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Le Blog des Livres qui Rêvent …

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XXe siècle

De quelques essais lus récemment : Zweig, Detambel et A. Bonet

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La fin de l’année approchant, je me suis fixée comme  objectif de chroniquer tous les livres qui trainaient depuis un moment sur mon bureau … Pour la plupart je les ai mis de côté car j’avais vraiment envie d’en parler ici. Certains se sont fait finalement expulsés de la pile car le temps passant je n’avais plus le même regard dessus. D’autres sont restés. Les trois essais ci-dessous en font partie ! Très différents mais très intéressants, je ne pouvais pas ne pas vous les présenter !

Le monde d’hiver / Stefan Zweig (1941)

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Cet essai de Stefan Zweig m’a donné du fil à retordre ! il errait depuis des années dans ma bibliothèque sans que j’arrive à me décider à le lire … Et puis avec mes bonnes résolutions de 2018, j’ai décidé de le lire petit bout par petit bout, quelques pages chaque jour. Et très vite je me suis laissée emporter par la plume d’un de mes écrivains préférés !

Rédigé en 1941 alors que l’écrivain s’est réfugié au Brésil, Le Monde d’hier se veut la mise en relief de la rupture survenant dans l’histoire européenne. Zweig se fait le chantre d’un monde disparu, dont il est profondément nostalgique et qui a été détruit par le bruit de bottes sur les pavés allemands, italiens, espagnols … Il évoque avec bonheur sa vie d’avant 1914, la soif de savoir des jeunes, ses rencontres avec ceux qui ont marqué sa vie, Rilke, Romain Rolland, Valéry ou Freud. Il décrit le « suicide de l’Europe » qui le poussera lui-même au suicide, peu de temps après …

Testament intellectuel incroyable, le texte se lit comme un roman et nous fait vivre dans la même anxiété que lui, la fin d’un monde …

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Les livres prennent soin de nous / Régine Detambel (2015)

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« Par le rythme et la musicalité de leurs phrases, l’ordre de leur syntaxe, le toucher sensuel de leur papier, les livres nous soignent et nous apaisent. Au fil de l’enveloppant mouvement de l’écriture et de la lecture se dispense en effet un sens toujours renouvelé capable de nous arracher à nous-mêmes et à nos souffrances. Tandis que fleurissent les salons de “développement personnel” et les premières thèses de médecine sur le pouvoir des livres, Régine Detambel, écrivain et kinésithérapeute de formation, se donne ici pour tâche de montrer que la littérature en tant que “remède” doit se défier tout autant du pouvoir médical que des lieux communs du bien-être de masse. « 

La quatrième de couverture de cet ouvrage dit beaucoup : la bibliothérapie est à la mode. Pourtant je n’ai pas vu dans ce texte un énième ouvrage de développement personnel destiné à montrer seulement les bienfaits de la littérature, mais des exemples concrets qui remontent aux sources mêmes de cet art. De tout temps la littérature a servi à guérir, que ce soit en écrivant ou en lisant. Régine Detambel explique l’historique de cette prise de conscience tout en analysant les pratiques actuelles. Si je n’ai pas toujours été d’accord avec elle, en particulier sur sa critique de la lecture sur écran ou sur liseuse, j’y ai des exemples inspirant et nombre d’anecdotes intéressantes sur les écrivains.

Un texte incontournable donc pour tous les amoureux de la littérature ! 

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Les insurgés de la pauvreté / André Bonet et Michel Bolasell (2016)

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Enfin, je termine par un essai que j’ai reçu en service de presse il y a longtemps maintenant .. mais mieux vaut tard que jamais ! Par ailleurs je ne regrette pas de l’avoir lu car j’y ai appris beaucoup de choses.

Cet ouvrage est divisé en une trentaine de courts chapitres, mini-biographies de figures importants de l’humanité, qui ont œuvré contre la pauvreté grandissante, quelle que soit l’époque : François d’Assise côtoie Muhammad Yunus, Bill Gates ou Coluche, créant ainsi une chaîne de fraternité à travers les siècles. Hommes et femmes, croyants ou incroyants, connus ou méconnus, issus de différents milieux et des cinq continents : on ne peut que gagner à mieux les connaître, car ils furent des modèles par leurs vies et leurs actions. Un seul regret : la prédominance des religieux dans cette liste, qui laisse parfois penser qu’eux seuls ont œuvré dans ce domaine …

Un ouvrage en tout cas passionnant, à lire et à relire ! 

Lectures audio : P.K. Dick, E. Brontë et S. Brierley

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Je ne vous parle pas assez de livres audio en ce moment, alors que pourtant ils m’accompagnent partout : en randonnée, à vélo, en cuisinant, en faisant du sport … Voilà donc la lacune rattrapée avec les trois derniers que j’ai eu le plaisir d’écouter !

Trois romans extrêmement différents, trois époques et trois styles ! Lire la suite

Quelques bonnes lectures récentes : Brontë, Yoshikawa et Coe

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De temps en temps, j’essaie de rattraper mon retard de chroniques parce que je tiens vraiment à vous parler de mes dernières lectures. Voici donc trois d’entre elles qui n’ont pour point commun que mon opinion positive dessus ! 🙂 Deux classiques, un japonais et un anglais, et un contemporain d’un auteur que j’ai découvert il y a peu mais que j’ai beaucoup aimé, Jonathan Coe. Lire la suite

3 romans écologiques pour le prix d’un : J.C. Rufin, G. Nygardshaug et C. Brunel

La guérilla des animaux de Camille Brunel, Le Zoo de Mengele de Gert Nygardshaug, Le parfum d’Adam de Jean-Christophe Rufin : ayant lu ces trois romans dans un temps très rapproché, je me suis dit que c’était l’occasion d’en fait un article commun ! En effet, ils ont pour thématique l’écologie et l’environnement, même si les auteurs ont choisi trois angles différents pour aborder ces sujets. Néanmoins leurs démarches sont proches, vous allez comprendre pourquoi.

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« Lorsque les chauves-souris commencèrent à tomber du ciel australien, quelque chose changea chez ceux qui en furent témoins. On avait eu moins de mal, au fil des siècles, à convaincre les gens de l’existence d’une entité supérieure toute-puissante que de l’intelligence des abeilles, des daims, des opossums et des oies sauvages. Ce jour-là on se mit à douter. Dieu existait peut-être un peu moins que les animaux eux-mêmes. »

Paru pour la rentrée littéraire 2018, La guérilla des animaux est un roman qui prend aux tripes : Isaac est un jeune homme plein de colère, en particulier pour les braconniers ou les chasseurs qui détruisent sciemment la nature et parfois des espèces protégées. Les premières pages du roman nous conduisent dans la jungle indienne, alors qu’Isaac abat des chasseurs venant de tuer une tigresse sur le point d’accoucher. D’un point à l’autre du globe nous le suivons dans sa démence vengeresse, pourtant argumentée et froidement calculée. Il décrit l’échec d’Isaac qui symbolise l’échec de l’animal : rendu fou furieux par ces massacres, l’homme décide d’en finir une bonne fois pour toutes avec toute vie animale … C’est un premier roman prometteur mais qui, pour moi ne va pas assez loin : le problème ne vient pas de quelques braconniers mais de bien plus haut, en particulier des Etats qui laissent faire et de l’ONU impuissante à protéger la planète.

En cela, le roman de l’auteur norvégien, premier tome d’une trilogie aux formes de thriller écologique, creuse la question plus en profondeur.

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Mino a 6 ans quand son village et sa famille sont massacrés par des soldats sans scrupules qui veulent faire place nette pour un nouveau puits de pétrole dans la jungle amazonienne. Après bien des déboires, le jeune homme monte un plan de grande ampleur pour s’attaquer aux industriels qui détruisent la planète, par des barrages, la destruction de forêts, ou tout autre projet qui implique le massacre ou le déplacement de populations ou d’animaux. Le plan est parfait et l’auteur décrit avec efficacité la panique qui se répand dans les milieux industriels, tandis que la conscience populaire commence à bouger … Remarquablement documenté (publié en 89, tout est encore d’actualité), le roman est aussi très bien écrit, en particulier pour ses descriptions magnifiques de cette nature si belle qui est détruite davantage à chaque minute qui passe.

« Ils n’emploieraient ni armes à feu ni explosifs.Beaucoup avant eux avaient essayé de changer le monde en employant ce genre de moyens, et ils avaient échoué.Pour parvenir à des changements aussi radicaux, les humains devaient,comme toute autre créature sur cette planète, faire preuve d’humilité. Une simple bourrasque d’automne ne suffisait-elle pas à faire tomber toutes les feuilles jaunies d’un arbre ? Et une petite goutte d’eau, en gelant dans une fissure de roche, ne finissait-elle pas par faire éclater toute une montagne ? »

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Pologne, printemps 2005. Juliette est une jeune militante écologiste, fragile et idéaliste. Elle participe à une opération commando pour libérer des animaux de laboratoire. Cette action apparemment innocente va l’entraîner au cœur d’un complot sans précédent qui, au nom de la planète, prend ni plus ni moins pour cible l’espèce humaine.

Voilà enfin une troisième réponse à la question de l’environnement : l’homme est l’espèce la plus polluante pour la planète, pourquoi ne pas en éradiquer sa partie la moins utile, c’est-à-dire les plus pauvres ? Sur fonds d’écologie radicale, J. C. Rufin va bien plus loin que les deux romans précédents en proposant un discours sortant du paradigme homme / animal. Un thriller brillant qui retourne nos idées reçues.

***

Pour conclure, ces trois romans sont la preuve, chacun à leur époque, que l’écologie est une question d’importance dans la littérature, qui répond ainsi à une de ses missions possibles : nous faire réfléchir, nous faire sortir de notre zone de confort, interroger notre relation à la planète, aux autres êtres qui y vivent et qui ont autant le droit que nous à la sécurité et au bonheur. Quand en plus, ce sont de très bons romans, remarquablement écrits et bien menés, peut-on demander davantage ? 

Les grandes vies / Stefan Zweig

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Après mon article sur la biographie de Balzac par Stefan Zweig, je souhaite évoquer quatre autres biographies que je viens de terminer, pour mon plus grand plaisir comme d’habitude !

Au fil de ces derniers mois, j’ai suivi avec enthousiasme les vies de Magellan, Marie-Antoinette, Marie-Stuart et Joseph Fouché. Passionnée par l’Histoire, je ne me lasse pas des biographies, et Stefan Zweig a réellement la plume que j’aime par-dessus tout pour me faire vivre à mon tour ces vies exceptionnelles, quoique souvent tragiques ! Il allie rigueur scientifique et beauté poétique pour retracer ces destins, dont je vais vous dire quelques mots. Lire la suite

Rattrapage de lectures : attention classiques ! Merle, Faulkner et James

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A la suite de divers incidents, comme dirait la SNCF (concours, anniversaire), j’ai dû laisser le blog un peu en sommeil ces derniers temps, mais me revoilà en pleine forme et pleine d’enthousiasme pour partager avec vous mes dernières lectures. Cependant, au vu de mon retard de chroniques, je vais les faire plus courtes et les regrouper, j’espère que vous ne m’en voudrez pas 🙂

Voici donc la première fournée, avec du classique, américain et français ! Lire la suite

La puissance des vaincus / Wally Lamb (1998)

Thomas et Dominick sont jumeaux, et vivent avec leur mère, remariée avec un certain Ray. Ce dernier les élève à la dure, en particulier Thomas qu’il juge trop féminin. Pour compenser, la mère privilégie ce fils plus faible, le couve. Ballotté entre ces deux contradictions, Thomas vit une adolescence difficile, sous l’œil passif de son frère qui ne sait pas quoi faire pour l’aider. A 19 ans, Thomas commence à montrer des troubles psychologiques, une paranoïa aiguë et agit bizarrement. Dominick va devoir vivre avec la schizophrénie de son double, jusqu’au jour où ce dernier se tranche un poignet dans une bibliothèque, pour protester contre les différentes guerres américaines. Il est alors enfermé dans un centre de détention violent, d’où son frère va essayer de le faire sortir par tous les moyens. Lire la suite

Balzac / Stefan Zweig (1950)

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La biographie de Balzac par Zweig fut son dernier grand texte, publié après le suicide de l’écrivain en 1942 au Brésil. Elle l’occupa 10 ans durant, et l’on comprend pourquoi lorsqu’on voit la quantité de pages, mais aussi et surtout leur qualité. Comme pour les biographies de Marie-Antoinette et de Magellan, la magie Zweig a opéré ici encore : dès les premières pages j’ai été propulsée dans l’univers glauque, déprimant de la vie de Balzac, qui fut un roman à elle seule.  Lire la suite

Un bonheur insoutenable / Ira Levin (1970)

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Un bonheur insoutenable fait partie des grands romans de dystopie du XXe siècle, dans le trio de tête avec Le meilleur des mondes et 1984. Les similitudes entre les trois romans sont frappantes et illustrent bien les préoccupations de l’époque : uniformisation, recherche du bonheur à tout prix, standardisation, contrôle total de l’Etat sur les citoyens, etc.  Lire la suite

Rattrapage de chroniques : Fermine, Burdekin, Ming-yo, Irving et Troyat !

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Un peu de « triche » aujourd’hui puisqu’au lieu de mon habituel 1 article = 1 livre, j’ai choisi de vous en présenter plusieurs, que j’ai lu il y a quelques mois déjà mais dont je n’avais pas eu le temps de vous parler …

Présentation par ordre chronologique !  Lire la suite

Retour en enfance avec Martin le Guerrier / Brian Jacques (1988)

martin le guerrier

1988 est décidément une très bonne année ! Non contente d’avoir eu l’honneur de me voir naître, elle fut aussi le témoin de la publication de cette trilogie de Martin le Guerrier, préquel de la série plus connue de Rougemuraille.

J’ai lu Rougemuraille quand j’avais une dizaine d’années. Je me souviens particulièrement bien des aventures de ces souris, écureuils et autres animaux mignons – à la Narnia – qui affronte sans cesse les prédateurs – chats, fouines, etc.  Lire la suite

Conte d’hiver / Mark Helprun (1983)

hiver

Attention, préparez-vous à avoir froid  … pendant 1000 pages ! J’ai mis longtemps à attaquer ce pavé, et pourtant la quatrième de couverture, et la couverture elle-même m’attiraient !

Nous sommes en hiver, New York il y a un siècle, un voleur nommé Peter Lake se fait poursuivre par une troupe de truands, trouve un cheval blanc magnifique, leur échappe. Nous sommes en hiver, New York il y a moins d’un siècle, Peter Lake tombe amoureux d’une jeune femme condamnée par la tuberculose.
Nous sommes en hiver, New York il y a cinquante ans, Peter Lake est oublié, New York est la proie des voleurs et des destructeurs.
Nous sommes en hiver, New York au XXIe siècle, des gens qu’on croyait mort depuis un siècle réapparaissent et veulent construire le pont ultime, celui qui mènera l’espèce humaine au ciel …

« Dans les anciens rêves de feu des Baymen, la fin des temps, qui bien entendu serait pleine de difficultés, ne devait pas cependant être redoutée. Selon le treizième chant, un signe certain que la fin des temps était arrivée serait l’apparition « d’un arc en ciel solide s’élevant de la glace pour s’enfoncer dans un rideau blanc, tandis que sur son arc de lumière clignotante apparaîtraient des milliers de marches accueillantes. »

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