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Le Blog des Livres qui Rêvent …

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Littérature Europe du Nord

3 romans écologiques pour le prix d’un : J.C. Rufin, G. Nygardshaug et C. Brunel

La guérilla des animaux de Camille Brunel, Le Zoo de Mengele de Gert Nygardshaug, Le parfum d’Adam de Jean-Christophe Rufin : ayant lu ces trois romans dans un temps très rapproché, je me suis dit que c’était l’occasion d’en fait un article commun ! En effet, ils ont pour thématique l’écologie et l’environnement, même si les auteurs ont choisi trois angles différents pour aborder ces sujets. Néanmoins leurs démarches sont proches, vous allez comprendre pourquoi.

guérilla

« Lorsque les chauves-souris commencèrent à tomber du ciel australien, quelque chose changea chez ceux qui en furent témoins. On avait eu moins de mal, au fil des siècles, à convaincre les gens de l’existence d’une entité supérieure toute-puissante que de l’intelligence des abeilles, des daims, des opossums et des oies sauvages. Ce jour-là on se mit à douter. Dieu existait peut-être un peu moins que les animaux eux-mêmes. »

Paru pour la rentrée littéraire 2018, La guérilla des animaux est un roman qui prend aux tripes : Isaac est un jeune homme plein de colère, en particulier pour les braconniers ou les chasseurs qui détruisent sciemment la nature et parfois des espèces protégées. Les premières pages du roman nous conduisent dans la jungle indienne, alors qu’Isaac abat des chasseurs venant de tuer une tigresse sur le point d’accoucher. D’un point à l’autre du globe nous le suivons dans sa démence vengeresse, pourtant argumentée et froidement calculée. Il décrit l’échec d’Isaac qui symbolise l’échec de l’animal : rendu fou furieux par ces massacres, l’homme décide d’en finir une bonne fois pour toutes avec toute vie animale … C’est un premier roman prometteur mais qui, pour moi ne va pas assez loin : le problème ne vient pas de quelques braconniers mais de bien plus haut, en particulier des Etats qui laissent faire et de l’ONU impuissante à protéger la planète.

En cela, le roman de l’auteur norvégien, premier tome d’une trilogie aux formes de thriller écologique, creuse la question plus en profondeur.

mengele

Mino a 6 ans quand son village et sa famille sont massacrés par des soldats sans scrupules qui veulent faire place nette pour un nouveau puits de pétrole dans la jungle amazonienne. Après bien des déboires, le jeune homme monte un plan de grande ampleur pour s’attaquer aux industriels qui détruisent la planète, par des barrages, la destruction de forêts, ou tout autre projet qui implique le massacre ou le déplacement de populations ou d’animaux. Le plan est parfait et l’auteur décrit avec efficacité la panique qui se répand dans les milieux industriels, tandis que la conscience populaire commence à bouger … Remarquablement documenté (publié en 89, tout est encore d’actualité), le roman est aussi très bien écrit, en particulier pour ses descriptions magnifiques de cette nature si belle qui est détruite davantage à chaque minute qui passe.

« Ils n’emploieraient ni armes à feu ni explosifs.Beaucoup avant eux avaient essayé de changer le monde en employant ce genre de moyens, et ils avaient échoué.Pour parvenir à des changements aussi radicaux, les humains devaient,comme toute autre créature sur cette planète, faire preuve d’humilité. Une simple bourrasque d’automne ne suffisait-elle pas à faire tomber toutes les feuilles jaunies d’un arbre ? Et une petite goutte d’eau, en gelant dans une fissure de roche, ne finissait-elle pas par faire éclater toute une montagne ? »

rufin

Pologne, printemps 2005. Juliette est une jeune militante écologiste, fragile et idéaliste. Elle participe à une opération commando pour libérer des animaux de laboratoire. Cette action apparemment innocente va l’entraîner au cœur d’un complot sans précédent qui, au nom de la planète, prend ni plus ni moins pour cible l’espèce humaine.

Voilà enfin une troisième réponse à la question de l’environnement : l’homme est l’espèce la plus polluante pour la planète, pourquoi ne pas en éradiquer sa partie la moins utile, c’est-à-dire les plus pauvres ? Sur fonds d’écologie radicale, J. C. Rufin va bien plus loin que les deux romans précédents en proposant un discours sortant du paradigme homme / animal. Un thriller brillant qui retourne nos idées reçues.

***

Pour conclure, ces trois romans sont la preuve, chacun à leur époque, que l’écologie est une question d’importance dans la littérature, qui répond ainsi à une de ses missions possibles : nous faire réfléchir, nous faire sortir de notre zone de confort, interroger notre relation à la planète, aux autres êtres qui y vivent et qui ont autant le droit que nous à la sécurité et au bonheur. Quand en plus, ce sont de très bons romans, remarquablement écrits et bien menés, peut-on demander davantage ? 

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire / Jonas Jonasson (2011) #Bestofthebest21

Vous pensez savoir comme les Etats-Unis ont inventé la bombe atomique ? Comment la Russie l’a eu ? Comment Staline est mort ? Eh bien vous vous trompez ! Jonas Jonasson nous propose une vision de l’Histoire pour le moins … originale !

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est le roman qui m’a fait le plus rire en 2012. A chaque page, incrédulité et bidonnage au cours de cette invraisemblable aventure faisant intervenir Allan, le terrible centenaire échappé de sa maison de retraite, mais aussi Mao, le président Truman, etc. Tout cela entrecoupé par une course poursuite halletante (pour nous) et déroutante (pour les policiers) sur les traces de cet original vieillard. Lire la suite

Un petit détour et autres racontars / Jørn Riel (en BD !)

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Cela fait un moment que j’ai envie de découvrir les racontars arctiques de Jørn Riel, publiés par les éditions Gaïa ! Lorsque j’ai vu que Gwen de Bonneval et Hervé Tanquerelle en avaient adapté une partie en bande-dessinée, j’ai sauté sur l’occasion ! Après avoir adapté la trilogie Le garçon qui voulait devenir un être humain, les éditions Sarbacane récidive en effet en nous offrant 100 pages illustrées de l’œuvre délirante de Riel, baroudeur qui a vécu auprès des trappeurs au Groenland pendant des années. Lire la suite

Le coeur de l’homme / Jon Kalman Stefansson (2013)

le coeur de l'homme

Miracle ! Je viens enfin de terminer la trilogie de Jon Kalman Stefansson, deux ans après avoir découvert Entre ciel et terre, qui fut mon coup de cœur de l’année et mon choix pour Le Prix des Lectrices 2013. En 2012, j’ai lu le deuxième tome, La tristesse des anges. Et c’est donc Le cœur de l’homme, paru fin 2013, qui clôt ce triptyque magnifique, en beauté !

Pour l’occasion, j’ai relu mes deux articles précédents, que je trouve très complets, et je ne vais pas prendre le risque de me répéter.

J’ai retrouvé le même style impeccable, d’une poésie rare, qui m’a emportée encore sur plus de 400 pages. Néanmoins, ce dernier volume a ouvert de nouvelles pistes de réflexion. Lire la suite

L’unité / Ninni Holmqvist (2011)

l'unité

Dorrit vit dans un monde proche du nôtre, jusqu’à ce qu’elle fête ses 50 ans alors qu’elle est toujours célibataire et n’a pas eu d’enfants. Aux yeux de la société, elle est donc considérée comme « superflue« . Elle doit rejoindre l’Unité, où elle est coupée du reste du monde : à partir de là, elle n’existe plus. Logée dans un appartement lumineux et confortable, bien nourrie, tout le monde est aux petits soins pour elle, comme dans une super maison de retraite ! Sauf que l’envers du décor est bien plus noir : ces « superflus » servent en effet de cobaye pour toutes sortes d’expériences et peuvent être amenés à tout moment à offrir leurs organes à des individus méritants, souvent pères et mères d’une famille nombreuse. Lire la suite

Souriez, vous êtes en janvier ! Et retrouvez un fakir et une analphabète …

smileySouriez, vous êtes en janvier est le titre d’une opération que nous avons lancée dans ma bibliothèque, par une sélection de titres drôles, loufoques : humour noir, humour jaune ; humour de tous les pays et de toutes les époques ! Tout pour vaincre la morosité de l’après-fêtes, qui rime souvent avec froid et neige …
Et justement, nous avions mis en valeur deux titres de la rentrée littéraire, que j’ai enfin eu l’occasion de lire et que je vais chroniquer dans ce même article : L’analphabète qui savait compter, de Jonas Jonasson dont j’avais adoré son Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ET L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Romain Puértolas.
Deux titres drôles, sans être fracassants d’un point de vue littéraire. Deux livres qui dérident. Deux livres parfaits cependant en cas de déprime ou de vacances dépaysantes !

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Où je parle rapidement de Fifi Brindacier …

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Fifi est une petite fille presque comme les autres : elle a 9 ans, des taches de rousseur, deux nattes, une force prodigieuse et … une imagination débordante ! Après avoir perdu ses parents, elle s’installe celle dans sa grande maison et vit sa vie à sa manière … Chaque jour, elle entraîne ses petits voisins dans des aventures trépidantes : monter à cheval, grimper dans un arbre creux, etc. Sans avoir peur de rien, elle prend la vie comme elle vient, sans s’inquiéter … Lire la suite

Livres non chroniqués : spécial RAT !

Eh oui le problème du RAT c’est qu’on lit beaucoup … et qu’ensuite on a envie de parler de ces livres, sans forcément réussir à trouver le temps ! C’est pour cela que j’ai préféré anticiper le risque de voir ces livres non chroniqués traîner des semaines à côté de mon ordinateur, et choisi d’en faire des articles un peu plus courts (mais pas forcément de moindre qualité !).

Pour ce mois-ci donc, trois romans très différents : deux romans du XXIe siècle, un du XXe. Deux auteurs français, un étranger. Une histoire de blog, une histoire d’amour, une histoire de musique.

Laissez-moi vous en parler.

* Lire la suite

Millenium, de Stieg Larsson, je peux enfin donner mon avis !

millenium

Et voilà ça y est ! j’ai enfin lu le premier tome de Millenium ! Harcelée par deux de mes meilleures amies (l’une a fini par me l’offrir), j’ai pris mon courage à deux mains et me suis attaquée à la série qui a connu un succès immense depuis sa publication en 2005. La trilogie a en effet comptabilisé plus de 26 millions de vente.

Pour moi, ce n’était pas gagné d’avance. Je l’ai commencé avec réticence car je n’aime pas le genre du roman policier / roman noir. Je suis trop sensible et assez impressionnable donc je m’en passe très bien ..

On m’a cependant assuré que Millenium allait me plaire, etc etc. Bien. Alors je le commence le mardi matin dans le RER. Je le lis tranquille, j’accroche bien. Mardi passe. Mercredi, je rentre plus tôt d’une formation et comme je le fais parfois, je continue ma lecture en marchant (non non ne vous inquiétez pas, il ne va rien m’arriver). Incapable de décrocher, je me laisse 30 minutes le temps de boire un thé, en continuant ma lecture. Il était 18h. Finalement, je repose le bouquin à 21H30. Terminé. Lire la suite

Le lièvre de Vatanen / Arto Paasilinna (1975)

vatanen

Tout commence par un banal accident. Vatanen, journaliste finlandais, renverse un lièvre sur une route. Il recueille l’animal blessé, qui agit comme un catalyseur. Du jour au lendemain, Vatanen abandonne sa vie morose, sa femme aigrie et une situation confortable pour courir le pays, faire des p’tits boulots et vivre enfin comme il l’entend.

Ce roman est un petit conte léger et original, une véritable ode à la nature, et une odyssée contre les modes de vie actuels. On y rencontre des ours, des rennes; des cabanes dans les bois, au fil des saisons, en suivant Vatanen qui remonte vers le cercle polaire. Ses multiples et extravagantes aventures m’ont séduites, m’offrant un beau moment de lecture. Le côté burlesque y étant très fort, ce fut une lecture rafraichissante, un vrai dépaysement avec ce couple improbable en quête du bonheur (et d’un peu d’herbe – pour le lièvre). Lire la suite

Pas facile de voler des chevaux / Per Petterson (2003)

En 2003, Per Petterson fait une percée littéraire grâce à « Pas facile de voler des chevaux ». Immense succès en Norvège, Allemagne et Grande-Bretagne, le livre est récompensé par deux prix littéraires prestigieux en Scandinavie.

Attirée par le titre de ce roman, j’ai enfin pu l’attaquer après l’avoir vu traîner depuis un moment dans ma PAL (c’est très souvent en ce moment, je dépoussière ! ).

A près de 70 ans, Trond Sander se retire dans une petite maison près d’un lac au nord de la Norvège. Enfin tranquille, il aspire à une vie paisible.

« Toute ma vie j’ai désiré vivre seul dans un endroit comme celui-ci. Même quand la vie était belle, et elle l’a souvent été. Ça, je peux l’affirmer. Qu’elle l’a souvent été. J’ai eu de la chance. Mais même dans ces moments-là, au milieu d’une étreinte par exemple, quand on me murmurait à l’oreille les mots que je voulais entendre, j’ai parfois ressenti un brusque désir d’être loin, dans un endroit où tout ne serait que silence. »

Jusqu’à ce qu’il rencontre son voisin Lars, qui le ramène cinquante ans en arrière, au dernier été où il a vu son père, ce même été où un horrible accident frappa la famille de Lars …

Par une alternance classique entre passé et présent, le roman est habilement construit autour des secrets des personnages, en particulier autour de la figure énigmatique du père. La plongée dans la Norvège des années 40, de la guerre à l’après-guerre m’a fait prendre conscience de la manière dont ce pays a vécu la Seconde guerre mondiale. Se superpose ainsi l’insouciance de l’été 48 entre le père et le narrateur, jeune garçon qui vole des chevaux pour faire des promenades de temps en temps; et la guerre, pendant laquelle l’expression qu’il utilise « Viens, on va voler des chevaux ! » était un mot de passe .. Nombre de questions et de mystères resteront ainsi sans réponse …

Un style simple, mais beau, une économie de moyens, et des paysages splendides. Je remarque que c’est un point commun entre les romans qui nous arrive du Nord – Islande, Norvège, Suède, Finlande : une poésie qui se dégage, une nature très présente, peu de rebondissements mais une plénitude et un art de raconter des histoires bouleversantes mais d’une grande finesse.

« Pour ne pas mourir moi aussi, il me fallait retrouver la forêt. »

 

Ce fut donc une lecture agréable, paisible et intéressante. Un livre à relire pendant des vacances en Norvège.

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Norvège : 30 / 80 !

Rosa Candida / Audur Ava Olafsdottir (2010)

Rosa Candida c’est le nom d’une fleur à 5 pétales créée par la mère du narrateur. Mère qui s’est tuée quelques années plus tôt dans un accident de voiture. De ce deuil, son fils et son mari n’arrivent pas à se relever. Son souvenir leur revient sans cesse, ils tentent de retrouver ses recettes, ses habitudes, etc. Mais surtout, ce qui restera, c’est son goût immodéré pour le jardinage. Une passion partagée par son fils, au point de se faire embaucher pour restaurer une célèbre roseraie moyen-âgeuse« où l’on trouve sans doute plus de variétés de roses en un seul et même endroit qu’en aucun autre lieu de l’univers. » Lire la suite

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