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Le Blog des Livres qui Rêvent …

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Littérature Europe du Nord

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire / Jonas Jonasson (2011) #Bestofthebest21

Vous pensez savoir comme les Etats-Unis ont inventé la bombe atomique ? Comment la Russie l’a eu ? Comment Staline est mort ? Eh bien vous vous trompez ! Jonas Jonasson nous propose une vision de l’Histoire pour le moins … originale !

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est le roman qui m’a fait le plus rire en 2012. A chaque page, incrédulité et bidonnage au cours de cette invraisemblable aventure faisant intervenir Allan, le terrible centenaire échappé de sa maison de retraite, mais aussi Mao, le président Truman, etc. Tout cela entrecoupé par une course poursuite halletante (pour nous) et déroutante (pour les policiers) sur les traces de cet original vieillard. Lire la suite

Un petit détour et autres racontars / Jørn Riel (en BD !)

riel

Cela fait un moment que j’ai envie de découvrir les racontars arctiques de Jørn Riel, publiés par les éditions Gaïa ! Lorsque j’ai vu que Gwen de Bonneval et Hervé Tanquerelle en avaient adapté une partie en bande-dessinée, j’ai sauté sur l’occasion ! Après avoir adapté la trilogie Le garçon qui voulait devenir un être humain, les éditions Sarbacane récidive en effet en nous offrant 100 pages illustrées de l’œuvre délirante de Riel, baroudeur qui a vécu auprès des trappeurs au Groenland pendant des années. Lire la suite

Le coeur de l’homme / Jon Kalman Stefansson (2013)

le coeur de l'homme

Miracle ! Je viens enfin de terminer la trilogie de Jon Kalman Stefansson, deux ans après avoir découvert Entre ciel et terre, qui fut mon coup de cœur de l’année et mon choix pour Le Prix des Lectrices 2013. En 2012, j’ai lu le deuxième tome, La tristesse des anges. Et c’est donc Le cœur de l’homme, paru fin 2013, qui clôt ce triptyque magnifique, en beauté !

Pour l’occasion, j’ai relu mes deux articles précédents, que je trouve très complets, et je ne vais pas prendre le risque de me répéter.

J’ai retrouvé le même style impeccable, d’une poésie rare, qui m’a emportée encore sur plus de 400 pages. Néanmoins, ce dernier volume a ouvert de nouvelles pistes de réflexion. Lire la suite

L’unité / Ninni Holmqvist (2011)

l'unité

Dorrit vit dans un monde proche du nôtre, jusqu’à ce qu’elle fête ses 50 ans alors qu’elle est toujours célibataire et n’a pas eu d’enfants. Aux yeux de la société, elle est donc considérée comme « superflue« . Elle doit rejoindre l’Unité, où elle est coupée du reste du monde : à partir de là, elle n’existe plus. Logée dans un appartement lumineux et confortable, bien nourrie, tout le monde est aux petits soins pour elle, comme dans une super maison de retraite ! Sauf que l’envers du décor est bien plus noir : ces « superflus » servent en effet de cobaye pour toutes sortes d’expériences et peuvent être amenés à tout moment à offrir leurs organes à des individus méritants, souvent pères et mères d’une famille nombreuse. Lire la suite

Souriez, vous êtes en janvier ! Et retrouvez un fakir et une analphabète …

smileySouriez, vous êtes en janvier est le titre d’une opération que nous avons lancée dans ma bibliothèque, par une sélection de titres drôles, loufoques : humour noir, humour jaune ; humour de tous les pays et de toutes les époques ! Tout pour vaincre la morosité de l’après-fêtes, qui rime souvent avec froid et neige …
Et justement, nous avions mis en valeur deux titres de la rentrée littéraire, que j’ai enfin eu l’occasion de lire et que je vais chroniquer dans ce même article : L’analphabète qui savait compter, de Jonas Jonasson dont j’avais adoré son Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ET L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Romain Puértolas.
Deux titres drôles, sans être fracassants d’un point de vue littéraire. Deux livres qui dérident. Deux livres parfaits cependant en cas de déprime ou de vacances dépaysantes !

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Où je parle rapidement de Fifi Brindacier …

fifi

Fifi est une petite fille presque comme les autres : elle a 9 ans, des taches de rousseur, deux nattes, une force prodigieuse et … une imagination débordante ! Après avoir perdu ses parents, elle s’installe celle dans sa grande maison et vit sa vie à sa manière … Chaque jour, elle entraîne ses petits voisins dans des aventures trépidantes : monter à cheval, grimper dans un arbre creux, etc. Sans avoir peur de rien, elle prend la vie comme elle vient, sans s’inquiéter … Lire la suite

Livres non chroniqués : spécial RAT !

Eh oui le problème du RAT c’est qu’on lit beaucoup … et qu’ensuite on a envie de parler de ces livres, sans forcément réussir à trouver le temps ! C’est pour cela que j’ai préféré anticiper le risque de voir ces livres non chroniqués traîner des semaines à côté de mon ordinateur, et choisi d’en faire des articles un peu plus courts (mais pas forcément de moindre qualité !).

Pour ce mois-ci donc, trois romans très différents : deux romans du XXIe siècle, un du XXe. Deux auteurs français, un étranger. Une histoire de blog, une histoire d’amour, une histoire de musique.

Laissez-moi vous en parler.

* Lire la suite

Millenium, de Stieg Larsson, je peux enfin donner mon avis !

millenium

Et voilà ça y est ! j’ai enfin lu le premier tome de Millenium ! Harcelée par deux de mes meilleures amies (l’une a fini par me l’offrir), j’ai pris mon courage à deux mains et me suis attaquée à la série qui a connu un succès immense depuis sa publication en 2005. La trilogie a en effet comptabilisé plus de 26 millions de vente.

Pour moi, ce n’était pas gagné d’avance. Je l’ai commencé avec réticence car je n’aime pas le genre du roman policier / roman noir. Je suis trop sensible et assez impressionnable donc je m’en passe très bien ..

On m’a cependant assuré que Millenium allait me plaire, etc etc. Bien. Alors je le commence le mardi matin dans le RER. Je le lis tranquille, j’accroche bien. Mardi passe. Mercredi, je rentre plus tôt d’une formation et comme je le fais parfois, je continue ma lecture en marchant (non non ne vous inquiétez pas, il ne va rien m’arriver). Incapable de décrocher, je me laisse 30 minutes le temps de boire un thé, en continuant ma lecture. Il était 18h. Finalement, je repose le bouquin à 21H30. Terminé. Lire la suite

Le lièvre de Vatanen / Arto Paasilinna (1975)

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Tout commence par un banal accident. Vatanen, journaliste finlandais, renverse un lièvre sur une route. Il recueille l’animal blessé, qui agit comme un catalyseur. Du jour au lendemain, Vatanen abandonne sa vie morose, sa femme aigrie et une situation confortable pour courir le pays, faire des p’tits boulots et vivre enfin comme il l’entend.

Ce roman est un petit conte léger et original, une véritable ode à la nature, et une odyssée contre les modes de vie actuels. On y rencontre des ours, des rennes; des cabanes dans les bois, au fil des saisons, en suivant Vatanen qui remonte vers le cercle polaire. Ses multiples et extravagantes aventures m’ont séduites, m’offrant un beau moment de lecture. Le côté burlesque y étant très fort, ce fut une lecture rafraichissante, un vrai dépaysement avec ce couple improbable en quête du bonheur (et d’un peu d’herbe – pour le lièvre). Lire la suite

Pas facile de voler des chevaux / Per Petterson (2003)

En 2003, Per Petterson fait une percée littéraire grâce à « Pas facile de voler des chevaux ». Immense succès en Norvège, Allemagne et Grande-Bretagne, le livre est récompensé par deux prix littéraires prestigieux en Scandinavie.

Attirée par le titre de ce roman, j’ai enfin pu l’attaquer après l’avoir vu traîner depuis un moment dans ma PAL (c’est très souvent en ce moment, je dépoussière ! ).

A près de 70 ans, Trond Sander se retire dans une petite maison près d’un lac au nord de la Norvège. Enfin tranquille, il aspire à une vie paisible.

« Toute ma vie j’ai désiré vivre seul dans un endroit comme celui-ci. Même quand la vie était belle, et elle l’a souvent été. Ça, je peux l’affirmer. Qu’elle l’a souvent été. J’ai eu de la chance. Mais même dans ces moments-là, au milieu d’une étreinte par exemple, quand on me murmurait à l’oreille les mots que je voulais entendre, j’ai parfois ressenti un brusque désir d’être loin, dans un endroit où tout ne serait que silence. »

Jusqu’à ce qu’il rencontre son voisin Lars, qui le ramène cinquante ans en arrière, au dernier été où il a vu son père, ce même été où un horrible accident frappa la famille de Lars …

Par une alternance classique entre passé et présent, le roman est habilement construit autour des secrets des personnages, en particulier autour de la figure énigmatique du père. La plongée dans la Norvège des années 40, de la guerre à l’après-guerre m’a fait prendre conscience de la manière dont ce pays a vécu la Seconde guerre mondiale. Se superpose ainsi l’insouciance de l’été 48 entre le père et le narrateur, jeune garçon qui vole des chevaux pour faire des promenades de temps en temps; et la guerre, pendant laquelle l’expression qu’il utilise « Viens, on va voler des chevaux ! » était un mot de passe .. Nombre de questions et de mystères resteront ainsi sans réponse …

Un style simple, mais beau, une économie de moyens, et des paysages splendides. Je remarque que c’est un point commun entre les romans qui nous arrive du Nord – Islande, Norvège, Suède, Finlande : une poésie qui se dégage, une nature très présente, peu de rebondissements mais une plénitude et un art de raconter des histoires bouleversantes mais d’une grande finesse.

« Pour ne pas mourir moi aussi, il me fallait retrouver la forêt. »

 

Ce fut donc une lecture agréable, paisible et intéressante. Un livre à relire pendant des vacances en Norvège.

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Norvège : 30 / 80 !

Rosa Candida / Audur Ava Olafsdottir (2010)

Rosa Candida c’est le nom d’une fleur à 5 pétales créée par la mère du narrateur. Mère qui s’est tuée quelques années plus tôt dans un accident de voiture. De ce deuil, son fils et son mari n’arrivent pas à se relever. Son souvenir leur revient sans cesse, ils tentent de retrouver ses recettes, ses habitudes, etc. Mais surtout, ce qui restera, c’est son goût immodéré pour le jardinage. Une passion partagée par son fils, au point de se faire embaucher pour restaurer une célèbre roseraie moyen-âgeuse« où l’on trouve sans doute plus de variétés de roses en un seul et même endroit qu’en aucun autre lieu de l’univers. » Lire la suite

Les livres que je n’ai pas chroniqués en juin : Carole Martinez, Edita Morris, François Jonquet

Avec une semaine de retard, je réponds présente au rendez-vous commun d’Hérisson et de Somaja, des livres dont nous n’avons pu parler dans le mois …

Pour juin, trois romans très différents : l’un nous plonge dans les conséquences de la bombe d’Hiroshima grâce à l’écriture pleine d’humanité d’Edita Morris ; le deuxième dans l’univers fantasmagorique de Carole Martinez; le dernier, dans le monde délirant de François Jonquet (Editions Sabine Wespieser).

C’est parti !

Ce court roman retrace la visite au Japon par un Américain, 15 ans après la bombe nucléaire qui s’est abattue sur la ville d’Hiroshima. Ce dernier, naïf, joue le rôle du touriste innocent qui ne comprend pas les secrets recelés dans cette ville meurtrie. Car si elle s’est relevée, tous les habitants cachent des blessures plus ou moins douloureuses.

De la douleur muette des jeunes filles orphelines qui hébergent l’Américain, à celle physique du mari de la sœur aînée qui se meurt de nombreuses lésions dues à la radioactivité, très vite l’étranger découvre que la ville n’a pas cicatrisé et que les conséquences de la bombe sont encore présentes et terriblement sensibles.

C’est grâce à ce roman plein de pudeur que j’ai pu moi aussi me rendre compte de l’atrocité de l’histoire de cette ville. Certes je savais que la bombe avait rasé les deux villes d’Hiroshima et Nagasaki, mais je n’ai jamais imaginé l’impact de la radioactivité sur le corps humain, même des décennies plus tard. La bombe atomique n’est en réalité qu’une série de bombes à retardement nichées au creux du cœur et du corps des habitants de ces villes meurtries, des bombes qui explosent plus ou moins vite. Mais qui font des victimes à chaque reprise.

Ce fut donc un roman extrêmement éclairant, qui m’a suffoqué parfois. Un beau roman car il met à l’honneur la réserve, la pudeur, la combativité des Japonais qui livrent leur combat quotidien contre ce monstre diffus sans que personne n’en sache rien. Un roman incontournable par une Suédoise voyant à travers le monde et dénonçant inlassablement les injustices et les causes méconnues. Il a reçu le prix Albert Schweistzer en 1961.

***

Il y a tellement de choses qui ont été dites sur ce roman qu’il est difficile de rajouter quelque chose de réellement original.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance dans laquelle nous plonge Carole Martinez, très hispanique. On imagine aisément ce pays aride aux habitants durs et secs.

Cependant, si l’ensemble m’a bien plu, je n’ai pu m’empêcher d’être gênée par la similitude de la première partie avec Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez : les personnages, l’histoire, l’ambiance sont très proches. Avec un style plus simple, Carole Martinez utilise même des procédés proches de ceux du maître du réalisme magique : des gens insomniaques, des transformations étranges.

Fort heureusement, la seconde partie rompt avec cette impression, puisque les personnages se mettent à voyager, et se détache de leur village étrange, ce qui n’est pas le cas chez Marquez. A travers l’épopée racontée par une des sœurs, l’histoire se déploie, et prend une belle ampleur poétique qui m’a charmée. On a le sentiment d’assister à la création d’une légende : ils marchent et marchent encore; « soumis au souffle d’Anita, nous devenions de grands voiliers et glissions murmurés aux pierres, à la mer, à des nuits sans étoiles et sans songe. »

Au final c’est un roman captivant, doté d’un caractère et d’une histoire qui ne peut laisser indifférent. Un roman qui fera date.

***

Critique d’art, critique de cinéma, essayiste, François Jonquet a publié en 2001 une biographie de Jenny Bel’Air, figure mythique des nuits parisiennes (Pauvert). Son ouvrage consacré aux artistes contemporains britanniques Gilbert & George (Denoël, 2004 et Phaidon, 2005), a connu un succès international. En 2005 il a écrit un documentaire, Les Années Palace, diffusé sur France 5 et Arte. En 2006, il publie Et me voici vivant et, en avril 2008, Daniel, tous deux chez Sabine Wespieser Editeur.

« Et me voici vivant » est le délire hallucinant – et halluciné – d’un homme de 33 ans, le narrateur, qui sent la maladie – dont on ne sait rien – prendre possession de son corps. Après la drogue, l’alcool, le jeune homme choisit la fuite lors d’un voyage fantasmagorique en Orient. Dans un indescriptible désordre, il traverse sa vie, ne sachant comment vivre ces heures tronquées par ses faiblesses physiques.

C’est le journal d’un homme mal dans sa peau, pris d’une véritable panique lorsqu’il est mis en face de la réalité.  Lu dans un souffle, je n’en garde pas un souvenir impérissable mais plutôt l’idée d’un malaise. Un livre déroutant, qui prend au dépourvu, dans la lignée des témoignages que publie Sabine Wespieser (au même titre que Do you love me de Florence Giorgetti ou Inflammables de Gérard Guégan).

Lettre J !

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