « irrégulier ». Il désignait les cavaliers mercenaires de l’empire ottoman avec un armement non standardisé et en pratique très léger, et une discipline faible. Ils participèrent notamment au siège de Vienne. Ces cavaliers n’ayant aucune formation militaire, ils ne portaient pas tous le même chapeau, c’est pour cela que les Turcs les surnommèrent « başιbozuklar », « les têtes non standardisées ».

Il a été francisé en bachibouzouk après la guerre de Crimée (1854-1856) où ont opéré beaucoup de başιbozuklar, puis employé par Baudelaire (Curiosités esthétiques,1867) et Maupassant (C’était [Mohammed-Fripouille] un vrai bachi-bouzouk, hardi, noceur, féroce et gai, d’une gaieté calme d’oriental. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 2, Mohammed-Fripouille, 1884).

Un chef bachi-bouzouk peint par Gérôme en 1881

***

Et voilà, maintenant vous pourrez utiliser cette insulte et si quelqu’un vous interroge, vous saurez d’où elle vient … 🙂

Le mot du dimanche 10 – Les mots que l’on confond

Aujourd’hui, grand retour du mot du dimanche après quelques semaines d’arrêt !

Quelques leçons que j’ai puisées dans un super livre offert par ma Lili Galipette :

C’est dans ce livre que j’ai pu corriger mon français et éviter des erreurs courantes … par exemple :

Dit-on que l’on nous rabat ou que l’on nous rebat les oreilles ?

Apporte-t-on ou amène t-on un gâteau ?

On peut redouter une collusion ou une collision politique ?

Met-on au jour ou à jour des dysfonctionnements ?

Un auteur est-il mythifié ou mystifié par ses admirateurs ?

Hahaha ! Vous ne vous êtes jamais posés ces questions ? Et pourtant, c’est essentiel pour bien se faire comprendre et éviter des malentendus qui pourraient s’avérer … désastreux !

Eh bien grâce à moi, vous allez pouvoir y répondre et étaler votre maîtrise de la langue française à votre prochaine réunion entre amis … !

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Le mot du dimanche – 10 : Echolalie !

Pour les initiés aux secrets de Babelio, et pour les encore plus initiés au café littéraire de ce site, ce mot du dimanche ne vous étonnera pas …

En effet, c’est le mot qui a été choisi pour le texte du mois de mars, après une lutte acharnée avec « foulard » notamment !

Or, comme en ce moment mon stylo me démange, j’ai décidé de participer à ce club, et d’écrire un texte … Je ne vous dévoilerai pas mon idée, mais en attendant, j’aimerais faire un petit point sur ce mot étrange, ÉCHOLALIE, que je connaissais pas encore la semaine dernière …

Écholalie fait référence à « l’écho », emprunté du latin echo (« son répercuté »), lui-même emprunté au grec êkhô (« bruit », « bruit répercuté »).

Employé au XIIIe siècle avec le sens de « son renvoyé par une surface qui le répercute », il s’utilise ensuite au XVIIe siècle au sens figuré pour une « personne qui répète quelque chose ». Puis, à la fin du XVIIe, le mot prend le sens de « lieu où se produit l’écho », et par métaphore, celui de « reproduction, imitation ». De là vient l’emploi pour « ce qui est répété par quelqu’un » puis au XIXe siècle, dans le domaine du journalisme, pour des « nouvelles » (les échos d’un journal). Enfin, le terme est employé, par extension à l’idée de résonance, de correspondance, avec le sens « d’accueil, de réactions favorables, sympathiques », par exemple : « j’ai eu de bons échos ».

Le terme « écholalie« , quant à lui, est apparu à la fin du XIXe siècle, dérivé de l’allemand. Il est formé grâce au grec lalia, « bavardage, babil ». C’est un terme surtout utilisé en psychiatrie qui désigne la répétition automatique par un locuteur des paroles prononcées par son interlocuteur.

Il y a donc de quoi faire un texte rigolo que, j’espère, vous lirez dans le courant du mois de mars !

Bon dimanche !

Le mot du dimanche 9 – Littérature

Aujourd’hui, j’annonce la couleur, le mot du dimanche est : LITTERATURE !

Puisqu’en ce moment, certains blogs relancent l’éternelle question de ce qu’est la littérature, il m’a semblé intéressant de revenir sur son étymologie.

Le mot « Littérature » est emprunté au XIIe siècle au latin litteratura, l’écriture, « ce qui concerne les lettres » et la « production de livres par l’écriture« , venant de littera, la lettre.

Au départ, il est employé au sens de « caractère de ce qui est écrit », défini par littéralité par l’usage moderne. Au XIVe siècle, le moyen français lui donne le sens « d’érudition, connaissance acquise, savoir (issu des livres)« . C’est la même acception qui est constatée jusqu’au XVIIIe siècle.

Il faudra attendre la seconde moitié du XVIIIe siècle pour voir apparaître le sens moderne d« ensemble d’ouvrages publiés sur quelque chose » (d’après l’allemand Literatur), et surtout celui d’« ensemble des oeuvres, des textes relevant des belles-lettres » dont l’attestation précise est difficile à déterminer.

Plus spécialement, le terme s’applique aux oeuvres écrites dans la mesure où elles portent la marque de préoccupations esthétiques reconnues comme telles.

C’est à la fin du XIXe siècle qu’il commence à désigner ce que l’on trouve dans les romans par opposition à la réalité, avec parfois un sens péjoratif.

Au XXe siècle, il s’étend à tout usage esthétique du langage, même non écrit (littérature orale).

Le terme a enfin produit des dérivés amusants, peu utilisés :

  • Littéraillerie
  • Littératurisme
  • Littératurer (Flaubert)

De cette définition, il n’y a qu’un pas, que je saute allégrement, pour que j’adhère à la conception de George comme quoi tout écrit n’est pas littérature, et de loin. Pour cela, et l’étymologie et l’histoire du mot le confirment, il faut qu’il y ait une « préoccupation esthétique reconnue comme telle. »

On ne peut nier qu’un large pan de la littérature, qu’elle soit contemporaine ou non d’ailleurs, ne répond pas à ce critère. On ne peut donc pas lui accoler l’étiquette de « littérature« , si l’on s’en tient au sens strict.

Le terme de littérature, on l’a vu, n’a pas de rapport avec la question de l’histoire traitée, mais s’en tient principalement à la forme du texte (la manière dont on la traite) et à l’objectif poursuivi par l’écrivain qui la produit.

Certes, pour certains la frontière peut être floue. Pour d’autres, elle est très claire, et cette catégorisation me satisfait. Je ne dis pas par ailleurs que ce qui n’est pas littérature est mauvais (il y a de très bons textes), c’est simplement qu’ils n’obéissent pas aux impératifs et caractéristiques essentiels qui définissent la littérature.

Il faut donc arrêter de se poser cette sempiternelle question. Le terme « littérature » n’est pas élitiste ou quoi que ce soit. Il n’est pas non plus réservé aux romans dits « classiques ». C’est simplement une étiquette qui porte le constat d’un effort, d’un travail esthétique du producteur des textes. Il n’est pas réellement question de jugement de valeur (des textes peuvent être considérés comme très bons, mais peu de gens pourront défendre leur valeur esthétique … à moins d’être de mauvaise foi !).

La littérature est un art.

Le mot du dimanche – 8 : Calligraphie

Bonjour !

Comme toujours, on finit la semaine avec un mot, et l’on bosse un peu sur l’histoire de la langue française !

Aujourd’hui, un mot inspiré de mon emploi du temps récent : calligraphie !

La preuve en image :

J’étais en effet hier à un atelier de calligraphie médiévale, organisé par la médiathèque de Limay (dans les Yvelines, Ile de France). Elle était animée par le calligraphe Thierry Richard, fort sympathique, et qui a bien voulu m’écrire le nom du blog en écriture médiévale …

Mais justement, d’où vient la calligraphie et le terme qui la désigne ?

Provenant de kallos « la beauté » en grec; et de grapho, « écrire », c’est l’art de bien former les caractères d’écriture. Il est attesté en France au XVIe siècle. Presque toutes les civilisations qui pratiquent l’écriture ont développé un art de la calligraphie. En Occident, elle est l’art des moines copistes, mais aussi de grands calligraphes chargés de contribuer au prestige des souverains et de l’aristocratie.

Il existe des dizaines de calligraphies :

Arabes

– Chinoises

– Latines

Dans ce dernier cas, c’est toute l’histoire de l’écriture occidentale qui peut-être retracée par l’évolution des alphabets et de la manière de les transcrire :

L’alphabet latin des débuts a donné naissance à une multitude de variantes regroupées en familles (dont des branches mortes) :

  • les écritures romaines :
    • capitale, rustica, quadrata, onciale, semi-onciale ;
  • les écritures insulaires (celtique) ;
  • les écritures caroline puis gothique primitive ;
  • les écritures gothiques :
    • textura, capitales lombardes, bâtarde anglaise et bâtarde flamande, rotunda, cursive ;
  • les écritures humanistiques :
    • capitales, chancelière (cancellaresca, ou écriture de chancellerie, également appelée pour l’imprimerie « italique ») ;
  • les écritures françaises classiques : ronde, bâtarde, coulée
  • les écritures anglaises
  • la gestuelle (calligraphie actuelle pratiquée avec des pinceaux, divers types de plumes, des outils détournés comme le tire-ligne, le folded-pen…). Le terme ne doit pas faire oublier que toute calligraphie est gestuelle.

etc, etc. Je ne vais pas vous faire un cours de calligraphie, mais simplement je voulais vous parler de ces quelques éléments, qui me semblent importants.

Petites anecdotes en vrac

  • La lettre -k n’a été utilisée que tardivement dans l’alphabet latin. En effet, pourquoi créer une nouvelle lettre alors que le son pouvait être rendue par « ca » ? C’est logique … 🙂
  • Certaines règles orthographiques peuvent être dues à des erreurs. Pourquoi forestier et forêt ? Parce que quand on recopie des milliers de pages tous les ans, on fait des erreurs (surtout que la plupart des moines ne savaient pas forcément lire). Les moines correcteurs ont donc trouvé un moyen de corriger ces fautes : l’oubli du « s » a donc été signalé par un chapeau sur la lettre précédente.

Génial non ?

Allez bonne fin de dimanche et bonne semaine !

Le mot du dimanche – 7 : où je reviens sur l’étymologie d’étymologie …

Lors d’une rencontre avec deux célèbres blogueuses, elles m’ont fait remarquer que j’aurais dû parler du mot « lecture » bien plus tôt dans mes mots du dimanche. Par la même occasion, elles m’ont suggéré de définir aussi étymologie, puisque c’est à l’étymologie je m’attaque ici !

Alors voilà :

Le terme est apparu au XIIe siècle, emprunt savant au latin classique etymologia, lui-même emprunté au grec etumologia (parce que faut pas rêver, les Romains n’ont jamais rien inventé … ;)).

Il est formé de etumos, « vrai« , qui se retrouve substantivé dans le sens » l’élément véritable, authentique d’un mot » et de logia, « étude, recherche ». La signification initiale de etumologia est donc « la recherche du vrai sens d’un mot ».

Elle consiste à établir des relations entre un mot donné et d’autres éléments linguistiques. Elle reste très longtemps liée à la rhétorique, et aussi employée en philosophie pour la « vérité d’une chose, incluse dans le mot qui la désigne ». C’est l’idée de Platon, exposée dans le dialogue de Cratyle selon laquelle le mot n’est pas arbitraire, entretenant un fort rapport avec l’idée et la chose. Je suis tout à fait d’accord avec cette idée !

Le terme reste peu fréquent jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Dans le Littré au XIXe siècle, il est défini comme la « doctrine de la filiation des mots au cœur du temps« . A partir des années 1960, intervient un glissement de sens, puisqu’il se dit aussi pour « histoire d’un mot, d’un vocabulaire. »

Et voilà comment on en est arrivé à notre acception du mot « étymologie« , qui est pour moi si essentielle car elle explique les racines et l’évolution d’une langue, indispensables si on veut bien la parler et l’écrire…

Bon dimanche !

Le mot du dimanche – 6 : Lecture !

Aujourd’hui, je m’attaque à un mot familier, mais dont je ne connaissais pas l’étymologie ni l’origine historique, ce qui est proprement scandaleux (je ne sais comment j’ai pu vivre jusqu’à présent sans savoir cela )

Que veut dire le mot lecture et d’où vient-il ? 

Jusqu’au XIIe-XIIIe siècle, on utilisait le mot litre, leiteur.

Au XIVe siècle, on emprunte lector au latin, qui signifie « qui lit pour soi, lit à haute voix pour le compte de quelqu’un »; mot dérivé de legere, lire.

Le lecteur désigne d’abord le clerc chargé de lire les leçons dans le culte chrétien, puis plus largement, celui qui lit à haute voix.

Le terme continue à évoluer dans ces deux acceptions :

  • Dès le XIVe, le mot se spécialise, notamment dans l’enseignement : c’est d’abord un professeur de cours publics, et aujourd’hui, par l’emprunt de l’allemand Lektor, un professeur adjoint pour l’enseignement d’une langue vivante à l’université (dès le XIXe siècle).
  • L’acte de lire. Cette signification a conduit à une autre spécialisation, dans le métier de l’édition cette fois, au XIXe siècle : il désigne celui qui lit et corrige les épreuves, et celui qui lit les manuscrits.

    Le sens que l’on connait : lire à voix haute, est apparu dès le XVe siècle; puis dès le XVIe siècle, il prend le sens élargi de « action de prendre connaissance d’un texte en le lisant pour soi », que nous connaissons.

  • Par métonymie, le terme désigne aussi ce qu’on lit.

 

Et voilà ! lecteurs, lectrices qui me lisent, vous en savez déjà plus sur vous-même !

Bon dimanche !

 

Le mot du dimanche – 5 : papillon !

En l’honneur de mon changement de logo et du visuel de mon blog, je me penche sur le mot « Papillon » pour comprendre d’où il vient ! L’occasion aussi d’évoquer ma passion pour la chasse photographique des lépidoptères …

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Le mot du dimanche – 3 : Obnubiler

A sec cette semaine, j’ai décidé d’ouvrir mon dictionnaire au hasard et je suis tombée sur ce terme :

OBNUBILER

1) J’ai été très heureuse d’apprendre que je me trompais depuis 20 ans en prononçant ce mot puisque j’ai toujours dit obnibuler

2) J’ai toujours trouvé ce mot très drôle.

3) Du coup, je me suis dit que j’allais vous embêter avec ça !

Ce charmant mot est emprunté au latin en 1330, de obnubilare, « couvrir de nuages » (nubilare, être couvert de nuages) ou « perdre connaissance » au figuré. Par la suite, il prend le sens d’obscurcir les facultés de l’esprit, perdant rapidement son rapport au sens propre avec les nuages. Dès le XIVe siècle, il entre dans le langage courant avec le sens dérivé de « obséder », « hypnotiser ».

C’est passionnant !

Conclusion :

1) Maintenant je ne me tromperais plus et je penserais aux nuages :

2) Je le trouve toujours aussi drôle

3) Vous vous coucherez moins bête ce soir, vous pouvez me remercier, non ? 😉

 

Vive l’étymologie et bonne semaine à tous ! 🙂

PS : si seulement il pouvait y avoir un tel ciel à Paris cette semaine … *soupirrrr* de la fille du Sud en regardant Météo France (que je songe de plus en plus à boycotter pour éviter de me faire du mal …)

Le mot du dimanche (2) – Fruste !

Aujourd’hui, je veux revenir sur une faute qui est faite fréquemment : la prononciation du mot « fruste« . Que nous avons tendance à prononcer « frustre« . Il y a une explication à cette faute : la proximité du mot « fruste » avec le verbe « frustrer ».

Or, l’étymologie permet de comprendre que cette faute, si elle est commune, n’a pas de sens puisque les deux mots n’ont que peu de rapport dans l’histoire de la langue française.

Frustrer représente un emprunt, au XIVe siècle au latin frustrare, « rendre vain » dérivé de l’adverbe frustra, « en vain ». Frustrer signifie « priver quelqu’un d’un avantage escompté », et par extension, « ne pas répondre à une attente ». Par l’usage en psychanalyse, le verbe a pris, au milieu du XXe siècle, le sens de « mettre quelqu’un dans une situation de déception ».

Fruste vient de l’italien frusto, « usé », emprunté au XVIe siècle, dérivé du latin frustare, « user » Par extension, il peut signifier « dont le relief est grossier ». Au milieu du XIXe, il s’applique à une personne mal dégrossie, peut-être sous l’influence de rustre, ce qui pourrait expliquer du coup la faute « frustre« .

Et voilà ! maintenant, non seulement vous ne ferez plus l’erreur, mais en plus vous serez capable d’expliquer à vos collègues éblouis d’où vient cette faute fréquente et pourquoi il ne faut pas la faire … !

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