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Le Blog des Livres qui Rêvent …

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XIXe siècle

Au bonheur des dames / Emile Zola (1883) #Bestofthebest25

bonheur dames

Onzième roman des Rougon-Macquart, on peut dire qu’il fait directement suite à Pot-Bouille, puisqu’on y retrouve Octave Mouret, que l’on voyait épouser Madame Hédouin, gérante du petit magasin Au bonheur des dames. Zola le voyait comme un roman que le haut commerce, ou plutôt le commerce de nouveautés. Il bat en brèche l’atmosphère étouffante du roman précédent : dans Pot-Bouille on était dans l’intime, le confiné; ici on sera dans le public, la lumière, l’aéré, avec l’évocation des grands travaux d’Haussman qui font respirer Paris. De même que Pot-Bouille est désespérément sombre, critique envers ses contemporains, Au Bonheur des Dames sera dominé par la figure rayonnante de Denise, figure tranquille et inoffensive qui règnera pourtant sur le magasin et mettra Octave Mouret à ses pieds. Comme si Zola, après la mort de sa mère, voulait se prouver qu’il était possible d’être heureux et d’aimer la vie. Lire la suite

Indiana (1832) / George Sand #Bestofthebest8

« Penché sur les victimes et mêlant ses larmes aux leurs, se faisant leur interprète auprès de ses lecteurs, mais, comme un défenseur prudent, ne cherchant point trop à pallier la faute de ses clients […], le romancier est le véritable avocat des êtres abstraits qui représentent nos passions devant le tribunal de la force et le jury de l’opinion. » (Préface)

Le livre

Dans ce roman, George Sand relate la rencontre entre Indiana, une jeune femme élevée à la Réunion qui suit à Paris son mari, vieux colonel colérique et jaloux; et Raymon, l’homme du monde par excellence. L’histoire d’un amour raté, de malentendus et de trahisons. Lire la suite

Voyage à l’étranger / Piotr Illitch Tchaïkovsky (1888)

voyage tchaiko

Les rencontres entre un lecteur et son livre sont souvent le fruit du plus grand des hasards. Vous l’avez peut-être remarqué, j’aime commencer mes articles en racontant comment tel ou tel livre a rejoint ma bibliothèque, car c’est rarement anodin. Pour celui-ci, qui traînait depuis plusieurs années dans ma Billy, je m’en souviens comme si c’était hier : une allée du Salon du Livre, mon œil attiré par le nom « Tchaïkovski », mon compositeur préféré, la discussion avec l’éditrice du Castor Astral, mon regret de ne pas pouvoir me le payer (j’étais étudiante fauchée à l’époque), son sourire et son don, en insistant car il était rare que des jeunes soient aussi enthousiastes pour des essais méconnus … Lire la suite

La Terre / Emile Zola (1887)

la terre

Quinzième volume des Rougon-Macquart, La Terre constitue le retour de Zola à l’étude du mode de vie rural : après L’Oeuvre qui se déroulait au cœur du Paris artistique, l’auteur renoue avec les préoccupations terrestres qu’il avait mis entre parenthèses depuis Germinal. On y suit Jean Macquart, le frère de la Gervaise de L‘Assommoir. Lire la suite

Livres non chroniqués en décembre : spécial adaptations littéraires en BDs !

J’ai profité de mes vacances pour lire des bandes dessinées … ça change des romans, et puis ça ne s’emporte pas dans le métro donc j’en lis finalement assez peu ! J’ai donc dévalisé la bibliothèque avant de partir ! Et puis je me suis rendue compte seulement après que je n’avais pris que des adaptations littéraires ! Romans jeunesse, romans classique, il est vrai que ces adaptations pullulent aujourd’hui, nous offrant des œuvres de qualité, fidèles au texte et avec l’apport important du graphisme. Voici donc 4 bandes dessinées, et quelques lignes d’avis sur chaque … colombes bd 2 mohicans bd quatre soeurs zazie bd

 

 

 

 

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La Joie de Vivre / Emile Zola (1884)

la joie de vivre

Après Pot-Bouille et Au bonheur des Dames qui nous emmenaient au cœur de Paris, Zola revient à la province et même à la campagne profonde ! En effet, on y suit la petite orpheline Pauline Quenu, fille du charcutier que nous rencontrions avec le jeune Florent dans Le Ventre de Paris. Troisième roman qui échappe à l’entreprise annoncée, c’est-à-dire parler du Second empire, cette histoire ne s’inscrit dans une aucune date et ne compte aucune allusion aux problèmes politiques et sociaux. Ce roman-ci se situe en dehors de toutes les thèses sur l’hérédité ou l’importance du milieu. Pauline, riche héritière, est recueillie par sa tante et sa famille, « des êtres bons et honnêtes, placés dans un drame », et grandira tranquillement entre l’amour de son oncle et de son cousin Lazare, un raté qui lui mangera toute sa fortune avec des projets abracadabrants qui seront tous des échecs. Elle leur apporte « une bouffée de gaieté bruyante et saine, la gaieté d’une personne de raison que l’absurde met en joie. » Pauline, cousine de Nana, est son antithèse : c’est la figure de la douleur héroïque, qui sacrifiera sa fortune à son amour et pour finir, son amour lui-même pour l’homme qu’elle aime. Lire la suite

Les romans que je n’ai pas chroniqués en juillet …

Ce mois-ci, trois romans que j’ai lu assez rapidement mais je n’ai pas pris le temps de chroniquer.

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je vais bien adam

Ce roman est à l’origine du film homonyme de Philippe Lioret, que j’ai vu il y a plusieurs années et dont je me souviens encore à la perfection. J’ai profité de la présence d’Olivier Adam au Salon du Livre de poche de Saint-Maur, il y a quelques semaines, pour l’acquérir, m’attendant à une belle expérience. Du point de vue de l’histoire, pas de problème, le film en est la fidèle adaptation. Mais c’est bien le seul point … Dans le texte, je n’ai pas retrouvé le souffle du film, sa poésie, rythmée au son de la musique de Aaron, et je n’ai pas retrouvé mes larmes de jadis, à la fin de l’histoire.

Alors certes on peut arguer que le roman avait été un peu défloré par le film, puisque je connaissais déjà l’histoire. Néanmoins je suis aussi sensible à l’écriture qu’à cette dernière, et je peux dire que mes attentes sont loin d’avoir été comblées par ce style plat, hyper descriptif (jusqu’à la pomme gala – et non pas pink, c’est important – que mange le personnage à la page 12; et je ne vous parle pas des descriptions de ce qu’achètent les clients au Shopi où travaille l’héroïne) sur un texte court.

En bref, c’est la preuve que l’histoire n’est pas tout : ici elle est magnifique, mais a été bien mieux interprétée par les images que le texte.

On me souffle à l’oreillette que les autres textes d’Olivier Adam sont bien meilleurs … j’attends donc de voir, ou plutôt de lire. Je lui laisse encore une chance.

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salon émilie

Un autre texte qui m’a déçue : reçu en service presse, je devais rencontrer l’auteur dans la semaine. Je me suis donc dépêchée de lire, pour apprendre ensuite que la rencontre était reportée ultérieurement. Tant pis. Et tant mieux car il aurait été gênant de devoir discuter d’un tel texte avec son créateur.

Non pas qu’il soit absolument inintéressant : Emmanuelle de Boysson a très bien rendu l’ambiance de la Fronde et des salons des précieuses, au cœur desquelles Émilie la petite Bretonne se trouve évoluer, avant de pratiquement rejoindre leur rang par un mariage inattendu. Mais par certains côtés, j’ai eu l’impression qu’elle tachait d’imiter Jean Teulé (et mal en plus), par d’autres de grands historiens, et elle échoue … : l’équilibre n’est pas parfait entre fiction et Histoire, équilibre qui est certes l’écueil principal de tout roman historique.

Quant au personnage d’Emilie qui, comme le dit elle-même, veut seulement « entrer dans le jeu des salons » : l’auteur multiplie ainsi les références littéraires, et autres, mais sans aboutir à un style naturel, ce qui m’a rendu son héroïne complètement antipathique.

Rajoutons à cela un style pauvre, truffé de répétitions, de termes inadéquats ou de poncifs sur les hommes et femmes de ce siècle, et vous pouvez aisément concevoir mon énervement grandissant à la lecture de ce roman.

Enfin, je me suis tout de même efforcée de le terminer, pour m’en faire un avis. Mais la fin de l’histoire appelle évidemment une suite, en particulier parce qu’Emilie a égaré l’homme de sa vie et le père de son enfant – lui qui la faisait monter au septième ciel à chaque fois. Zut alors. En tout cas, je ne lirai certainement pas le second volume.

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contes franck

Je termine ces chroniques par des contes très mignons, que j’avais commandé après avoir dévoré le Journal d’Anne Franck. De petites histoires écrites par la jeune fille durant sa captivité. Des textes courts mais drôles, parfois graves, qui mettent en lumière ce qu’Anne Franck voulait trouver dans la littérature : de l’humour, une morale, etc.

Des textes qui sont à la portée des enfants, mais qui ont déjà une portée universelle et qui me fait d’autant plus regretter la disparition prématurée de ce jeune talent, dont j’aurais été curieuse de suivre la carrière littéraire …

La dame en blanc / W. Wilkie Collins (1859)

dame en blanc

« Là, derrière moi, au milieu de la route déserte qui se détachait plus claire dans la nuit, se tenais une femme sortie de terre comme par miracle ou bien tombée du ciel. Elle était tout de blanc vêtue et, le visage tendu vers moi d’un air interrogateur et anxieux, elle me montrait de la main la direction de Londres. J’étais bien trop surpris de cette soudaine et étrange apparition pour songer à lui demander ce qu’elle désirait. »

Un soir qu’il se promène dans Londres, Wilkie Collins entend derrière le mur d’un parc un cri désespéré : celui d’une jeune femme, tout de blanc vêtue qui paraît confuse, puis disparaît. Il découvre ensuite que la jeune femme était séquestrée avec son enfant par un mari à demi-fou.

Voilà l’Histoire.

Un soir qu’il se promène aux alentours de Londres, Walter Hartright, jeune peintre et professeur de dessin, rencontre une jeune femme, toute vêtue de blanc, qui lui demande de l’aide car elle semble poursuivie. Il apprendra par la suite qu’elle s’est évadée d’un asile.

Quelques jours plus tard, il prend un poste de professeur de dessin auprès de deux jeunes soeurs. De là va naître un sublime amour, découragé car Laura s’est engagée à épouser un lord, sir Perceval, qui ne semble en vouloir qu’à sa fortune. Un lord bien mystérieux, que la encore plus mystérieuse Dame en blanc semblait craindre …

Voilà pour l’histoire ! Lire la suite

Un peu de poésie au milieu de l’été !

Envie de poésie, de mots doux et de beauté …

poésie 2

Je rêve de vers doux et d’intimes ramages,

De vers à frôler l’âme ainsi que des plumages,

De vers blonds où le sens fluide se délie

Comme sous l’eau la chevelure d’Ophélie,

De vers silencieux, et sans rythme et sans trame

Où la rime sans bruit glisse comme une rame,

De vers d’une ancienne étoffe, exténuée,

Impalpable comme le son et la nuée,

De vers de soir d’automne ensorcelant les heures

Au rite féminin des syllabes mineures.

Je rêve de vers doux mourant comme des roses.

 

Au jardin de l’infante – Albert Samain

 

Albert Samain (1858-1900) est un poète symboliste. En 1893, la publication du recueil Au jardin de l’Infante lui vaut un succès immédiat. Mort jeune, il est un peu oublié depuis les années 1930.

 

Pot-Bouille / Emile Zola (1882)

pot bouille

Pot-Bouille. Un mot qui ressemble à un crachat, à une insulte.

Dans ce tome des Rougon-Macquart, qui occupe une position centrale puisqu’il est le dixième, nous découvrons un personnage déjà évoqué dans plusieurs volumes précédents : Octave Mouret, second fils du Mouret de La Conquête de Plassans, et frère du Serge de La Faute de l’Abbé Mouret. Mais autant ce dernier était passionné – même torturé -, autant Octave va se révéler être un jeune homme léger – avec les femmes – et peu intéressant. Ainsi, après s’être fait remballé dans ses ardeurs animales, déclare t-il : « Il se dit que celle-là non plus n’avait pas l’air d’aimer ça. Alors que demandait-elle ? Et pourquoi tombait-elle aux bras du monde ? Décidément les femmes étaient bien drôles » …

C’est donc cet énergumène que nous accompagnons dans sa découverte de la maison qui l’hébergea à son arrivée à Paris, rue de Choiseul, les beaux quartiers. Lire la suite

La dame aux camélias / Alexandre Dumas fils (1848)

camélias

La Traviata – Marguerite – La Dame aux Camélias – La femme qui a inspiré un opéra, des romans, des musiques, des dizaines de film. Une femme éternelle, un destin terrible, et une histoire d’amour extrêmement belle.

Camélias blancs, camélias rouges, ces fleurs sont présentes dans tout le texte, sans devenir obsédante. Evoquant juste ce qu’il faut de fragilité et de pureté contenue dans cette femme magnifique, qui s’inscrit dans la lignée de la Manon Lescaut de l‘Abbé Prévot (d’ailleurs Armand, le soupirant, en offre un exemplaire à Marguerite …). Lire la suite

Les romans non chroniqués en mars … Lodge, Vallès et Gary !

Pour ce rendez-vous mensuel d’avril, je vais vous parler de trois auteurs très différents. Leur seule similitude c’est que ce sont des hommes … Deux d’entre eux sont du XXe, l’un du XIXe. L’un est britannique, les deux autres sont français. Et surtout leurs trois romans sont extrêmement différents : Paris dans les années 1850, le monde universitaire dans les années 1960 et les problèmes d’un homme à la fin de sa vie … : Le bachelier de Jules Vallès ; Un tout petit monde de David Lodge ; Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable de Romain Gary. Trois romans qui m’ont plu ou déçu, mais dans les trois cas, je n’ai eu le courage de leur consacrer un billet complet.

bachelier Lire la suite

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