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Le Blog des Livres qui Rêvent …

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Littérature arabe

Le piano oriental / Zeina Abirached (2015)

piano

Attention, coup de coeur !

Nous sommes en 1960 à Beyrouth, Abdallah Kamanja est heureux : il a de nouvelles chaussures italiennes, dans lesquelles il va voyager en Europe pour présenter l’invention d’une vie, le piano oriental. Seul exemplaire au monde, ce piano permet de réaliser le quart de ton oriental, impossible sur les instruments traditionnels. Avec ce piano, Abdallah jette un pont entre l’Orient et l’Occident. 

Nous sommes en 2004 à Beyrouth, Zeina s’apprête à quitter sa famille pour faire ses études à Paris. Qu’il est compliqué de faire tenir 20 ans dans une valise de 23 kilos ! Et pourtant sa vie commence, entre le Liban et la France, deux pays où elle devra trouver sa place.  Lire la suite

2084 / Boualem Sansal (2015)

2084

Sous-titré « La fin du monde », 2084 est un roman qui a fait couler beaucoup d’encre au moment de la rentrée littéraire. J’ai laissé passer quelques temps avant de m’y attaquer, par peur surtout de ne trouver qu’une pale imitation du 1984 de George Orwell, comme pourrait le laisser entendre le titre.

Nous sommes donc en 2084, en Abistan, le pays où l’on célèbre le culte d’Abi – délégué de Yölah. Dans cette « lointaine » contrée, tout est sous surveillance : le cerveau des habitants est occupé à retenir les paroles de son prophète, à se conformer à ses idées – à ses ordres – et il en oublie de réfléchir … Tout est soumis à un mystérieux « Bigeye » qui surveille tout et tous.

« Toutes les pistes buissonnières ont été comptées et effacées, les esprits sont strictement réglés sur le canon officiel et régulièrement ajustés. »

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Les Clandestins / Youssouf Amine Elalamy (2001)

clandestins

Treize personnes se noient en traversant le détroit de Gibraltar pour rejoindre l’Europe. C’est Omar qui les trouve tous, rejetés par la mer sur la plage, comme une ultime riposte du vieux continent contre l’invasion. Petit à petit, les gens du village se rassemblent et les souvenirs émergent. Chaque noyé est nommé, invoqué, son histoire est retracée, ses actes jusqu’au point final. Chaque parent pleure son mort. Mais le silence leur répond.

« C’est l’histoire de douze hommes et une femme. La femme est enceinte : douze plus un quatorze. Quatorze personnages qui traversent le grand bleu dans le noir. Quinze avec le petit bateau en bois. Seize, avec la Lune qui les observe de son œil mort. Dix-sept avec la mer dans tous ses états. Dix-huit avec le panier à fruits. Dix-neuf même, en comptant le ver qui embarque à bord d’une pomme. » Lire la suite

Si je t’oublie Bagdad d’Inaam Kachachi (2008)

bagdad

Pour mon premier roman irakien, Si je t’oublie Bagdad fut une bonne lecture. Pourquoi celui-ci en particulier ? J’ai rencontré l’auteur il y a quelques années au Festival du Livre de Mouans-Sartoux (dans le Sud-Est) qui attire quelques grands auteurs chaque année. Du haut de mes 18 ans, j’étais tombée sous le charme de cette Irakienne passionnée, écrivain et journaliste qui vit en France depuis 1979. Je m’étais donc dit que j’attendrai la sortie poche de son roman. Et puis, comme il arrive souvent, j’ai oublié. Le mois dernier, je suis tombée dessus par hasard à la bibliothèque et je n’ai pas hésité !

La narratrice, Zeina, est d’origine irakienne mais sa famille a émigré aux Etats-Unis depuis une quinzaine d’années. Elle et son frère sont devenus Américains. Et puis la guerre en Irak éclate, et Zeina décide de s’engager comme interprète pour faciliter la communication entre son peuple d’origine et son peuple d’adoption. Mais il n’est pas si facile de revenir dans un pays où elle retrouve sa grand-mère qui ne comprend pas sa décision de se battre contre son propre peuple et tente de la marier avec un combattant extrémiste.
Zeina découvre aussi la guerre, et la vie dans un pays détruit. Lire la suite

Partir / Tahar Ben Jelloun (2007)

partir

Azel a une vingtaine d’années, un diplôme de droit en poche. Sauf qu’il vit au Maroc et que le taux de chômage des jeunes est tel que ces derniers n’ont pour solution que d’émigrer …

« Et toi, lui dit-il, que veux-tu faire plus tard
– Partir.
– Partie … ce n’est pas un métier !
– Une fois partie, j’aurai un métier.
– Partir où ?
– N’importe où, là-bas par exemple.
– L’Espagne ?
– Oui l’Espagne, França, j’y habite déjà en rêve.
– Et tu t’y sens bien ?
– Cela dépend des nuits. » Lire la suite

Les hirondelles de Kaboul / Yasmina Khadra (2002)

Les Hirondelles de Kaboul, par l’écrivain algérien Yasmina Khadra est un roman terrifiant. Le premier d’une trilogie sur les relations entre l’Orient et l’Occident. A travers quelques personnages très différents, un gardien de prison, un commerçant, il dépeint la société afghane actuelle, sous la coupe des talibans.

J’ai lu beaucoup d’ouvrages sur l’Afghanistan, des tonnes de romans ont été écrits. D’emblée, je peux dire que celui-ci ne sort pas de l’ordinaire, nous fournissant son lot de morts, de vexations envers les femmes et d’exactions horribles des talibans.

Je l’ai refermé, écœurée, mais sans rien avoir appris de plus.
Je l’ai refermé pourtant en me demandant encore et encore comment les femmes peuvent accepter de vivre sous de telles lois. Lorsqu’on entend un homme dire de sa femme : « Elle ne représente pas grand-chose en dehors de ce que tu représentes pour elle. Ce n’est qu’une subalterne. De plus, aucun homme ne doit quoi que ce soit à une femme. Le malheur du monde vient justement de ce malentendu. », on a presque envie d’éclater de rire tant cela semble sortir de la bouche d’un adolescent écrit et déçu par ses premières relations amoureuses. Et pourtant un pays entier vit sous ce régime. Et pourtant des millions de femmes endurent ces paroles et pire encore, de continuelles vexations, injustices (et les mots semblent faibles pour exprimer cela). Le pire étant pour celle qui ont connu la liberté auparavant, comme celle qui était avocate et du jour au lendemain est assignée à résidence, releguée aux soins ménagers par un régime atroce, et un mari qui ne peut qu’obéir malgré tout l’amour qu’il lui porte.

Comment peut-on accepter de vivre sous un tel joug ? Un des personnages nous donne une partie de la clé : « La peur est la plus efficace des vigilances ». La peur est partout bien sûr, la peur de souffrir, de mourir, cette peur si humaine (si tant est que la peur ne soit pas un sentiment purement humain). Et pourtant, à la fin du roman, on se demande si la mort n’est pas préférable à cette non-vie.

Une vie où « les joies ayant été rangées parmi les péchés capitaux, il devient inutile de chercher auprès d’une tierce personne un quelconque réconfort. Quel réconfort pourrait-on encore entretenir dans un monde chaotique fait de brutalité et d’invraisemblance, saigné à blanc par un enchaînement de guerres d’une rare violence; un monde déserté par ses saints patrons, livré aux bourreaux et aux corbeaux, et que les prières les plus ferventes semblent incapables de ramener à la raison. »

Difficile de dire mieux, de mieux résumer le chaos qui règne à Kaboul, dans les corps, dans les cœurs de chacun.

« Nous avons tous été tués. Il y a si longtemps que nous l’avons oublié. »

Je n’en dirai pas plus.

 

***

25 / 80 ! Algérie !

Méfiez-vous des parachustistes, nous dit Fouad Laroui ! (1999)

Le livre

Marchant dans une rue de Casablanca, l’ingénieur Machin reçoit sur la tête un parachutiste botté, casqué et moustachu. Emu par le désarroi du militaire, il croit bon de l’accueillir dans son appartement pour lui permettre de retrouver ses esprits. Fatale erreur ! Car le para décide de prendre le destin de Machin en main et s’installe à demeure …

Mon avis

C’est un roman qui semble complètement loufoque au premier abord, raconté par cet ingénieur marocain rentrant au pays après des années de formation en France. Il découvre alors un pays qu’il ne connaît pas, dont il ne partage ni la langue, ni les moeurs.  Lire la suite

Ce jeudi, on découvre la poésie arabe !

Aujourd’hui, je fais un bond à la fois dans le temps et dans l’espace pour vous parler du plus célèbre poète arabe du Xe siècle, Abū l-T̩ayyib Ah̩mad ibn al-H̩usayn al-Mutanabbī, ou pour faire plus court, Al-Mutanabbi.

Né à El- Kouffa (en Iraq) à l’époque de déclin de l’empire Abbasside, il est considéré comme le plus grand poète arabe, par sa maîtrise de la langue et la richesse des thèmes abordés.

Le nom « Al-mutanabbi », qui veut dire : celui qui se dit prophète, lui fut adjoint, durant sa jeunesse, quand il écrivit des textes qu’il disait être de Dieu : il se fit passer pour tel et déclencha une rébellion alors qu’il n’avait que 17 ans. Elle fut vite avortée.

A sa mort, il laisse 326 poèmes, qui racontent sa vie tumultueuse auprès des rois et nous dévoile le quotidien arabe du Xe siècle, ainsi que des réflexions sur la sagesse, la vie.

Peu connu en France, j’ai pensé qu’il serait intéressant de découvrir ce grand poète. Lire la suite

L’immeuble Yacoubian (2002) / Alaa Al-Aswani

L’auteur

Né en 1957 au Caire, Alaa Al-Aswani exerce la profession de dentiste en plus de ses travaux littéraires. Il contribue régulièrement aux journaux d’opposition et est proche des intellectuels de gauche. L’Immeuble Yacoubian est son premier roman, traduit en 2006 en France. Il a publié un nouvel ouvrage (un recueil d’articles) en 2010, encore non traduit en français, que l’on pourrait traduire par « Pourquoi les Egyptiens ne se révoltent-ils pas ?« . En 2011, il prend une part active à la révolution égyptienne de 2011, s’illustrant notamment le 2 mars 2011 dans un débat télévisé contre le premier ministre par intérim nommé par Moubarak Ahmed Chafik (qui démissionnera le lendemain).

Le livre

L’Immeuble Yacoubian, est un véritable phénomène d’édition dans le monde arabe et est rapidement traduit dans une vingtaine de langues, en plus de faire l’objet d’adaptations cinématographique et télévisuelle.

« En 1934, le millionnaire Yacop Yacoubian, président de la communauté arménienne d’Egypte, avait eu l’idée d’édifier un immeuble d’habitation qui portait son nom. Il choisit pour cela le meilleur emplacement de la rue Soliman-Pacha et passa un contrat avec un bureau d’architectes italiens renommé qui dessina un beau projet : dix étages luxueux de type européen classique : des fenêtres ornées de statues de style grec sculptées dans la pierre, des colonnes, des escaliers, des couloirs tout en vrai marbre, un ascenseur dernier modèle. »

Il décrit la vie de plusieurs habitants d’un immeuble dans le centre-ville du Caire, de statuts sociaux différents et aux destinées radicalement opposées. Lire la suite

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