Recherche

Le Blog des Livres qui Rêvent …

Catégorie

Littérature africaine

Dieu n’habite pas La Havane / Yasmina Khadra (2016)

khadra havane

« Don Fuego » est un vieux chanteur cubain, roi de la rumba, qui conquiert encore les foules dans son cabaret de La Havane … enfin surtout des foules de touristes qui veulent se faire prendre en photo avec lui ! Lorsque le cabaret est privatisé, il n’a aucun doute : il va vite retrouver un lieu où chanter, La Havane n’attend que lui. Sauf que ça ne va pas tout à fait se passer comme ça …  Dieu n’habite plus La Havane ! Mais tandis que son univers s’écroule, il rencontre une jeune femme qui va le bouleverser.  Lire la suite

Petit Piment / Alain Mabanckou (2015)

piment

Petit Piment gagne son surnom un jour où il défie des jumeaux maléfiques, pensionnaires dans le même orphelinat que lui, à 20 km de Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville (ex-République populaire du Congo). Autrement son nom de baptême est Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko (« Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres », en lingala), abrégé en Moïse. Pour la facilité de lecture de cet article, je vais m’en tenir à Petit Piment ! Ce surnom est d’ailleurs celui qu’on donnait à Alain Mabanckou, gamin de Pointe-Noire qu’il décrit dans un texte autobiographique intitulé « Mes amours d’antan ». Passé ce détail (et quelques autres), Petit Piment n’est pas de l’autofiction mais un vrai roman, aux allures de fable. Lire la suite

La maison de Sugar Beach / Helene Cooper (2008)

sugar beach

Comment se reconstruire après avoir quitté tout ce que l’on aimait, tout ce que l’on connaissait ? Comment devenir une figure parmi d’autres aux États-Unis alors qu’on était tout à l’autre bout du monde ?

Helene Cooper nous emmène au fin fonds de sa mémoire par un roman autobiographique efficace, à la fois tragique et drôle. Elle nous raconte ainsi son enfance dorée, une enfance de Congo, ces descendants d’esclaves américains qui ont fondé le Liberia en 1822 et ont conservé le pouvoir jusqu’en 1980.

« Lorsqu’ils eurent le choix entre l’Amérique et l’Afrique, ils choisirent l’Afrique. Ainsi, cent cinquante ans plus tard, mon enfance ne serait pas celle d’une petite Noire américaine soumise aux préjugés raciaux contre les parasites de l’assistance sociale. Je n’allais pas non plus connaître le lourd destin des petites Africaines subsahariennes, qui ont une espérance de vie d’une quarantaine d’années, quittent l’école à onze ans pour aller chercher de l’eau et cuire le repas sur un feu de charbon, et mettre au monde des bébés à peine plus jeunes qu’elles. « 

Un siècle et demi donc pendant lequel les autochtones sont écrasés, leur parole tue et leurs droits oubliés. Et puis, le 12 avril 1980, alors que la petite Helene pense vivre une journée comme les autres, tout bascule. Et le Liberia sombre dans une terrible guerre civile – qui n’épargnera pas sa famille puisque son oncle sera exécuté et sa mère violée – et un chaos qui dure encore de nos jours. Les dictateurs se succèdent, les carnages se multiplient et les Libériens tentent de survivre …

« Le 24 décembre 1989, Charles Taylor prend possession du Liberia et décime le peu qu’il reste à décimer dans le pays après 8 années de massacres et mauvaise gestion sous Samuel Doe. Les Congos du Liberia et une majorité croissante d’Indigènes pensaient avoir connu l’horreur sous Doe. Avec Charles Taylor, ils vont découvrir que l’horreur a des profondeurs encore insoupçonnées. »

A chaque nouveau coup d’État, c’est une nouvelle ethnie qui est portée au pouvoir, et punit les autres.

Roman historique donc, écrit par la plume d’une journaliste du New York Times qui analyse tous les tenants et les aboutissants de 20 ans d’histoire mouvementée de ce petit d’Afrique. Mais roman autobiographique aussi, où elle dit toute la douleur d’une enfant qui n’a rien demandé, qui ne comprend pas tout et à qui on demande le plus grand des sacrifices : quitter sa maison, sa famille, son pays, ses amis, sa langue. « Comment tu emballes, forces, comprimes ta vie dans deux valises ? ».
Et pourtant, malgré tout, elle parvient à se reconstruire : elle obtient la nationalité américaine, et puis elle finit pas retourner au Liberia, 23 ans plus tard, en tant que journaliste, pour s’apercevoir que le pays qu’elle a quitté à 13 ans n’existe plus, à part dans sa tête.

A partir de sa propre histoire, touchante – même si il lui arrive de rire de la petite fille qu’elle était alors, avec sa lucidité d’adulte – Helene Cooper a écrit un récit passionnant sur le Liberia tel qu’il fut et tel qu’il est aujourd’hui, faisant se télescoper petite et grande histoire. On en apprend à toutes les pages, on grimace devant les atrocités et la folie des hommes, on souffre avec elle, et au final, on termine ce roman essoufflé et décoiffé comme après une longue lutte !

sugar beach

 

***

challenge

Autobiographie !

livre poche

Au pays / Tahar Ben Jelloun (2009)

au pays jelloun

Ouvrier marocain immigré en France, Mohamed voit arriver le moment attendu par tant de travailleurs : la retraite. Mais il se rend compte qu’il n’a aucune envie de s’arrêter, de quitter l’usine où il travaille depuis tant d’années. Il ne se considère pas comme vieux et a l’impression qu’il pourrait travailler encore dix ans.

« Arrêter de travailler, rompre un rythme acquis depuis une quarantaine d’années, changer ses habitudes, ne plus se lever à cinq heures du matin, ne plus passer sa blouse grise, s’adapter à une nouvelle vie, changer de peau, de mentalité, faire mal à ses vieilles habitudes qui lui servaient de béquilles, qui lui donnaient ses repères, arrêter de travailler c’est apprendre à s’ennuyer gentiment, apprendre à ne rien faire sans tomber dans la tristesse. » Lire la suite

Les bouts de bois de Dieu / Ousmane Sembene (1960)

bouts de bois

Les bouts de bois de Dieu, c’est le nom que se donnent eux-mêmes les cheminots de la ligne du Dakar-Niger. Des cheminots africains qui, un jour, se disent qu’il est anormal qu’ils aient des droits différents de ceux des travailleurs français : pourquoi n’auraient-ils pas le droit à une retraite ? A des allocations familiales ? A des aides de toute sorte ? Ils sont considérés comme Français lorsque leur force de travail est requise, mais pas lorsque l’Etat français a des devoirs envers eux …

« Encore une fois, il ne s’agit ni de la France, ni de son peuple, il s’agit d’employés qui discutent avec leurs employeurs ». Lire la suite

Une saison blanche et sèche / André Brink (1979)

Saison blanche

Lu pour mon Challenge Tour du Monde, pays Afrique du Sud, ce roman s’est révélé parfait pour illustrer mon état d’esprit lorsque j’ai entamé ce défi personnel : découvrir de nouvelles littératures, mais aussi des pays sur lesquels on lit peu et en apprendre davantage sur certains épisodes historiques qui semblent être passés à la trappe. Lorsque l’on parle de l’apartheid, on évoque Mandela, sa lutte pour la défense des Noirs, mais on écrit peu sur cela désormais. Pour ma part, c’était la première fois que je lisais un roman sur cette histoire. Et j’ai été terrifiée.

André Brink est l’une des plus célèbres plumes sud-africaines. Lors de la parution d’Une saison blanche et sèche, le roman a été interdit de publication en Afrique du Sud. Dans le même temps, il recevait le Prix Médicis étranger en France … Lire la suite

Le terroriste noir / Tierno Monemembo (2012)

En plein cœur de la Seconde guerre mondiale (oui encore un roman sur ce thème, la rentrée en est pleine !), les habitants d’un petit village des Vosges découvrent un soldat « nègre » réchappé de la débâcle de 1940. Ce Guinéen, adopté en France à l’âge de 13 ans, va faire sensation auprès des villageois.

« Il y a un nègre dans la rue Jourdain
– Et qu’est-ce qu’il fait là, ce nègre ?
– Rien, il est juste en train de mourir. »

Petit à petit, il s’intègre à la vie du village, séduit. Et puis, en 1942, il entre dans la Résistance, créant le premier maquis des Vosges, et entraînant avec lui quelques-uns des habitants. Véritable diable noir, les Allemands le pourchassent et l’appellent « le terroriste noir », « Der schwarze Terrorist ! » Lire la suite

Aya de Youpougon (BD) / Marguerite Abouet et Clément Oubrerie (2005)

Histoire de changer un peu dans mon challenge Tour du Monde, je m’étais prévu cette BD, assez connu, d’une auteur ivoirienne. J’ai eu la chance de la trouver dans la bibliothèque où j’ai commencé à travailler ! Ou comment rajouter rapidement une lecture de plus à mon challenge …

Dans cette bande dessinée, Marguerite Abouet et Clément Oubrerie nous emmènent sur les traces d’Aya, une jeune fille de 19 ans, qui vit à Yopougon, quartier chaud d’Abidjan, à la découverte de la vie de jeunes gens à la fin des années 70. 

« En 1978, la Côte d’Ivoire, mon beau pays, connut sa première campagne publicitaire télévisée. Elle vantait les mérites de la Solibra, notre bière reconnue dans toute l’Afrique de l’Ouest. Dago, un comédien à la mode, en buvait une gorgée, ce qui lui donnait la force de dépasser les bus à vélo. » Lire la suite

Les racines du yucca / Koulsy Lamko (2011)

Un écrivain africain vivant à Mexico est atteint d’un mal incroyable : une allergie au papier …

C’est cette première phrase de la quatrième de couverture qui m’a laissé espérer à un roman intéressant, quoique à tendance loufoque. Celui-ci retrace le voyage de cet écrivain jusqu’à un village du Yucatán, où se sont réfugiés des rescapés de la guerre du Guatemala des années 1980. Au fil du temps, les habitants se confient, racontent leurs pertes, les massacres, les horreurs, leur fuite. Les souvenirs tissent un grand canevas qui retrace ce que fut cette guerre civile. Lire la suite

Notre-Dame-du-Nil / Scholastique Mukasonga (2012)

« Il n’y a pas de meilleur lycée que le lycée Notre-Dame-du-Nil. Il n’y en a pas de plus haut non plus. 2500 mètres, annoncent fièrement les professeurs blancs. 2493, corrige Sœur Lydwine, la professeur de géographie. « On est si près du ciel », murmure la mère supérieure en joignant les mains. »

Dans un pensionnat rwandais, des jeunes filles de la haute société sont élevées à l’écart du monde, sur un plateau situé à la source du Nil. Le lycée Notre-Dame du Nil, géré par des religieuses, est pourtant à la pointe de la modernité dans son action pour l’éducation des femmes : « Elle était assurée que sa fille recevrait au lycée Notre-Dame du Nil l’éducation démocratique et chrétienne qui convenait à l’élite féminine d’un pays qui avait fait la révolution sociale qui l’avait débarrassé des injustices féodales. » Lire la suite

Mémoire de porc-épic / Alain Mabanckou

Mémoires de porc-épic est le second volet d’une trilogie inaugurée par Verre Cassé, que je n’ai pas lu (mais ça ne va pas tarder ! :)) L’idée est la réception d’un manuscrit écrit par ce fameux Verre Cassé …

Parodiant librement une légende populaire selon laquelle chaque être humain possède un double animal dans la nature, il nous livre l’histoire d’un porc-épic, chargé par son alter ego humain, Kibandi, d’accomplir, à l’aide de ses redoutables piquants, toute une série de meurtres. Pour le plus grand désespoir des villageois qui ne satisfont pas les exigences de son maître, le porc-épic est bien obligé d’obéir, pendant plus de quarante ans.

Une fois son maître mort, au crépuscule de sa vie, le vieux porc-épic décide de se confier à un baobab, et d’expliquer quelle a été sa vie. « la parole, me semble t-il, délivre de la peur de la mort, et si elle pouvait m’aider à la repousser, à lui échapper, je serais alors le porc-épic le plus heureux du monde ». De sa vie en groupe de porc-épic à son lien avec son maître, lorsqu’il devient un « double nuisible », jusqu’aux exactions qu’il commet, il n’omet rien et se dépouille devant nous. Lire la suite

L’enfant noir (1953) / Camara Laye

L’auteur (1928-1980)

Né dans un village africain, il obtient une bourse d’étude et part en France en 1946 où il étudie à l’École centrale d’ingénierie automobile où il obtient un certificat de mécanicien. Il se met alors à travailler tout en continuant ses études, le soir, au Conservatoire national des arts et métiers, et au Collège technique de l’aéronautique et de construction automobile.

Il obtient le diplôme d’ingénieur en 1956, et part en Afrique, au Bénin puis au Ghana. Camara Laye est le premier ambassadeur au Ghana. Il occupe différents postes en dehors du Ghana avant de revenir à Conakry, où il travaille pour le Département des accords économiques avant d’être nommé directeur de l’Institut national de la recherche et de documentation. Après des déboires politiques, il est emprisonné pour une courte période puis, dans le milieu des années 1960, il s’enfuit avec sa famille en Côte d’Ivoire, avant de s’installer au Sénégal, où il travailla comme chercheur à l’Institut fondamental d’Afrique noire.

Devenu chercheur, il arpente les Etats africains de l’Ouest afin de recueillir les récits des griots, ces poètes et musiciens de l’Afrique, dont le résultat fut Le Maître de la parole, publié en 1978. Lire la suite

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :