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Le Blog des Livres qui Rêvent …

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Quand les romans parlent de livres … 1/3

bibliothécaire

Comme dans tout métier, on aime lire des œuvres qui parlent de nous… d’abord parce que ça fait plaisir, qu’on y trouve souvent des histoires qui nous ressemblent, ou des citations qui nous parlent ; mais aussi parce qu’elles nous disent beaucoup sur la vision la société sur notre métier. Que ce soit dans les romans jeunesse ou adulte, celui de bibliothécaire n’échappe pas à la caricature : on y trouve une femme à chignon et lunettes, souvent vieille et aigrie ; ou un homme aux habits informes, très érudit mais vieux et sévère. Tous les deux donnent l’impression de vivre dans la bibliothèque et sont toujours entourés de vieux livres poussiéreux qu’ils protègent des agressions du monde extérieur … Lire la suite

La construction de la visibilité littéraire en bibliothèque / Cécile Rabot (2015)

la construction de la visibilité littéraire
Un ouvrage qui n’est pas forcément facile d’accès de prime abord : publié par Les Presses de l’Enssib (école de bibliothécaires à Lyon, pré ou post-concours), il s’adresse avant tout aux professionnels que sont les bibliothécaires, mais aussi d’une manière générale aux professionnels du livre qui pourraient y apprendre bien des choses sur le travail mené en bibliothèque (lieux culturels les plus fréquentés en France) pour valoriser les fonds littéraires.

Cet ouvrage rappelle que malgré les mutations subies par les établissements culturels que sont les bibliothèques, celles-ci gardent pour mission essentielle de constituer des collections et de prêter des documents, même si le livre n’est plus qu’un support parmi d’autres.

Or quand on sait que dans une bibliothèque de taille moyenne, il y a plus de 30 000 documents, on se dit que s’il est facile de franchir la porte (et encore !), il l’est moins de savoir quoi emprunter. C’est là que le bibliothécaire est réellement un médiateur : il ne suffit pas de poser des livres sur les rayonnages, il faut faire vivre une collection cohérente. Et cette mise en valeur est l’occasion pour les bibliothécaires de faire connaître leurs coups de cœur, ou de construire des tables thématiques, etc. Car s’ils n’ont souvent pas le choix face à certains achats, auteurs ou éditeurs hyper médiatisés, ils ont la plupart du temps une marge de manœuvre appréciable pour l’achat de documents qui sortent des sentiers battus. Les petits éditeurs le savent bien puisque se créent de plus en plus de partenariats entre eux et des bibliothèques qui leur offrent gratuitement la visibilité qu’ils n’auront pas dans une grande librairie.

C’est ce cheminement et ce travail que met en relief le texte très complet de Cécile Rabot, qui part d’exemples concrets – choisis en particulier dans le réseau des bibliothèques de la Ville de Paris – pour construire une réflexion plus globale sur la construction de la visibilité littéraire.

Un ouvrage passionnant pour les professionnels du livre, mais aussi pour les curieux qui pourraient ainsi découvrir d’autres facettes de ce métier qui souffre souvent de clichés à la vie dure.

Quand Guillaume de Laubier nous fait voyager dans les plus belles bibliothèques du monde … #Bestofthebest22

bibliothèques

Livre reçu en avance pour Noël, j’en bavais d’envie depuis que j’avais découvert ces photos au hasard dans une librairie allemande à Francfort ! Très rapidement, j’ai su que c’était un livre mais le prix m’a dissuadé de l’acquérir immédiatement. Fort heureusement, une bonne fée bibliothécaire veille sur moi et m’a apporté l’objet de mes vœux. Depuis, je dors avec (enfin il est sur ma table de nuit hein ! ) !

C’est effectivement un très beau livre, de forme rectangulaire – ce qui permet aux photos de s’étaler sur deux pages voire sur quatre grâce à un système de dépliants. Les photographies de Guillaume de Laubier (grand photographe de décoration et d’art de vivre) y sont centrales, agrémentées par un texte de présentation dépassant rarement plus de 3 pages, rédigé par Jacques Bosser (journaliste, conférencier, traducteur, spécialisé dans l’architecture et le design). Ce texte reprend l’historique de la bibliothèque, la constitution de ses collections et leur histoire. Il présente également quelques détails architecturaux. Il est simplement dommage que ces textes n’aient pas été rédigés par un bibliothécaire … 🙂 Lire la suite

Quand je soutiens l’ABF contre la censure en bibliothèque …

ABF

Parce que ce blog est un espace personnel où j’exprime ce que je ressens (et pas seulement à propos de livres), parce que je suis bibliothécaire, parce que cela m’a choqué et que ça nous concerne tous, je relaye une réponse de l’Association des Bibliothécaires de France suite aux demandes de retrait de certains livres de nos collections, dont le célèbre Tous à poil, un livre de Claire Franek et Marc Daniau d’une quarantaine de pages, paru en 2011.

poil

Ces derniers jours, quelques sites web ont mené des appels au retrait de livres achetés par des bibliothèques municipales, dont la liste est également dressée. Les ouvrages incriminés sont ceux d’une bibliographie proposée par le syndicat SNUipp-FSU de 79 livres de jeunesse pour l’égalité et concernent essentiellement l’égalité femme-homme et l’homosexualité.
Nous, Association des Bibliothécaires de France, tenons à exprimer notre désaccord profond avec ces prises de positions partisanes et extrêmes. Nous espérons bien au contraire que la liste des bibliothèques ayant procédé à ces acquisitions s’allongera car c’est le rôle des bibliothèques et des bibliothécaires que de proposer au public des livres pour toutes et tous et sur tous les sujets pour favoriser les débats, lutter contre les prescriptions idéologiques et donner aux enfants comme aux adultes les clés pour comprendre le monde dans lequel ils vivent.

Nous saluons donc les bibliothécaires qui, en achetant livres et autres documents, sont fidèles à la vocation des bibliothèques, telle qu’inscrite dans le Manifeste de l’Unesco, à proposer « des collections reflétant les tendances contemporaines et l’évolution de la société ». Comme l’affirme le code de déontologie de l’Association des Bibliothécaires de France, le bibliothécaire s’engage, en effet, à favoriser la réflexion de chacun et chacune par la constitution de collections répondant à des critères d’objectivité, d’impartialité, de pluralité d’opinion, à ne pratiquer aucune censure, et à offrir aux usagers l’ensemble des documents nécessaires à sa compréhension autonome des débats publics et de l’actualité.

Nous saluons également les élus et les élues qui ont à cœur, dans leurs projets politiques, de faire de leurs territoires des lieux où chacun et chacune trouve à s’exprimer, à se construire et à se penser comme citoyen dans sa diversité et qui reconnaissent aux bibliothèques leur rôle dans la réussite de cette mission.

Nous saluons enfin le public des bibliothèques, enfants, adolescents ou adultes qui par leurs demandes variées, nous donnent l’opportunité de construire une offre pluraliste de ressources et de services. Par là même, ils accompagnent l’action des bibliothécaires en faveur de l’égalité.

Qu’on se le tienne pour dit … Freedom in libraries !

L’urgence de lire, un appel international à signer avec Bibliothèques sans frontières !

Voici une des vidéos diffusées actuellement par Bibliothèques sans Frontières, une association plutôt jeune (créée en 2005) mais qui fait un travail formidable, notamment en Haïti pour aider à la reconstruction. La question qui s’est souvent posée était de savoir si reconstruire les bibliothèques, apporter des livres, était la priorité. A cette question, il faut bien sûr répondre oui. A quoi sert de manger à sa faim si c’est pour ne pas trouver de travail et finalement ne pas pouvoir subvenir à ses besoins ? A quoi sert de travailler si chaque année la femme met au monde un enfant ? Mais également : comment rendre le sourire aux enfants ? Comment leur permettre de se reconstruire, d’oublier, d’avancer ? Comment communiquer ?

La réponse est encore et toujours : la lecture, c’est-à-dire les mots, les images, les histoires. Qui aident, émerveillent, aussi bien adultes qu’enfants. Alors oui la lecture fait partie, tout autant que le riz et les premiers soins, des secours à apporter à des populations sinistrées.

C’est le thème de la dernière campagne de BSF, lancée ce jour : l’urgence de lire. Qui a réussi à mobiliser de grands auteurs et autres personnalités importantes, en temps de crise humanitaire.

« le droit de s’informer, de rester en contact avec leurs proches et surtout de lire, apprendre, découvrir pour guérir, s’évader, se reconstruire après une catastrophe ou un conflit, c’est ça l’urgence de lire. »

Avec BSF, cultivez l’espoir … oui mais comment ?

Les bibliothèques peuvent être à la pointe du partage et de la circulation de l’information en situation de crise. N’hésitez donc pas à partager vos livres en les déposant dans des points BSF. Ou à faire un don à BSF. Ou plus modestement (mais d’une manière tout aussi importante), signer l’appel aux côtés de Coetzee, Oates, Doris Lessing, Toni Morrisson, J. C. Rufin, etc.. Il n’y a pas de petite participation.

Blogueurs, blogueuses. Lecteurs, lectrices.

Relayez l’appel, donnez vos livres. Pour que la littérature, que nous aimons tant, soit partagée et parvienne à l’autre bout du monde pour apporter un peu d’espoir et de bonheur …

Bref, je suis bibliothécaire … !

Après 3 ans, 7 concours, 2 admissibilités, et des mois entiers de préparation …

Aujourd’hui est un jour spécial …

Aujourd’hui est LE plus beau jour de ma vie …

Car aujourd’hui, j’ai enfin réussi LE concours que je voulais …

Eh oui ! Je suis Assistante spécialisée des bibliothèques de la Ville de Paris.

Je vous épargne les cris de joie, mais je vous laisse les imaginer …

Je tiens à remercier ma famille, mes amis, et tous les lecteurs de ce blog qui ont confirmé ma vocation et ma motivation pour exercer ce beau métier…. 😀

Sur ce, je vous laisse et je vais le fêter …

Flash Actu sur les bibliothèques anglaises !

C’est à la lecture d’un article sur ActuLittéraire que l’envie m’est venue de vous donner quelques nouvelles sur ce qui se passe en Angleterre. Ce n’est pas parce qu’on en parle pas dans les journaux qu’il faut penser que tout va bien, et ne pas se battre encore. Etre informé est déjà un premier pas, et c’est pour cela que je rédige cet article aujourd’hui.

Aujourd’hui, c’est à l’auteur Zadie Smith de s’engager. Je ne la connaissais pas avant de lire un Magazine Littéraire sur les romancières anglaises, où elle était citée comme une figure montante. De milieu pauvre, elle reconnaît que c’est grâce à la bibliothèque qu’elle a pu accéder à la culture à travers les livres : « Si vous n’êtes pas issu de classe moyenne , vos étagères sont vides et c’est à la bibliothèque que vous devez faire votre propre culture ». Elle a reçu depuis plusieurs prix pour ses romans, en particulier pour De la Beauté et Sourires de loup.  Lire la suite

La BNF a besoin de nous pour acquérir un trésor national !

Eh oui ! La BNF a besoin de nous – et de nos dons – pour sauver un trésor national ! 

C’est un des rôles de notre bibliothèque nationale que de veiller à ce que ces trésors ne soient pas dispersés aux quatre vents par des collectionneurs étrangers. Elle peut ainsi s’assurer de leur conservation, et surtout de leur valorisation grâce à la numérisation et à la mise en place d’expositions qui permettent aux nombreux visiteurs de voir ces splendides manuscrits enluminés, dont nos livres de poche semblent être à des années-lumières …

Cette fois, c’est le très beau livre d’heure de Jeanne de France, fille de Charles VII, commandé à l’occasion de son mariage en 1452 avec le comte de Clermont. Un livre d’heures est un livre liturgique destiné aux chrétiens laïcs et permet de suivre la liturgie des Heures. En complément de ce recueil de prières liées aux heures de la journée, il comprend parfois un calendrier pour suivre l’évolution de la liturgie tout au long de l’année, mais aussi parfois des psaumes, les évangiles, etc. Il s’agit du type le plus courant d’ouvrage médiéval enluminé même si tous ne comportent pas de décorations. Ils constituent à ce titre une importante documentation sur la vie à la fin du Moyen Âge et sont la source d’une iconographie sur la chrétienté médiévale.

L’ouvrage a été proposé à la vente en 2011 par Christie’s. L’Etat l’a alors déclaré trésor national pour éviter qu’il ne sorte du territoire, et pour permettre à la BnF de rassembler le million d’euros nécessaires à son achat. Restent 250 000 euros à trouver aujourd’hui. Tous les dons sont acceptés, de 10 à 250 000 euros ! 🙂

C’est la première fois que la BnF utilise ce système de mécénat populaire. L’idée n’est pas seulement d’obtenir une mobilisation financière mais aussi d’intéresser les Français à ces problématiques patrimoniales, en leur permettant d’agir.

Espérons que cela fonctionnera …

Lire l’article original dans le Figaro du 29/08/2012

Pour faire un don

Un BiblioTaptap pour Haïti !

Je vous entend déjà dire : mais qu’est-ce que c’est que cette bête là ? Et pourtant, vous devriez déjà avoir la puce à l’oreille avec la racine « biblio ». Et vous auriez bien raison !

C’est ainsi que je reprends triomphalement mes mercredis bibliothéconomiques ! En vous présentant un projet mené par une association qui me tient à coeur : Bibliothèque sans frontières. Avec l’aide de partenaires locaux, cette dernière a lancé la première bibliothèque mobile haïtienne, le BiblioTaptap, tiré des célèbres taxis collectifs qui sillonnent le pays. Fer de lance du combat de BSF dans ce pays dévasté par le séisme de 2010, cette petite bibliothèque est destinée à desservir chaque mois 15 000 personnes, enfants et adultes.

Toute la semaine, c’est un espace de lecture qui est ouvert, mais aussi de discussions et de jeu. Romans, poésie, ouvrages pratiques, la bibliothèque retrouve ici ses missions originelles si essentielles : éducation, divertissement, rencontres. Rencontre entre un livre et un lecteur, entre deux lecteurs, mais aussi occasion de sortir du quotidien, de la misère, pour comprendre un peu mieux le monde.

Le BiblioTaptap c’est aussi un outil très utile pour d’autres organisations qui veulent aller à la rencontre des habitants, comme l’association Respire Haïti, qui utilise le BiblioTaptap pour son programme d’éducation à destination des jeunes haïtiens.

Le projet, financé par l’Union Européenne, est le fruit d’une collaboration de long terme entre Bibliothèques Sans Frontières, la Bibliothèque Nationale d’Haïti, la Direction Nationale du Livre et la Fondation Connaissance et Liberté (Fokal).

***

Alors si vous appréciez toute l’importance de ce genre d’initiative, n’hésitez pas à apporter votre aide : dons, livres; l’association a besoin de toutes les volontés qui voudront l’aider et permettre à ce genre de projet de continuer.

Voir le site de BibliothèquesSansFrontières

Ce mardi, je flâne dans le secret des bibliothèques …

Deux citations très percutantes par leur vérité, et qui nous mettent face au monde dans lequel on vit aujourd’hui, un monde où tout doit être rentable, même la culture …

… Deux phrases donc qui nous mettent en garde 

… Deux phrases qui font écho à ma conception de la société : une société en croissance économique, c’est bien, les gens sont riches; mais s’ils n’ont pas accès à la culture ils ne peuvent s’épanouir et accéder au bonheur, or il me semble que ce doit être l’objectif de l’Etat : permettre l’accès au bonheur par ses citoyens … 

… Et enfin deux phrases qui me remotivent pour défendre encore et encore les bibliothèques, l’un des seuls lieux où la culture est défendue en tant que bien commun à l’humanité…

« Une société de producteurs et de consommateurs, qui ne se soucierait que de rentabilité immédiate, serait sans doute très performante à court terme; mais en cessant le retour vers ce qui fut, elle perdrait toute profondeur et tout avenir, car elle signerait l’arrêt de mort de la civilisation qui l’a fait naître et qui jusqu’alors lui donnait sa substance. Certains aujourd’hui jugent inessentielles les lettres, la philosophie et l’histoire au prétexte que le progrès des sciences nouvelles les aurait frappées d’obsolescence. Aurions-nous donc subitement cessé d’être humains au point que les humanités puissent nous apparaître comme des vieilleries « ornementales » sans doute formidables mais dont on ne voit pas vraiment pourquoi il faudrait y consacrer du temps et de l’argent ?

Et encore :

« Les humanités ne peuvent se plier à cette exigence d’instrumentalité, parce qu’elles participent elles-mêmes de la finalité humaine; elles sont ce pour quoi les hommes vivent, deviennent, s’illustrent et sont ce qu’ils sont. La bibliothèque est la châsse où est gardée la mémoire de leurs faits, de leurs pensées et de leur œuvre. On pourrait imaginer que toutes les bibliothèques du monde seraient reliées entre elles par des galeries secrètes et que le lecteur, le chercheur, parcourrait indéfiniment tout au long de sa vie ce même et unique labyrinthe. »

A lire dans : 

Une rencontre … bibliothèquesque !

Dans la vie de tout bibliothécaire, il y a une journée qui reste gravée dans sa mémoire, à jamais. Celle où tout a basculé, celle qui fait changer les lignes de leur avenir et de toutes les personnes qu’ils rencontreront par la suite. Je tiens à vous raconter cette journée, afin que vous compreniez mieux comment je suis arrivé à être ce que je suis aujourd’hui.

Bien sûr, j’ai passé mon enfance entouré de livres. Ils faisaient partie de ma vie, et m’accompagnaient partout : dans ma chambre, dans la cuisine, aux toilettes, dans le bus, dans mes promenades. Je tenais cette manie de ma mère qui de son côté, avait toujours un livre sur elle, au cas où. Au cas où quoi, me demanderez-vous, et c’est bien légitime ? Et bien on ne peut jamais savoir. Imaginez une troisième guerre mondiale, une catastrophe quelconque qui nous mettrait dans l’impossibilité de rentrer à la maison … Au moins nous pourrions patienter !
Bref, les livres étaient ma vie. Ils me racontaient des histoires, me chuchotaient des blagues, m’apprenaient le monde, me faisaient rêver.

Mais je ne serais pas devant vous aujourd’hui sans cette journée si spéciale. Un jour clé, que pourtant il m’est difficile aujourd’hui de dater avec précision. Je devais être au milieu de mes années de collège, vers mes 13 ans environ. Cette année-là, ma mère décida de m’envoyer passer une partie de mes vacances chez ma tante. Or, cette dernière avait l’incomparable avantage à mes yeux de travailler dans une bibliothèque, un beau bâtiment nouvellement construit.

J’étais habitué aux bibliothèques, comme c’est fréquent pour les grands lecteurs qui sont avides de toute nouvelle source de lectures. Mais lorsque je franchis le seuil de la bibliothèque où travaillait ma tante, je sentis qu’elle avait une odeur, une saveur particulière, et je m’avançai avec une étrange appréhension, comme si un événement énorme allait m’arriver.

On a de ces pressentiments parfois …

Curieusement, il ne se passa rien pendant la grande majorité de la journée. J’aidais ma tante dans ses tâches, tout en lisant dès que je faisais une pause. Et puis le soir vint et la bibliothèque ferma. Ma tante me laissa alors seul pour récupérer des affaires dans son bureau, et j’en profitai pour refaire un tour dans les rayons. J’aimais, et j’aime toujours, caresser le dos des livres bien rangés, serrés comme s’ils cherchaient à se réchauffer entre eux pour affronter la nuit vide de toute chaleur humaine.

Et soudain, Il fut là. Qui ? Mais ne soyez pas si pressés, vous allez le savoir ! Mon moi de l’époque ne le connaissait pas, et quand il se présenta, avec un fort accent américain, son nom ne me rappela rien.

– Melvin Dewey pour vous servir, mon jeune monsieur. 

Je remarquais qu’il n’avait pas de consistance solide : je pouvais voir les livres à travers son corps qui semblait sortir d’un épais livre bleu dont je ne parvenais pas à lire le nom (je ne sus que bien plus tard qu’il s’agissait de la Bible des bibliothécaires, qui était à la fois le sésame pour travailler en bibliothèque, et le cauchemar des étudiants face à ses centaines de pages à retenir …).
Mais je reviens à mon histoire

 Tu ne me connais peut-être pas, me dit-il, mais ce n’est pas grave, tu es encore jeune. Je vais me présenter plus en détail. 

Et, sur un ton grandiloquent, il me fit cette déclaration :

Je suis Dewey, le premier grand bibliothécaire des temps modernes, l’initiateur de la science des bibliothèques. Ces établissements que tu connais sont inspirés de mes écrits. J’ai fait des bibliothèques des institutions modernes, ouvertes à tous et qui sont reconnues comme des lieux qui comptent dans la vie d’une cité. Et c’est aussi moi qui ait créé la première école de bibliothécaires … 

– Enchanté, Monsieur Dewey, fis-je timidement, mais que puis-je faire pour vous ? 

Faire pour moi ? Hahaha mon petit, tu as déjà le service dans l’âme ! Non, ce soir, c’est moi qui vais faire quelque chose pour toi … 
Vois-tu, j’apparais uniquement lorsque je sens qu’un bon bibliothécaire est né, pour le mettre sur la bonne voie. Malheureusement, c’est de plus en plus rare de nos jours. Mais aujourd’hui, il est temps pour toi. 

J’étais abasourdi. Moi, un bibliothécaire ? Certes j’aimais les livres mais je n’avais jamais réfléchi plus avant.

 Temps pour quoi, Mr Dewey ? lui-demandai-je, me laissant ainsi le temps de réfléchir.

– Eh bien d’intégrer l’Ecole des Supers Bibliothécaires ! (ESB) 

 Mais, je … balbutiai-je. Et puis : qu’est-ce que c’est, l’ESB ? 

– Une école où tu vas rentrer dès aujourd’hui ! Tes parents croiront que tu te rends tous les matins dans une école normale mais en réalité tu rejoindras l’ESB pour y recevoir la formation de base : bibliothéconomie, catalogage, chevauchage de livres, domptage du Roi des Livres, etc.

– Mais comment pouvez-vous être sûr que j’en suis digne, que je vais réussir ? 

– Mon petit, laisse-moi t’expliquer et te poser quelques questions. 
Tu aimes lire, c’est sûr, mais tu te doutes que ça ne suffit pas. Le métier de bibliothécaire, et encore davantage celui de Super Bibliothécaire, c’est avoir à coeur la diffusion de la culture, se battre constamment contre les menaces que sont l’intolérance, les préjugés, et tout ce qui peut nuire à la liberté de rêver, de penser, d’apprendre. Permettre l’accès aux livres, à la culture sous quelque forme que ce soit est l’objectif suprême de tous les étudiants de l’ESB? Y adhères-tu ? 

– Je crois bien, oui, répondis-je, un peu hésitant face à la flamme que je voyais dans les yeux de mon interlocuteur.

– Et es-tu prêt à te battre pour défendre la valeur de la littérature envers et contre tout ? 

– Oui ! Cette fois-ci, j’en étais sûr. 

– Laisse-nous alors faire le reste, te former, et tu verras, tu en seras digne. 

J’hésitais encore quelques instants mais au fond de moi, cette proposition se transformait déjà en évidence.

– Alors je suis prêt, proclamai-je d’une voix ferme, qui masquait presque entièrement la confusion de mon esprit face à cet afflux d’informations.

C’est ainsi que commença un formidable voyage. Un voyage qui dura dix ans. Jusqu’au jour où, à mes 23 ans, j’obtins mon diplôme de Super Bibliothécaire.

Commencèrent alors mes premières aventures.

Mais ça, c’est une autre histoire ..

***

Défi d’écriture Babelio sur le thème : La rencontre

Quand je participe au Congrès de l’Association des Bibliothécaires de France …

La semaine dernière, j’ai eu la chance de pouvoir assister au Congrès de l’Association des Bibliothécaires de France, association à laquelle j’ai adhéré l’an passé. Ce n’est pas parce que je ne suis pas encore bibliothécaire que je ne peux pas agir et m’impliquer dans le monde professionnel auquel je me destine !  Lire la suite

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